samedi 31 octobre 2009

auguri dave !



Deux pierres deux coups : je souhaite d'abord un putain de gothiquesteampunkscifigeekesque anniversaire à David C. , un ami que mon front n'oubliera jamais : auguri Dave !

Et puis, j'ai une pensée pour un autre Dave, le Robicheaux de James Lee Burke que j'ai redécouvert en dvd en me laissant (ra)conter DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE par Bertrand Tavernier qui est un conteur très radiophonique. C'est d'ailleurs la réflexion que je me suis faite en cours de film : je pouvais enfin profiter longuement de son élocution, de son amour du cinéma, des livres, des acteurs, de son métier et de ses films, pleinement et non rationnée comme quand je pouvais l'entendre sur France Inter. Le film quant à lui est toujours aussi bien que la première fois, même mieux vu que depuis j'ai lu le roman de Burke.

Et puis il faut aussi voir le "making-of" en bonus, car on y entend Tavernier en anglais (les yeux quasi mi-clos comme un moine shaolin antédiluvien ou un enfant trop gourmand), mais aussi les acteurs du film dont Kelly McDonald dont l'accent écossais me fait chavirer littéralement, presque autant que la sensualité mâture de Mary Steenburgen.

vendredi 30 octobre 2009

nick and norah's infinite playlist

Paresseusement retitré Une nuit à New-York, NICK AND NORAH'S INFINITE PLAYLIST, le film de Peter Sollett est un véritable régal et, à mon sens, la comédie romantique la plus réussie depuis bien longtemps. Je n'ai pas lu le roman original mais le résultat est une véritable réussite en cela que la distribution est particulièrement réussie. J'avais découvert Michael Cera (un jeune Canadien qui a une tête d'Ewok à qui on confierait sa famille et son porte-feuille) dans JUNO où il était le jeune amant futur père de l'héroïne ; il y était touchant de justesse et de retenue, comme s'il s'excusait de jouer un rôle. Ici il est un jeune musicien embarqué dans un périple musical à la recherche d'un mystérieux groupe (Where's Fluffy, ce qui est d'ailleurs la question récurrente du film) en compagnie des membres de son groupe (tous merveilleusement gays, d'où cette réplique de l'un d'eux "We're all women here.") et d'une de ses fans avec qui, on s'en doute, il va bien finir par se passer quelque chose. Elle, c'est Kat Dennings, qui a un charme insolent, un sourire ravageur et une bouche pulpeuse en diable. Leurs dialogues assassins pendant la première moitié du film sont d'ailleurs annonciateurs de la suite, comme dans toute bonne comédie romantique depuis les années 30. A ce titre, je mets ce film dans la catégorie où je range BRINGING UP BABY (L'impossible Monsieur Bébé) de Hawks.

i'm a cyborg but i'm ok

Alors que THIRST, son film de vampire n'est toujours pas (jamais ?) sorti à Auxerre, j'ai trouvé SAIBOGUJIMAN KWENCHANA (2006) de Chan-wook Park en dvd.
C'est le réalisateur de OLDBOY (2003), l'un de mes films de vengeance préférés ; mais aussi, avec Joon-ho Bong (MEMORIES OF MURDER et THE HOST), l'un de mes réalisateurs coréens favoris.


L'histoire est assez inénarrable : Young-goon, une jeune fille persuadée d'être un cyborg de combat (sa la grand-mère, dont elle garde le dentier, pensait être une souris) est internée dans un HP où elle va rencontrer l'amour. Park filme ses psychotiques avec tendresse, de leur point de vue, et l'on finit rapidement par trouver consternant les médecins...

ps : ce soir, ne ratez pas le nouvel épisode des aventures de Nicolas Le Floch sur France 2, puis sur Arte, le premier des six épisodes de Jeux de pouvoir [State of Play], l'une des plus brillantes proudctions télévisuelles récentes !

jeudi 29 octobre 2009

de bon matin au marché

Mercredi il n'y avait pas de quotidiens nationaux pour cause de grève. Le motif ne m'intéresse pas plus vu que, par principe, je respecte toute action syndicale. Mais entendre la France poujadiste jovinienne râler parce qu'elle ne peut pas acheter son Figaro... grrrr ! Du coup, outre L'Yonne républicaine et Le Monde diplomatique de novembre, je me suis pris un manga de Taniguchi dont les héros sont deux samouraîs qui combattent aux côtés des Sioux contre Custer ! Il me tarde de le lire mais je vais m'obliger à attendre... miam !

















