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samedi 15 octobre 2011

le pacte holcroft (bonus)







C'est fou comme la modernité est éphémère et que le cinéma est d'une grande aide pour s'en souvenir. Ainsi en va-t-il de ce début des années 80 dans lesquelles un combiné téléphone-répondeur était le comble du hight tech en télécommunications ; ou un walkman et des lunettes fumées, celui de la coolitude occidentale. Le panneau berlinois nous rappelle qu'il y a eu un avant 1989, et une époque où un cinéaste américain pouvait filmer des prostituées à moitié (ou totalement) nues lors d'une parade berlinoise...

vendredi 14 octobre 2011

le pacte holcroft

Formidable petit film des années 80 THE HOLCROFT COVENANT est l'adaptation par John Frankenheimer (sur un scénario de George Axelrod, Edward Anhalt et John Hopkins) du roman de Robert Ludlum. Le point de départ est audacieux : trois généraux nazis dans un bunker berlinois se suicident après avoir signés un pacte. Quarante ans plus tard, le descendant de l'un d'eux est contacté par un banquier suisse...
                                      
Michael Caine joue donc Noel Holcroft, architecte new-yorkais en blazer bleu, plongé au coeur d'une machination meurtrière dont l'enjeu n'est rien de moins que la résurgence du IIIe Reich. Lui qui incarna Harry Palmer, y compris à Berlin, est ici totalement manipulé et parcourt le film en somnambule jusqu'à son moment héroïque final. Il est en fait parfait, comme on s'y attend, mais avec une maladresse touchante et assez proche du héros du livre que je me souviens en fait avoir lu adolescent.

Michael Lonsdale incarne Ernest Manfredi et avec lui tous les banquiers suisses ayant travaillé avec les nazis mais se réfugiant derrière une efficacité feutrée de faiseurs d'argent. Un autre monde, glaçant.

Carl Rigg est Anthony Beaumont, tueur à gages international...

Lily Palmer joue la mère d'Holcroft, celle qui a dix-sept ans épousa le général SS Von Clausen et s'enfuit avec son fils aux Etats-Unis. John Frankenheimer avouera plus tard qu'il l'avait choisie car, plus jeune, il était amoureux de cette comédienne qu'il avait vue jouer sur scène.

Bernard Hepton est le commander Leighton. Il avait joué avec Caine dans GET CARTER.

Richard Münch incarne Herr Oberst, l'Allemand décidé à empêcher les néo-nazis d'accéder à nouveau au pouvoir.
Anthony Andrews est Jonathan Tennysson, le fils de von Tiebolt. Il est antipathique à souhait.

 Mario Adorf est formidable, presque falstaffien, en chef d'orchestre...

Et puis il y a la belle Victoria Tennant qui joue la trouble Helden, la soeur de Tennysson. Elle jouera dans BEST SELLER, le film de John Flynn avec James Woods en tueur à gages. Un film méconnu, à tort, dont je reparlerai un de ces quatre.

mercredi 28 septembre 2011

zulu (fin)


Stanley Baker est le lieutenant John Rouse Merriott Chard


Michael Caine est le lieutenant Gonville Bromhead


Nigel Greene est le colour sergeant Frank Edward Bourne





mardi 27 septembre 2011

zulu (suite)







bonus : Ulla Jacobson, actrice suédoise qui joue la fille du pasteur suédois dont Rorke's Drift est la paroisse. C'est au début, lors du mariage collectif zoulou et on peut voir sur son visage à la fois la fascination, la répulsion et l'excitation devant tous ces corps à moitié nus et libres...




lundi 26 septembre 2011

zulu


ZULU a été réalisé en 1964 par Cy Endfield sur un scénario coécrit avec John Prebble. C'était la première production du comédien Stanley Baker qui voulait ainsi davantage contrôler sa carrière. Il avait choisi Endfield car c'était son ami depuis qu'il était arrivé en Angleterre, chassé par la HUAC qui l'avait blacklisté. Ils avaient déjà tourné ensemble CHILD IN THE HOUSE (1956), HELL DRIVERS (1957), SEA FURY (1958), JET STORM (1959) et ils referont équipe l'année suivante dans SANDS OF KALAHARI.


