jeudi 12 novembre 2009

yojimbo

Au début de YOJIMBO d'Akira Kurosawa (1961), le héros erre dans une campagne indéterminée, tant dans le temps que dans l'espace. On le voit ramasser une branche d'arbre et la jeter en l'air en riant. Va-t-il la découper à l'aide de son katana ? Non, il se contente de regarder quelle sens elle indique et reprend son errance dans cette direction.
Cette scène est d'une simplicité déconcertante mais elle installe d'emblée le récit pour ce qu'il est : un conte pervers dans lequel les personnages ne sont que des stéréotypes, des ombres en creux, dont la vie (et la mort) ne nous intéresse pas réellement.
Seul le vieil aubergiste qui (tel l'Auvergnat de Brassens dont la chanson date de 1955) , va offrir son hospitalité puis son aide au samouraï errant, même si l'on ne sait rien de lui, suscite l'empathie du spectateur. Quant à notre yojimbo (garde du corps) en titre, il est semblable à ce que sera, trente ans plus tard, le Bill Munny d'UNFORGIVEN : une mécanique impitoyable et inexorable dont la seule finalité est de mourir.
Une dernière chose : lorsqu'il arrive dans le village il aperçoit un chien qui trottine avec une main dans la gueule ; oui, comme à la fin de WILD AT HEART (Sailor et Lula) de Lynch...

mercredi 11 novembre 2009

auguri dado !

Martin, Léa et moi,
Les Abattoirs, Toulouse,
août 2009















Aujourd'hui, c'est aussi la fête de mon neveu préféré, le champion non-dopé de la lecture à main levée : Martin !

mardi 10 novembre 2009

des souris (mais pas des hommes)

C'est tout simplement le cadeau idéal pour dans deux mois pour tous les fans, amateurs et autres consommateurs de bandes-dessinées de qualité : Le dernier des Templiers, La Prophétie, écrit par Brian J. Glass et illustré par Michael Avon Oeming.
C'est une véritable tuerie graphique au service d'une narration époustouflante et l'on doit ça à Milady, la branche parallèle des éditions Bragelonne, qui outre des poches (dont L'étoile de Pandore d'Hamilton) se met à publier des comics.

lundi 9 novembre 2009

pas encore par pomplamoose

Hier matin, j'ai été voir THE BOX de Richard Kelly.
C'était sur le papier un projet ambitieux : adapter la nouvelle de Richard Matheson (Button, Button publiée en juin 1970 dans Playboy !) déjà mis à l'écran dans un épisode de The Twilight Zone [La Quatrième dimension] (par Peter Medak en 1986 dans une version qui est inregardable aujourd'hui) avec le réalisateur de DONNIE DARKO et de SOUTHLAND TALES aux commandes et à l'écriture. J'en suis encore à digérer l'affaire et pour tout dire je suis bien partagé entre le plaisir visuel inouï du film (la reconstitution de ces quelques jours en 1976 et la NASA de l'époque vue de l'intérieur sont extras !) et l'excitation frustrée du fan de SF et de Matheson (qui écrivit entre autres seize épisodes de la Twilight Zone entre 1959 et 1964) car au final demeure l'impression d'avoir vu se superposer une classieuse adaptation fidéle et une nouvelle déclinaison de DONNIE DARKO.
Hier soir, j'ai vu les deux premiers épisodes de Braco.
La série écrite et réalisée pour C+ par Olivier Maréchal avec Jean-Hughes Anglade (que je redécouvre depuis que je l'ai bien aimé dans les deux adaptations de Vargas vues sur france 2 pendant les vacances) a été encesée par la critique. J'en dirais plus quand j'aurai vu toute la saison mais je peux déjà sans trop m'engager affirmer que c'est bien le The Shield à la française qu'on attendait, c'est-à-dire aussi efficace sans tomber dans la décalque maladroite comme les productions de TF1.



Et sinon, weekend entier à me régaler avec Pomplamoose dont voici un premier exemple des nombreuses vidéos que je vais mettre en ligne dans les jours à venir.
Pomplamoose est un duo californien qui s'est fait connaître via internet et que j'ai découvert dans Libé samedi dernier : Jack Conte et Nataly Dawn.
Je suis tombé en amour total pour leur couple et encore davantage pour elle, son minois, sa voix et le grain de beauté qu'elle a – oui, juste .

dimanche 8 novembre 2009

samedi, à lire et à manger

Hier matin, marché. Départ sous un soleil doux (un petit 11 degrés au compteur) jusqu'à ma libraire favorite que j'ai délesté, outre Libération et L'Yonne républicaine, du dernier Causette, d'un n° hors série de Beaux Arts Magazine sur Astérix et du recueil du Monde intitulé Les discours qui ont changé le monde.