Au marché, outre les rutabagas, les coeur-de-boeuf, les carottes, j'ai aussi acheté des choux-fleurs jaune et violet, des salsifis, une patate douce et un patidou.

mercredi 28 octobre 2009

forcément whedonesque












"Is that real ?"
Belonging, Dollhouse, 2.04

Joss Whedon fait partie d'un cercle restreint d'auteurs qui ont su et continuent à transcender le média télévisuel pour raconter des histoires qui nous nourrissent, nous (ré)jouissent et nous hantent ensuite irrémédiablement. Ce fut le cas pour Buffy the Vampire Slayer (car Joye Summer continuera toujours à mourir d'une manière aussi déchirante), puis de Firefly, d'Angel et, finalement, de Dollhouse.
La première saison fut expérimentale (j'en parle au passé mais elle ne sera, enfin, diffusée par Téva, qu'à partir du 5 novembre prochain), faisant parfois douter de l'existence d'une ligne narrative cohérente, cantonnant Amy Acker (rescapée d'Angel) à un second-rôle frustrant, mais avec toujours des intrigues et des rebondissements qui donnaient envie de voir la suite. Et puis la série commença à perdre de l'audience et les menaces d'interruption se précisèrent.
C'est sûrement à cette époque que Whedon a dû gamberger sérieux sur la fin de sa série, sur l'éventualité de sa non-reconduction, sur la perspective de se faire foudroyer par les fans s'il laissait sans réponse. Il conçut donc deux fins, une officielle, Omega, permettant de boucler l'arc narratif de la saison, et Epitaph One, son testament, sa déclaration d'intention, l'hyper-épisode de fin.
Passons sur Omega puisque l'on sait qu'il y a depuis une saison 2 en cours de diffusion et intéressons-nous à Epitaph One. Un épitaphe, c'est une inscription que l'on grave sur une pierre tombale pour se souvenir du défunt. Les fans de Whedon savent combien cet objet est important dans son imaginaire. Cet épisode, dont je me garderais bien de dévoiler l'intrigue et les rebondissements, est en quelque sorte l'épisode avec lequel Whedon avait choisi de répondre à toutes les questions des fans en leur donnant davantage de grain à moudre et plus encore. Après ça, la série pouvait bien s'arrêter car l'épisode développait dynamiquement ce que, par exemple, les dernières minutes de l'ultime épisode de Six Feet Under condensaient en un montage inouï. C'est tout simplement, le meilleur épisode de la saison 1 et de l'année dernière.
Et puis il y a la saison 2 et une question très triviale : comment maintenir l'intérêt après ce finale ? Whedon a su, en à peine quatre épisodes, y répondre avec la même roublardise gourmande du geek qui n'en a jamais assez, en nous faisant comprendre que malgré tout, Epitaph One n'était pas la fin, et qu'il y aurait peut-être un second épitaphe.









ps en forme de preuves que l'univers whedonesque déborde forcément : dans l'épisode 7 de Heroes (Strange Attractors) diffusé hier, une étudiante fait référence à Buffy pour caractériser l'ardeur martiale de l'ex-cheerleader ; dans l'épisode 6 de Castle (Vampires Weekend) spécial Halloween, le cadavre est découvert dans un cimetière, un pieu en bois dans le torse. Et Castle d'ironiser : "Looks like Buffy is visiting the Big Apple.". Cerise sur le gâteau, Nathan Fillion porte son déguisement d'Halloween qui n'est autre que son costume de Firefly !

pps pas whedonesque : dans ce même épisode de Castle, nos deux héros découvrent que la victime est un dessinateur de comics et Castle de le comparer à Frank Miller... la geekitude se répand à vue d'oeil !

mardi 27 octobre 2009

à l'ancienne

Philip Kaufman restera toujours pour moi attaché à un seul film qui appartient à mon panthéon personnel : THE RIGHT STUFF (1983), son adaptation du roman de Tom Wolfe. Des douze, et bientôt quatorze films de sa carrière, je commençais d'abord en 1978par son remake de l' INVASION OF BODY SNATCHERS de Siegel (scénario de W.D. Richter), puis à THE UNBEARABLE LIGHTNESS OF BEING (1988) d'après Kundera et son HENRY AND JUNE (1990) que je vis dans leur ordre chronologique. Quelques années plus tard je découvris THE WANDERERS [Les guerriers de la nuit, 1979] en vhs. Quant à RISING SUN (1993), je me demande si je ne l'ai pas vu directement à la téloche. Mais je ne savais pas que j'en avais loupé quelques autres antérieurs, sans parler de deux autres dans les années 2000.
Ainsi, outre GOLDSTEIN (1965), FEARLESS FRANK (1967) et THE WHITE DAWN (1974), il y eut cette pépite que j'ai trouvée en dvd (avec une introduction de Patrick Brion) : THE GREAT NORTHFIELD MINNESOTA RAID [La légende de Jesse James, 1972] avec Robert Duvall et Cliff Robertson.
C'est un western ancienne manière, sans fioritures, un régal pour cinéphile amateur de ce genre qui, au début des années 70 était en pleine révolution épistémologique. La même année Arthur Penn réalisait son LITTLE BIG MAN. Le Minnesota de 1876 se remet à peine de la Guerre de Sécession et essaie de rentrer dans une modernité qui prend la forme d'un calliope à vapeur, d'une équipe de base-ball et d'un coffre-fort à fermeture contrôlée par une horloge. On y pend pourtant encore les voleurs, et tous les habitants de Northfield ne parlent pas anglais. C'est un univers assez foutraque, dans lequel le héros charismatique a ici le visage d'un Duvall psychopathe (qui préfigure, avec un quart de siècle d'avance, les personnages interprétés de nos jours par Robert Kneper).