ZULU a longtemps été pour moi l'équivalent britannique de la défaite de Little Big Horn où mourut Custer mais la seule analogie est chronologique, et encore pas tout à fait. Ainsi, la bataille de Rorke's Drift se déroula en janvier 1879 alors que celle de Little Big Horn eut lieu en juin 1876. Et puis alors que 263 cavaliers américains moururent lors de l'engagement, ce ne sont que 17 soldats britanniques qui moururent ce jour-là. Ce n'est donc pas la branlée que je croyais, mais au contraire un grand fait d'armes puisqu'on distribua ensuite 11 Victoria Cross aux survivants les plus braves. Pas étonnant non plus que, alors qu'il débutait vraiment à l'écran, le film ait tant fait pour donner à Michael Caine sa crédibilité cinématographique.


Mais le film est aussi intéressant à voir, par delà ses qualités de mise en scène et  de cinématographie, en raison de son discours assez pacifiste dans le fond mis en exergue à la fois par le personnage du pasteur joué par Jack Hawkins, que par le chirurgien qui traite Chard de boucher. Le dialogue entre les deux officiers, après la bataille, qui réalisent, à demi mots, que non seulement ils ont eu peur et qu'ils en sont malades, mais que c'était aussi leur première fois, est assez inhabituel.


Enfin, la manière dont sont filmés les Zoulous, en particulier au début, lors du mariage collectif, mais aussi à l'occasion de leur manoeuvres disciplinées et, à la fin, quand ils rendent hommage au courage des soldats britanniques, est aussi rare. Il faut le souligner en se rappelant qu'en raison de l'apartheid, aucun des comédiens zoulous ne put assister à la première du film et qu'ensuite le ministre chargé des Affaires indigènes interdit le film aux noirs de peur qu'il les incite à se révolter ! Il faut dire que, dans le film, le chef des Zoulous était interprété par le chef Mangosuthu Buthelezi, le descendant direct de son ancêtre qui commanda les Zoulous à Rorke's Drift !
C'est donc un film à redécouvrir.


jeudi 25 novembre 2010

funeral in berlin

Cinq ans après le début de la construction du mur de Berlin, le film FUNERAL IN BERLIN de Guy Hamilton plonge Harry Palmer dans l'Histoire immédiate...








mercredi 24 novembre 2010

lost in translation

"Please, observe security procedures ! 
– On a saturday morning ? Are you mad ? !"

Alors que THE QUILLER MEMORANDUM de Michael Anderson, réalisé la même année se déroule à Berlin mais ne parle pas du mur mais de néo-nazis, FUNERAL IN BERLIN aborde en même temps le mur, la guerre froide (espions, défection, etc.), les criminels de guerre et Israël. On est alors loin du côté quasi parodique de l'ultime aventure d'Harry Palmer, BILLION DOLLAR BRAIN réalisé l'année suivante (et dans lequel on retrouve Oskar Homomlka en colonel Stok !). Tourné entre deux Bond par Guy Hamilton le film met à nouveau en scène Michael Caine, plus flegmatique que jamais (et avec des répliques merveilleuses), mais aussi Paul Hubschmid (celui des films de Lang de 1959, DER TIGER VON ESCHNAPUR et DAS INDISCHE GRABMAL) en criminel de guerre et aussi Eva Renzi en espionne israélienne très aguichante.
A la photographie (le film est très bien réalisé, il faut le souligner), on retrouve Otto Heller, le même chef-op que sur THE IPCRESS FILE, tandis que la musique a été confiée à Konrad Elfers (John Barry faisant celle du film d'Anderson), le compositeur de Lang.

ps : j'ai mis en bas le plan qui m'a inspiré le titre. Vous ne trouvez pas que Sofia Coppola a piqué l'idée pour son film ?