Puis je suis allé dans mon nouveau troquet préféré où j'ai pris le temps de parcourir la presse en buvant mon premier café avant d'aller au marché.










J'en ai ramené des choux de Bruxelles, des olivettes, des concombres Noa, des betteraves crues, un salade sucrée, des vitelottes, des goldens, des radis chinois, du céleri rave, du thon et du cheval hâché. C'est en sortant que j'ai pu vérifier que les prévisions des marabouts toulousains étaient fondées.

ps : aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon cousin Thomas qui fête ses vingt et un printemps : auguri Tom !

samedi 7 novembre 2009

kono yo no kagiri



















Le séquoia de l'IUFM d'Auxerre (où j'étais en stage tout hier...)

ps : en passant devant la Maison d'Arrêt, j'ai découvert avec stupeur que le panneau dont je vous parlais il y a peu avait été enlevé... comme j'ai été bon sur ce coup !

vendredi 6 novembre 2009

awesome !

Enfin ça y est, après des années de rumeurs, de tergiversations et d'inquiétudes fondées (est-il possible de faire subir à une série aussi naze le traitement réjuvénateur que Moore réussit sur Battlestar Galactica ?), la nouvelle version de V est sur les écrans nord-américains.













Et si le reste à la hauteur de ce pilote et se poursuit au-delà des cinq épisodes (et si donc elle échappe à la menace du on-dira-t-que-ça-serait-une-mini-série-comme-ça-si-ça-ne-marce-pas-on laisse-tomber)













Programmés jusqu'en février (parce que le cinquième ne sera diffusé que le 2 février !), on est peut-être en présence d'un machin potentiellement très excitant.













Côté casting, c'est du canadien aux commandes Yves Simoneau (qui réalisa naguère le pilote de The 4400) et recyclage de comédiens labellisés scifi pour beaucoup : Elisabeth Mitchell (Lost), Joel Gretsch (The 4400 et Taken), Morena Baccarin (Firefly, en photo) et Alan Tudyk (aussi de Firefly).













Comme disait ma mère qui paraphrasait je-ne-sais-plus-qui : si les petits cochons ne le mangent pas, on en fera quelque chose !

ps : hélas, la suite me donna tort et cette nouvelle mouture se révéla un fiasco creux et sans goût.

jeudi 5 novembre 2009

rentrée des classes

"M. Smith a remarqué que plus les professions mécaniques se divisaient, plus le peuple était exposé à contracter cette stupidité naturelle aux hommes bornés à un petit nombre d'idées d'un même genre. L'instruction est le seul remède de ce mal, d'autant plus dangereux dans un État que les lois y ont établi plus d'égalité.
En effet, si elle s'étend au-delà des droits purement personnels, le sort de la nation dépend alors, en partie, d'hommes hors d'état d'être dirigés par leur raison, et d'avoir une volonté qui leur appartienne. Les lois prononcent l'égalité dans les droits, les institutions pour l'instruction publique peuvent seules rendre cette égalité réelle. Celle qui est établie par les lois est ordonnéee par la justice ; mais l'instruction seule peut faire que ce principe de justice ne soit pas en contradiction avec celui qui est prescrit de n'accorder aux hommes que les droits dont l'exercice, conforme à la raison et à l'intérêt commun, ne blesse point ceux des autres membres de la même société. Il faut donc à la fois qu'un des degrés de l'instruction commune rende capables de bien remplir toutes les fonctions publiques les hommes même d'une capacité ordinaire, et qu'un autre n'exige qu'aussi peu de temps que peut en sacrifier à l'étude l'individu destiné à la branche la plus resserrée d'une profession mécanique, afin qu'il puisse échapper à la stupidité,non par l'étendue, mais par le choix et la justesse des notions qu'il recevra.
Autrement, on introduirait une inégalité très réelle en faisant du pouvoir le patrimoine exclusif des individus qui l'achèteraient en se dévouant à certaines professions, ou on livrerait les hommes à l'autorité de l'ignorance, toujours injuste et cruelle, toujours soumise à la volonté corrompue de quelque tyran hypocrite ; on ne pourrait maintenir ce fantôme imposteur d'égalité qu'en sacrifiant la propriété, la liberté, la sûreté aux caprices des féroces agitateurs d'une multitude égarée et stupide."