baguenaudes temporelles (suite)

Hier après-midi, en prélude à une petite balade dans le vieil Auxerre (la déco intérieure du Monoprix est elle aussi un voyage dans le temps, dans les années 60-70) avec des amis, nous avons été visiter l'exposition "Au temps des Mamouths" qui est présentée au Muséum d'Histoire Naturelle d'Auxerre jusqu'en janvier prochain. Bon, le lieu est certes formidablement moins impressionnant que celui découvert cet été à Toulouse mais il est (très) chaleureux et bien pensé pour les enfants. J'en retiendrai au moins trois détails : 180 kg de bouffe par jour, 18h par jour à becter et des bestiaux qui, une fois leur ultime dent rognée, crevaient tout simplement de faim. La mascotte, c'est exquis, s'appelle Elmouth.

Pour télécharger le dossier de presse et un visuel.

ps : quelqu'un(e) a piqué (?) la statue de Restif de la Bretonne...

lundi 26 octobre 2009

baguenaudes temporelles

Hier après-midi je suis retourné à Guédelon avec des amis. C'est fou ce que ça a avancé (par rapport à l'image qui ouvre le site, le bâtiment principal a pris un étage de plus) et comme ça m'a trop fait penser à Kaamelott... C'est à une heure de chez moi, perdu dans les forêts poyaudines mais hier il faisait beau comme une fin d'octobre. C'est vraiment une visite que je recommande fortement, mais dépêchez-vous parce qu'ils ferment bientôt, à la fin des vacances !
Là où ça me fait râler (bon, je suis râleur de nature aussi, mais là !), c'est que j'avais pris plein d'images et de vidéos et que je ne sais pas comment je m'y suis pris mais je ne les retrouve plus ! L'anecdote excellente n'est pas animalière mais québecquoise ! en effet, le principe du site est que les artisans travaillent sous les yeux du public et expliquent ce qu'ils font. L'un de ceux qui travaillent le bois (qu'ils font venir de la Nièvre) était un grand bûcheron... canadien justement, (avec cet accent chantant qui horripile Dominique :)). Alors qu'il venait malencontreusement de ruiner sa massette en bois, je n'ai pu m'empêcher de lancer un "Tabernacle !" que je pensais discret mais son sourire m'a contredit aussitôt.

Autre saut dans le temps et plaisir gourmand : vendredi dernier, c'était la diffusion d'un nouvel épisode des aventures télévisées de Nicolas Le Floch, le commissaire de police galant des Lumières conçu par Jean-François Parot. Adapté par Hughes Pagan, un polardeux s'aventurant en eaux costumées avec audace, les premiers épisodes étaient de vraies réussites mêlant humour, rythme, intelligence et plaisir des mots.
En attendant le prochain épisode le 30 octobre prochain, je vous propose de visiter le blog de France 2, mais aussi d'aller voir un entretien vidéo avec Jérôme Robart, l'interprète principal, mais aussi de (re)voir le premier épisode !



dimanche 25 octobre 2009

samedi sous la pluie, ça rime !













Les vacances n'y ont rien changé : j'étais réveillé dès 7h15. Anticipai-je déjà le passage à l'heure d'hiver à l'insu de mon plein gré ? Allez comprendre... j'en perds mon latin, mon grec et le reste dès lors qu'il est question de ces changements. Ce n'est pas faute de me fader cette calembredaine depuis que j'ai neuf ans mais, chaque fois, deux fois l'an, je me repose les mêmes questions sans jamais être sûr du résultat. Un comble à mon âge. Bref. Sinon, malgré la pluie bretonnante et le ciel bas comme un découvert bancaire, je suis sorti faire mon marché via la librairie où j'ai déniché le XXI automnal. Puis j'ai été approvisionner ma cantine avec
- des poivrons rouge et jaune,
- du riz parfumé,
- du céleri,
- des panais,
- du chou chinois,
- des coeur-de-boeuf,
- de la mâche,
- du cheval hâché,
- des concombres,
- du radis chinois,
- des brocolis,
- de la salade de soja,
- des betteraves crues,
- des navets,
- des carottes,
- des rutabagas,
- et du pain.

samedi 24 octobre 2009

formidables puissances d'un prélude automnal

"Si vous aimez le foie gras,
inutile de connaître l'oie.
"
Jean d'Ormesson

Hier matin, après ma première heure de cours, je suis rentré chez moi. Ne froncez pas les sourcils en esquissant un rictus goguenard, il y a une explication très censée derrière tout cela. En effet, en raison de l'absence de mes élèves de troisième retenus cette semaine par un stage d'observation de la vie professionnelle, je n'avais donc pas à être présent pour mon heure d'histoire de 10h55 du vendredi matin. Du coup, j'y retourne tout à l'heure, pour deux heures de cours, à 14h10 et 16h10.
J'en ai profité pour aller chercher mon journal à pied, sans me presser, avant de le lire en buvant un café, chez moi. Surtout, ça va me permettre de prêter le dvd de L'ADVERSAIRE, le film de Nicole Garcia, à un de mes élèves qui est en passe de finir de lire le livre d'Emmanuel Carrère dont il est inspiré et sur lequel je ne commencerai à travailler en classe qu'à compter de novembre.
Rien à dire sur l'après-midi sinon que j'ai réussi à faire cours en dernière heure avec mes CAP alors qu'ils ne pensaient qu'aux vacances. Ensuite j'ai été faire deux courses et, alors que je m'apprêtais à sortir, un message m'a subdiminalement attiré par son caractère énigmatique : "Comment puiser dans les formidables puissances de vos vies antérieures ?" Et depuis, ça me taraude...










