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mercredi 3 août 2011

winters' bone (fin)









Le film, en est plus d'être émouvant et touchant, est très beau, et sans tomber dans la carte postale touristique, la photographie de Michael McDonough est très belle. C'est un putain de beau film.

mardi 2 août 2011

winter's bone (suite)

Cette image, dure, de violence pas vraiment gratuite mais absolument injustifiée et qui traduit le paradoxe de la situation de Ree victime de ce qui s'apparente au Destin dans cette partie du monde. La remarque du prêteur sur gages "I know you" dès qu'il croise un type, montre bien que tous se font rattraper par le crime. De même quand Teardrop demande à Ree si elle n'a pas encore commencé à prendre de la drogue, en sous-entendant que cela finira bien par arriver. On n'est pas si loin des réflexions d'une série comme Justified dans laquelle les habitants du Kentucky n'ont guère le choix entre la drogue ou la mine.


Ici c'est l'Armée qui est l'issue de secours, une Armée qui vient entraîner ses futures recrues dans l'école-même et les appâte avec une promesse d'argent facile. Je ne dis pas que Debra Granik a voulu critiquer la politique étrangère de son pays mais sans les conflits extérieurs coûteux en personnel, son armée n'aurait pas besoin d'aller chercher ses recrues jusque dans les lycées...

Le fait que ce soit aussi à l'école que l'on apprenne aux jeunes parents à s'occuper de leurs enfants est aussi symptomatique d'un certain état de la société. Ainsi, la meilleure amie de Ree est une jeune mère qui a arrêté ses études pour s'occuper de son enfant.

Quasi méconnaissable, Sherryl Lee est April. On est bien loin de Twin Peaks...


Dans le rôle du shériff, il y a mon comédien préféré, celui que je piste depuis que je l'ai découvert : Gareth Dillahunt. Il est tout simplement génial. La preuve, il est excellent dans tous les registres, y compris comique comme il le prouve dans Raising Hope.


Dans le rôle de Thump Milton, le Patriarche qui fait peur à tout le monde, il y a Ronnie Hall. Il me semble que c'est un des nombreux comédiens amateurs, recrutés localement, de la distribution. Il a participé à la réécriture des dialogues pour les rendre plus crédibles.


Et toujours dans un souci d'authenticité, le sergent recruteur en est un en réalité, Russell Schalk et on sent bien, dans son discours, qu'il a déjà dû, à plusieurs reprises, le tenir à une floppée d'autres gamins...

lundi 1 août 2011

winter's bone


Jennifer Lawrence est Ree, 17 ans, qui s'occupe seule de sa mère malade et de son petit frère et de sa petite soeur tandis que son père est en cavale. Problème : si elle ne le retrouve pas, le prêteur sur gages va saisir leur maison. Problème : personne ne veut lui dire où est son père.


Le film épatant de Debra Granik qu'elle a réalisé mais aussi coécrit avec Anne Rosellini d'après le roman de Daniel Woodrell se passe dans le Missouri, dans un coin de campagne âpre et rude où il est normal d'apprendre à tirer les écureuils puis à les dépecer pour une question de survie alimentaire. Mais où les jeunes filles se retrouvent vite enceintes et où le crime (produire de la drogue) ou l'Armée semblent être les seules échappatoires. Dans cet univers difficile, les voisins qui rendent service ne sont pas légion, et la famille se réduit aux quelques membres du foyer chancelant et menacé.


Ree tient sa maisonnée et s'occupe de tout le monde même si elle rêve de partir, de voir du pays, et qu'elle a déjà songé à aller rencontrer ce sergent recruteur dans son lycée. Mais ce qui importe, c'est de s'occuper des siens, quoi qu'il lui en coûte...


De façon surprenante, la seule raclée qu'on lui voit prendre ne lui st pas infligée par un homme mais par un groupe de femmes, comme si les hommes rechignaient à s'en prendre à une jeune fille.

Finalement, la rescousse viendra, en partie (car qui a payé la caution en fin de compte ?) de celui qu'on appelle pas oncle alors qu'il est le seul frère de son père, le formidable John Hawkes découvert dans Deadwood et qui joue ici Teardrop. Il devra surmonter ses peurs et ses réflexes violents (la scène dans la cuisine est un bel exemple de cette violence ordinaire) et admettre que Ree et sa maisonnée font partie de sa famille et qu'il doit les protéger.


J'aime beaucoup ce plan de la famille car je sais que chaque enfant tient dans ses mains un poussin que lui a donné Teardrop pour qu'il l'élève, promesse d'avenir s'il en est, tandis que Ree vient de réaffirmer qu'elle ne les quitterait jamais...

ps : le roman original a été adapté en bande-dessinée par Romain Renard et c'est terrifiant ! bien mais terrifiant...