Condorcet, Mémoires sur l'instruction publique, 1791

mercredi 4 novembre 2009

enfin !













C'est arrivé dans Red Scare, l'épisode 2.05 de The Mentalist :
le premier baiser tant attendu entre Van Pelt (Amanda Righetti qui a une de ses bouches, hmmm...) et Rigsby (Owain Yeoman, un Gallois qui a joué naguère dans L'inspecteur Barnaby !). Diffusée sur TPS Star, la série devrait finir par arriver sur TF1, et ça ne serait que justice tant elle est sympathique, intelligente, drôle et sexy.

mardi 3 novembre 2009

incongruité icaunaise














Depuis le temps que je me disais qu'il fallait que je la fasse cette photographie-là !
Ça fait déjà quelques années pourtant que j'ai appris l'existence de cette incongruité : à côté de la Maison d'Arrêt d'Auxerre il y avait (la boîte a plié boutique mais le panneau est encore là) une enseigne Midas, un "centre d'échappement". L'ironie n'a pas dû échapper au fugitif le plus recherché de France !
Et c'est un enseignant auprès des mineurs incarcérés venu présenter son travail à des élèves au lycée qui nous avait régalé de cette anecdote.

lundi 2 novembre 2009

forcément star trek

Enfin pu (re)voir le STAR TREK de J. J. Abrams en vo et avec ses commentaires et ceux de ses acolytes ; et ça valait le coup d'attendre la sortie du dvd même si j'avais adoré le film en salle.
Ayant découvert la série originale très tardivement, comme beaucoup de Français de ma génération, je ne suis pas devenu un trekker de base. De fait, je n'ai jamais été un fan absolu d'aucune série, y compris de Babylon V. Mais bon, je pense aussi que ce phénomène des geeks ultra-fan se rendant dans des conventions comme on peut en voir dans GALAXY QUEST, le film qui leur rend vraiment hommage (et qui, pour Abrams, est un des meilleurs films startrekkiens qui soient) est typiquement étasunien.
Ma première rencontre avec la série remonte à La nuit des enfants rois, un (mauvais) roman de Bernard Lenteric datant de 1981 dans lequel le personnage principal l'évoque en parlant de la, je cite de mémoire, piste des étoiles. Je suppose qu'il avait essayé de traduire littéralement le titre original en se disant que les Français ne comprendraient pas sinon. Ce qui est étonnant car le film de Wise était sorti l'année précédente... mais se comprend aussi car la série ne fut diffusée pour la première fois sur TF1 qu'en 1982, un an plus tard ! Mais il faut aussi dire que quand j'ai vu le film, je ne connaissais rien à cet univers et ce fut un émerveillement total renforcé par le fait que je n'y comprenais rien. Sans compter cette impression curieuse de trouver sexy une femme chauve, idée que je retrouverais quelques années plus tard dans un épisode fameux de Friends !

bonus : le "Gag reel" (bêtisier en vo non sous-titrée) que l'on retrouve sur le dvd du film.

bonus de bonus : la vidéo originale de Sabotage des Beastie Boys qu'on entend au début du film.

dimanche 1 novembre 2009

un bordel onirique

Prologue : je commence tout juste à digérer la fin (?) de Kaamelott, c'est-à-dire que je ne parviens toujours pas à réaliser le coup pendable qu'Astier nous a tous joué, à commencer par M6 qui a dû se pincer sacrément fort les avant-bras en pensant à la pub qu'elle allait engranger hier soir vu le bordel que s'est révélé cette ultime (et on l'imagine, coûteuse) saison de sa série fétiche en termes d'audiences. Parvenir ainsi, jusqu'au bout, à nous tenir en haleine alors qu'on savait l'affaire pliée pour finalement nous retourner comme des crêpes en nous présentant un Arthur mourant et lâchant l'affaire (on avait un peu oublié la drôle de saison précédente avec toutes ces péripéties romaines) avant de nous retourner (comme on ne l'ose qu'en capoeira) une ultime (?) fois pour nous laisser deviner/espérer/perplexer sur la suite alors qu'on sait l'affaire entendue... Bon, je sais, il devrait y avoir un (ou deux ? trois ?) film pour boucler le bordel, mais bon, je ne sais pas vous, mais j'ai du mal à y croire vraiment. Reste que je me suis fait encore balader toute la soirée, entre rires et émotion, me prenant à lever la main et à avoir envie de charcuterie (alors que c'est plein de sel et que mon hypertension n'aime pas ça), tout en trouvant que, tout de même, le compositeur ne s'était pas trop foulé la pogne en repompant Joe Hisaishi et, pour finir, Ennio Morricone. Comment, c'est Astier qui... ahhhhhh, oui, mais alors, autant pour moi, c'est comme les dialogues audiardesques et cette dédicace finale... une blague, une grande blague en forme de table ronde, un rêve en bordel...