Flash Forward
est décidément une des séries les plus excitantes du moment. Chaque épisode est une agréable et déconcertante surprise même si ce n'est pas encore pour demain que les scénaristes gringos vont arrêter de s'en remettre au "x hours/days/months/years earlier" pour créer de l'intérêt au cas où. Moi je me contente d'une héroïne lesbienne qui se découvre enceinte d'une fille dans sa vision et déchire sa mère en arts martiaux. J'aime aussi entendre la proverbiale formule "Si tu attends suffisamment longtemps tu verras le corps de ton ennemi passer devant toi", ou approchante entendue aussi, jeudi soir dans la bouche de Daniel Ceccaldi dans LA MÉTAMORPHOSE DES CLOPORTES...

vendredi 23 octobre 2009

south west side story

La première fois que j'ai vu WEST SIDE STORY c'était au Trianon, cinéma toulousain depuis disparu, en compagnie de ma mère qui l'est aussi. J'ai instantanément été pris par la partition de Berstein et happé par l'histoire à une époque où l'intrigue des amants de Vérone m'était encore inconnue.
L'Orchestre Simon Bolivar interprétant un extrait sous la direction du charismatique Gustavo Dudamel, un pur régal. Je m'étais moi aussi mis à claquer des doigts ce qui avait copieusement agacé ma mère.


jeudi 22 octobre 2009

samurai champloo : sugoï !

C'était il y a bien des années déjà, un soir sur Arte, en ce temps pas si éloigné où la vhs était encore monnaie courante. J'avais enregistré SAMURAI FICTION de Hiroyuki Nakano. Je l'ai encore.

Ce film était et demeure un objet filmique atypique car mélangeant allègrement chambara (film de sabres japonais), western spaghetti, clip de rap et comédie burlesque, le tout panâché d'une musique entraînante, d'une photo impeccable et de comédiens irréprochables. Je soupçonne d'ailleurs Tarantino de l'avoir vu et revu un certain nombre de fois avant de faire KILL BILL.

J'y ai repensé hier soir en voyant les derniers épisodes de la première partie de Samurai Champloo, la série de Shinichiro Watanabe, le père de Cow Boy Bebop !
La série semble s'inspirer du film, mais aussi d'autres expérimentations comme Afro Samurai, sans oublier l'ombre du GHOST DOG de Jarmusch que semble sampler la musique.
C'est juste, au risque de me répéter, le meilleur animé depuis les aventures des chasseurs de primes jazzy et je le recommande même aux fans de chambara.



ps : sinon, je suis en grève, à l'appel interprofessionnel de la défense de l'emploi industriel, celui qui fait vivre les parents de certains de mes élèves et de ceux que je prépare à en dégotter un.

mercredi 21 octobre 2009

SGU











Vu le troisième épisode Stargate Universe, la nouvelle série dérivée du piètre film (j'ose le dire) éponyme (j'ose aussi). La franchise établie par Stargate SG6 puis Stargate Atlantis, sans parler (non, n'insistez pas) des téléfilms (ni faits ni à faire mais...) a donné aux personnages une longévité que le film ne pouvait prévoir. Je me souviens comment, en son temps, je ne pariais pas deux francs sur le succès de cette série fauchée sentant bon la forêt canadienne et qui recyclait les mêmes décors et les acteurs d'univers parallèles. Mais l'humour, l'autodérision et le jeu des comédiens sauvèrent la chute annoncée et lui donnèrent même, en cette époque pré-Battlestar Galactica, l'envié statut de nouvelle excitante saga scifi depuis la fin de Babylon V.
Et puis, comme attendu, la capilotade a frappé l'univers des chapaïs (j'l'écris comme ça m'chante), alors même qu'il en fleurissait un à la sortie d'Aillant-sur-Tholon (au centre du rond-point sur la photo ci-contre !) et que les transfuges de Farscape Browder et Black ne parvenaient pas à ranimer la flamme. Shanks devint un sale type dans 24 et Tapping perdit sa blondeur pour devenir une mocheté brune dans une série foutraque encore plus fauchée nommée Sanctuary.
Mais une rumeur couvait, insensée, qui disait que la franchise allait rebondir en une nouvelle série. Sauf que. Oui, sauf que après Atlantis, la cité des Anciens à des années-lumières et quelques chapaïs de là, les Gôaoulds éradiqués et les jihadistes aliens itou, que faire pour relancer l'intérêt des fans ? Et c'est là qu'ils ont eu l'idée de ne pas se casser la tête à en chercher une et accouchèrent de Stargate Universe comme jadis les producteurs imaginèrent Deep Space Nine. Ils se sont dit : y a qu'à les envoyer super loin, achement loin, mais en gardant un lien avec la Terre (comment ? on sait pas encore... mais comment ? ! on verra bien...) pour ne pas perdre la possibilité de tourner à l'ancienne, en injectant des nouvelles têtes et en se gardant quelques anciennes pour les fans. On a donc Robert Carlyle, le comédien britannique foutraque échappé de Ken Loach, en scientifique barré qui passe son temps à disputer aux militaires et aux civils, à tout le monde en fait, le commandement d'une bande de bras cassés qui se retrouvent sur un vaisseau des Anciens en roue libre dans l'univers après... ouais, revoyez le pilote, c'est trop pénible à résumer. Donc ils ne savent pas comment rentrer chez eux, ni même comment survivre dans ce vaisseau qui ressemble à une tire roumaine de l'ère Ceaucescu et en prime O'Neil, car il est général et commande le bordel des sous-sols du Pentagone, s'est empâté au point qu'il ressemble de plus en plus à ses anciens patrons du temps de Cheyenne Mountain !
Alors du coup je ne sais pas si j'aime ou déteste cette série à qui j'ai envie de donner sa chance, for old time's sake, au cas où. Reste que les scénaristes ont résolu leur problème de communication (pas assez de jus pour alimenter le chapaï du vaisseau pour appeler la Terre !) en recyclant un artefact utilisé naguère dans SG6 : des boules noires échappées d'un spa ou d'un centre de détox qui permet, pour un temps, d'intervertir des personnalités malgré les distances astronomiques. Il fallait y penser. C'est la SF, et putain que j'aime ça !

mardi 20 octobre 2009

ils ont un plan...


The Plan, le téléfilm retraçant la seconde guerre Cylons-Humains vue du côté des Cylons, sortira en dvd cet automne aux Estados-Unidos avant d'être diffusé sur SyFy ensuite ; quant à sa sortie dans nos contrées chatoyantes...

lundi 19 octobre 2009

I called mine Nathalie...



Une parodie en version originale australienne de leçon de cuisine avec le gars imitant le mieux Christopher Walken : hilarant !

dimanche 18 octobre 2009

automne-hiver 2009

Ça piquait les joues hier matin quand je suis sorti pour aller au marché ; un petit sept degrés celsius seulement mais un franc bleu ensoleillé. Mais j'ai rallumé le chauffage vendredi soir et il me faut remettre la main sur mes gants en prévision de lundi matin !
Outre DANS LA BRUME ÉLECTRIQUE de Tavernier, l'excellentissime adaptation du roman de James Lee Burke (à lire aux éditions Rivages), j'ai ramené du marché : du pain et du fromage, du cheval, du blanc de dinde, du soja frais, des rouleaux de printemps, une batavia, des poires, un patidou, quelques panais, un chou-fleur, des brocolis, quatre belles coeur-de-boeuf, des betteraves crues, des endives.

ps : vu hier soir le début de l'ultime saison de Kaamelott d'Alexandre Astier tournée en partie dans les décors de Rome à Cinecitta et qui confirme le statut chimérique de cette série qui est comme la fusion improbable des Monthy Python (de THE LIFE OF BRIAN et de THE HOLY GRAIL), d'Audiard (celui des TONTONS FLINGUEURS et des BARBOUZES), de Rome (justement !), d'Uderzo et Goscinny, et d'un je-ne-sais-quoi qui tient à Astier et à son idée démente de réécriture de la légende arthurienne...














pps : l'après-midi, je suis passé chez Moise et Cathy qui ont eu l'idée de concevoir une soeur pour leur balavoine d'Arthur ; la balavoine nouvelle s'appelle Margaux et elle est chouquette !

samedi 17 octobre 2009

de retour...

Je suis rentré hier de mon périple syndical en Bretagne du Sud et si le froid m'a surpris je ne suis pas pourtant au fâché de retrouver ma campagne icaunaise. Le chauffage est en train de rendre ma salle de bain accueillante tandis que je me prépare à mettre en ligne une petite vidéo que j'ai faite jeudi en début de soirée. C'était après d'éreintants débats et l'on avait besoin de se dégourdir les jambes avec un collègue alors on est allé jusqu'à la Pointe du Croisic et on a été jusqu'à la plage. Détail étonnant : en sortant du véhicule j'ai aperçu, posé contre un muret, une paire de béquilles abandonnées... Bon sur ce, je vais me doucher parce que je meurs d'envie d'aller au marché !

video

mercredi 14 octobre 2009

rkoment votre...

Je pars ce matin pour trois jours de congrès syndical à Batz-sur-mer alors je ne rafraîchirai ce blog que samedi.