Découvert récemment une nouvelle série emballante sur laquelle j'ai envie de parier. Matt Bomer (à gauche sur l'image) et Tim De Kay (à droite) sont les deux protagonistes de White Collar une série policière très suave qui tourne autour de ce duo carpe-et-lapin formé par un criminel très ratpack et un agent du FBI spécialisé dans les affaires impliquant des cols blancs, c'est-à-dire se déroulant dans le milieu des affaires. Le rythme est plaisant, les personnages très amènes, et l'intelligence le dispute à un humour presque britannique. Je vais vite voir le deuxième épisode pour voir si ça tient...
Et dans Threads, le deuxième épisode, qui ai-je retrouvé ? Natalie Morales aka Wendy Watson (de la geekalissime série injustement annulée The Middleman) ! ! !

ps : Dans Water, l'épisode 6 de Stargate Universe, on franchit une porte qui débouche sur une planète en pleine tempête de neige qui rappelle (dixit le geek de service) la planète Hoth. J'aime l'image.

samedi 31 octobre 2009

auguri dave !



Deux pierres deux coups : je souhaite d'abord un putain de gothiquesteampunkscifigeekesque anniversaire à David C. , un ami que mon front n'oubliera jamais : auguri Dave !

Et puis, j'ai une pensée pour un autre Dave, le Robicheaux de James Lee Burke que j'ai redécouvert en dvd en me laissant (ra)conter DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE par Bertrand Tavernier qui est un conteur très radiophonique. C'est d'ailleurs la réflexion que je me suis faite en cours de film : je pouvais enfin profiter longuement de son élocution, de son amour du cinéma, des livres, des acteurs, de son métier et de ses films, pleinement et non rationnée comme quand je pouvais l'entendre sur France Inter. Le film quant à lui est toujours aussi bien que la première fois, même mieux vu que depuis j'ai lu le roman de Burke.

Et puis il faut aussi voir le "making-of" en bonus, car on y entend Tavernier en anglais (les yeux quasi mi-clos comme un moine shaolin antédiluvien ou un enfant trop gourmand), mais aussi les acteurs du film dont Kelly McDonald dont l'accent écossais me fait chavirer littéralement, presque autant que la sensualité mâture de Mary Steenburgen.

vendredi 30 octobre 2009

nick and norah's infinite playlist

Paresseusement retitré Une nuit à New-York, NICK AND NORAH'S INFINITE PLAYLIST, le film de Peter Sollett est un véritable régal et, à mon sens, la comédie romantique la plus réussie depuis bien longtemps. Je n'ai pas lu le roman original mais le résultat est une véritable réussite en cela que la distribution est particulièrement réussie. J'avais découvert Michael Cera (un jeune Canadien qui a une tête d'Ewok à qui on confierait sa famille et son porte-feuille) dans JUNO où il était le jeune amant futur père de l'héroïne ; il y était touchant de justesse et de retenue, comme s'il s'excusait de jouer un rôle. Ici il est un jeune musicien embarqué dans un périple musical à la recherche d'un mystérieux groupe (Where's Fluffy, ce qui est d'ailleurs la question récurrente du film) en compagnie des membres de son groupe (tous merveilleusement gays, d'où cette réplique de l'un d'eux "We're all women here.") et d'une de ses fans avec qui, on s'en doute, il va bien finir par se passer quelque chose. Elle, c'est Kat Dennings, qui a un charme insolent, un sourire ravageur et une bouche pulpeuse en diable. Leurs dialogues assassins pendant la première moitié du film sont d'ailleurs annonciateurs de la suite, comme dans toute bonne comédie romantique depuis les années 30. A ce titre, je mets ce film dans la catégorie où je range BRINGING UP BABY (L'impossible Monsieur Bébé) de Hawks.