Hier, après m'être réveillé en pente douce, je suis sorti, le cou protégé par mon écharpe hivernale (j'l'adore celle-la mariechat), pour aller acheter le journal dans la brume électrique de ce début d'automne-hiver. Puis je suis revenu sur mes pas pour reprendre ma voiture et aller faire deux courses à Intermarché. Là je suis tombé par hasard sur Carole et Dom avec qui j'ai bavardé quelques minutes et ça m'a fait bien plaisir de bon matin.
Enfin, entre autres produits de consommation essentiels, je me suis pris deux dvds de la collection RKO des Editions Montparnasse que je n'avais pas : MR. BLANDINGS BUILDS HIS DREAM HOUSE [Un million clés en main, 1948] de H. C. Potter et THE MOST DANGEROUS GAME [Les chasses du Comte Zaroff, 1932] de E. B. Schoedsack et Irving Pichel.
Je ne connaissais pas le premier alors que je suis un inconditionnel de Cary Grant, et en partiuclier de ses comédies. Avec lui, les épatants Myrna Loy et Melvyn Douglas (curieux qu'ils aient tous un y dans leur prénom ceux-là...). Potter est par ailleurs le réalisateur d'un de mes films fétiches (car vu enfant et jamais revu depuis) qui me fit mourir de rire, HELLZAPOPPIN'.


Quant à l'autre, je me souviens l'avoir vu au ciné-club de mon lycée quand j'étais en première (ou en terminale) et il m'avait fortement ébranlé par sa puissance évocatrice. Je ne savais pas alors que Shoedsack était le père de KING-KONG ni que Pinchel, qui fit aussi carrière comme acteur, réalisa aussi le sublime DESTINATION MOON en 1950 d'après le roman de Robert Heinlein. Et puis il y a aussi Joel McCrea et surtout Fay Wray, la belle du grand singe...

A samedi !

mardi 13 octobre 2009

judas kiss

Hier a été ma plus longue journée passée au lycée depuis la rentrée puisque arrivé sur le coup des 8h j'en suis partie vers 20h25 à l'issue du Conseil d'Administration. Je ne m'apesantirai pas là-dessus, devoir de réserve oblige, mais je ne peux m'empêcher de citer cet aphorisme d'un responsable de l'Administration qui s'est senti obligé de souligner que "nous ne produisons pas que des déchets..." tandis qu'il nous présentait la convention sur l'enlèvement des ordures du lycée par la municipalité.
Une fois rentré, je me suis dépêché de me faire une méga-salade composée (tomates coeur de boeuf, betterave crue, radis chinois et maïs) et je me suis mis un dvd. En l'occurence JUDAS KISS (1998) de Sebastien Guttierez.
Le film a été co-produit par la pulpeuse Carla Gugino qui est aussi la compagne du réalisateur Vénuzuélien qui la filme aussi. Elle y est la partie féminine d'une bande dépareillée qui enlève un magnat des logiciels côté quatre millions de dollars à l'argus. Avec elle on retrouve, dans le rôle de l'amant, Simon Baker (mon Australien préféré depuis The Mentalist), mais aussi Gil Bellows (l'ancien amant d'Ally McBeal qui eut une des morts les plus poignantes du petit écran) et Til Swhweiger (le basterd Stiglitz) ; côté flics c'est aussi bien puisqu'on a Alan Rickman et Emma Thompson qui font un duo décapant. Gutierrez a écrit le film qui est un hommage aux romans noirs (Thompson... ah ! ah ! je n'avais pas remarqué ! elle lit un roman de Jim Thompson !) situé à la Nouvelle-Orléans. C'est carrément bien ficelé et les dialogues sont de très bon niveau.
La musique aussi (Christopher Young) puisqu'on y entend à un moment le Just Like Heaven e Cure dont je n'ai pas résisté de vous donner à voir la version de Kate Melua...

lundi 12 octobre 2009

fringe

"... physics is a bitch !"
C'est dans l'épisode 2.4 de Fringe qu'on découvre Rebecca, la cobaye de Walter découverte en vhs dans un précédent épisode. Et quelle agréable surprise de retrouver Theresa Russell qui me fit tant fantasmer naguère en femme fatale dans BLACK WIDOW en 1987 ; elle avait alors trente ans.

L'autre revenant de l'épisode c'est Leonard Nimoy qui interprète William Bell. Même s'il a fait un cameo dans le STAR TREK d'Abrams, c'est son premier grand rôle depuis 1991. Il est juste parfait.

La série prend à la fois de plus en plus d'ampleur et de densité, s'affirmant tranquillement comme la plus innovatrice et la plus excitante de celles proposées en ce moment.

dimanche 11 octobre 2009

des livres, toujours des livres...














En plus du deuxième tome de A la croisée des mondes de Pulman que je lis le soir et du troisième du Trône de fer de Martin qui est dans mon sac à dos, et nonobstant la pile sous ma table de nuit, j'achète toujours des livres. Ainsi après L'origine des espèces de Darwin j'ai pris le Comment je vois le monde d'Einstein dans la collection que publie Le Monde tous les jeudis. Et hier matin, avant d'aller au marché, j'ai été à la librairie où je me suis dégotté deux bd : Bjorn le Morphir de Thomas Lavachery qui est son adaptation de son roman et Silverfin de Charles Higson illustré par Kev Walker.
J'ai lu la seconde hier soir et elle m'a épaté. L'histoire est celle du James Bond de Flemming alors qu'il n'est encore que cet adolescent orphelin qui arrive à Eton et ne sait pas encore qu'il deviendra un 007. C'est un peu, pour faire vite, un croisement réussi entre les aventures du jeune Indiana Jones, celles d'Alex Rider d'A. Horowitz et de la geste flemmingienne,; le tout est mis en image par un auteur brillant, Kev Walker dont le graphisme unique témoigne d'un goût certain de celui-ci pour l'oeuvre de Mignolia sans tomber dans la pâle copie. Ultime surprise en le refermant : il a été imprimé à Singapour. Vous vous rendez compte ?

samedi 10 octobre 2009

la cruausité de l'inimportance...

C'est hier après-midi, en corrigeant des copies d'histoire de bac pro, que je suis tombé tour à tour sur deux aberrations linguistiques ordinaires. D'abord, il y a eu cette inimportance imaginée par cet élève qui ne connaît apparemment pas l'antonyme d'importance puisqu'il a inventé ce néologisme, que dis-je, ce délicieux barbarisme qui me renvoie à l'incomplétude de Fernando Pessoa. Puis il y a eu, toujours chez le même élève, la cruausité des choses qui elle m'a rappelé ce trahiseur qu'enfant mon frère avait trouvé ; la cruausité ça poisse encore plus, c'est comme la traitrise du trahiseur... Enfin, le même, mon Jourdain poète du jour m'a décalqué un parapore (qu'un autre avait atomisé en par à port) que je n'ai pas trouvé sans rapport dans la phrase.
Comprenez moi bien, je ne me fiche pas de lui, mais il est un symptome comme tant d'aures de ce que le manque de pratique de la lecture entraîne une pauvreté lexicale incroyable qui n'a de pair, a contrario, par le vocabulaire qu'ils connaissent... oralement, étant infichus de l'écrire correctement. Mon métier est de les accompagner dans cette découverte : l'écrit, en fait, précède l'oral.

vendredi 9 octobre 2009

texting is the new talking












J'ai failli ne pas le voir ; et d'ailleurs, cela implique que j'ai raté tous les autres (frak !). C'est à la fin de The Gothowitz Deviation, l'épisode 3 de la saison 3 de The Big Bang Theory, juste après le générique de fin. Une variation hilarante sur le slogan promotionnel de la série qui était "Smart is the new sexy", ce qui en novlangue de magazine de mode signifiait que l'intelligence était la nouvelle manière d'être sexy...
Je pourrais tout traduire, mais je me contenterais de l' aphorisme qui réjouit l'enseignant syndiqué du public que je suis : "Looking forward to insanely expensive private schooling, thousand dollar a week nannies and soccer is the new yuppie birth control" qui donne un truc du genre : Rechercher une école privée outrageusement coûteuse, des nounous à mille euros la semaine et le football sont la nouvelle manière de contrôler les naissances pour les bobos.... sauf évidemment que par chez nous le football n'a rien d'élitiste... hihihi !

pps : découvert Eastwick, une série inspirée par le film THE WITCHES OF EASTWICK de G. Miller (1987) avec Paul Gross, mon Canadien préféré depuis Due South dans le rôle tenu naguère par Jack Nicholson...

jeudi 8 octobre 2009

mercredi 7 octobre 2009

vince guaraldi me fait du bien

Je n'ai pas réellement grandi avec les dessins-animés de Charlie Brown, et tout juste si je garde quelques planches en noir et blanc en mémoire. Mais dès que j'entends les compositions de Vince Guaraldi pour la version animée je ressens un contentement quasi enfantin. Pour mémoire, on entend l'une d'elles (Christmas Time Is Here) dans une scène de THE ROYAL TENEMBAUMS de Wes Anderson.

A écouter aussi Motocross et Cast Your Fate To The Wind

ps : revu lundi soir ESCAPE FROM ALCATRAZ de Don Siegel avec Eastwood en prisonnier taciturne et MacGohan en directeur inhumain. Ça n'a pas pris une ride et ça ridiculise en quelques minutes cet étron télévisuel qu'est Prison Break. Pensez que, par exemple, le film s'ouvre sur l'arrivée d'Eastwood sur le Rocher et que la première parole n'intervient qu'au bout de cinq minutes...

pps : j'ai écouté hier après-midi, tout en corrigeant des copies, Là-bas si j'y suis et ça m'a bien détendu...

mardi 6 octobre 2009

remontage de moral



Les lundis après-midi sont assez mornes depuis la rentrée en raison des classes que je me fâde. Ce que je ne comprends pas c'est qu'ils soient dans cet état en début de semaine... le vendredi, je comprendrais ; d'ailleurs l'une d'elles me brise aussi les arpions de quatre à cinq le vendredi ; mais le lundi après-midi, là j'avoue que je me perds en conjonctures...

lundi 5 octobre 2009

madeleines de m.....

J'écoutais hier matin Interception sur France Inter tout en préparant mes cours. Le reportage était consacré aux missions des casques bleus français de la FINUL au Sud Liban. Au-delà des aspects édifiants (les mines israéliennes se déclenchent entre six et huit kilos de pression, soit le poids d'un enfant) et consternants (la patrouille de nuit tandis que non loin de là on fête un mariage dans un restaurant), je me suis retrouvé à siffloter l'air qui se joue partout dans le monde pour le lever des couleurs françaises. C'est un air que j'ai entendu pendant onze mois lors de mon service national et depuis il ne me quitte pas, sans que je comprenne pourquoi.
C'est un des exemples de ces petits riens que je pourrais appeller des persistances mémorielles, mais je préfère parler de madeleines de merde.
Il y en a une autre qui ne cesse de m'agacer mais dont je ne parviens pas à me débarrasser. Alors que j'ai perdu ma foi catholique au cours de mon année de troisième et n'ai depuis cessé depuis de renforcer mon rationalisme libre-penseur, je continue pourtant à jurer en invoquant des figures religieuses et ne peux m'empêcher de me signer lorsque je passe près d'une croix ou si je rentre dans une église.

dimanche 4 octobre 2009

un peu de magie...

C'était hier soir sur Arte, avant The Tudors, le spectacle des Géants de la compagnie Royal de Luxe, à Berlin, à l'occasion de la commémoration de la réunification. C'était tout simplement magique.

samedi 3 octobre 2009

piu !

Deux versions plaisantes et bien fichues de Harder, Better, Faster, Stronger de Daft Punk pour se donner la patate en prévision du déménagement de Nicolas et Cécilia qui a lieu ce matin.
Avant ça, un passage au marché pour me mettre en jambes puis direction la Puisaye !


vendredi 2 octobre 2009

tranquillement

"Journal intime n. Rapport quotidien de cette part de cette part d'existence que l'on peut se raconter à soi-même sans rougir."
Ambrose Bierce, Le dictionnaire du diable


Je me souviens sans difficulté d'une image arrêtée d'une copie vhs des Demoiselles du Bois de Boulogne, le film de Robert Bresson. C'était une copie de festival, c'est-à-dire sous-titrée en anglais. Cela donnait "love don't exist, there's only tokens of love." ce qui se traduit par l'amour n'existe pas, il n'y a que des preuves d'amour.
J'y ai repensé tout à l'heure en reposant le combiné de mon téléphone. Je venais de passer une demie heure avec Christian, un ami que j'avais perdu de vue jusqu'à ce qu'il me tapote sur l'épaule, ce fameux vendredi après-midi à Sens.
C'est étrange de constater comment une amitié peut donner l'impression de se déliter, de s'effilocher, de se dissoudre et, en même temps, ressurgir intacte, vibrante et exaltante pour peu qu'on la réanime d'un éclat de rire et de voix. Enfin, elle était là, même pas endormie, juste attendant tranquillement d'être réactivée.
Du coup, et c'est curieux comme des images contradictoires se télescopent aussi iconoclastiquement, j'ai repensé à la fin du A. I. de Spielberg, quand l'enfant robot est "réveillé" par les extra-terrestres : l'adn de cette amitié que je pouvais penser éteinte ne demandait rien d'autre qu'un coup de fil pour se revitaliser. Je me ferais sentimental que ça ne m'étonnerait pas plus que ça. A bientôt mon ami...

jeudi 1 octobre 2009

colonisation du futur

"Colbert, comme tous les hommes de son temps, vivait dans les cadres bibliques, avec une perspective temporelle de quatre mille ans, mais il envisageait l'avenir du royaume sur des siècles, en faisant par exemple planter des arbres pour construire les flottes futures. En revanche, nos maîtres, qui semblent ignorer totalement les quinze milliards d'années de cosmologie contemporaine, pensent leur action sur quelques années ou quelques mois, en fonction des élections prochaines. Aussi, pour maîtriser ce futur effrayant qui nous échappe, nous mettons en oeuvre tout notre savoir pour l'asservir, pour faire qu'il ne puisse être autre chose que la continuation simplifiée du présent.
C'est le rôle du crédit, ressort fondamental de l'économie moderne. Nous vivons à crédit : c'est un truisme à première vue, mais on ne mesure pas toujours ce que cela signifie. Cela veut dire que tout le savoir humain est mobilisé pour la colonisation du futur. En liant le présent à des événements virtuels, on le bloque sur ce qu'il est, on l'empêche d'être autrement. Une société d'endettés est prisonnière du futur, elle ne peut plus prendre de risques, se battre pour ses droits, ou envisager de vivre autrement. [...] Nous ne pensons au futur que sous l'angle de la capture et de l'appropriation. Quand nous pensons le futur, ce n'est pas dans une perspective du long terme qui privilégierait l'intérêt supérieur de l'humanité, c'est pour asservir le présent, pour mieux le contrôler. Mais il s'agit en fait d'une entreprise de capture. En asservissant virtuellement le futur, nous nous asservissions nous-mêmes."

Bertrand Méheust, La politique de l'oxymore, p86-87
in Le Monde diplomatique, septembre 2009