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samedi 28 mai 2011

la flamme sacrée (suite)

Spencer Tracy, archétype du bon Américain et du journaliste en croisade pour la vérité, remplit son rôle avec justesse.


Richard Whorf, le secrétaire rompu aux relations publiques qui répond à de mystérieux employeurs new-yorkais...

Forrest Tucker, le cousin, qui avec son allure aryenne, est la diversion idéale alors qu'il est du côté des bons...


Katharine Hepburn en veuve déboussolée qui, dans une scène dramatique inégalée, révèlera la vérité et en mourra...

Ceci n'est pas un couple, ou très platonique, et très contrarié par le poids du non-dit et le fantôme du défunt héros...




vendredi 27 mai 2011

la flamme sacrée


Réalisé en 1942 par George Cukor sur un scénario brillantissime de Donald Odgen Stewart, celui de THAT UNCERTAIN FEELING et de THE PHILADELPHIA STORY, qui prouve donc qu'il savait écrire autre chose que des comédies légères.

Un héros de la Grande Guerre meurt dans un accident de voiture, et on ne le verra même pas.


Sa mort plonge la Nation dans la détresse, ce qui donne lieu à des plans très langiens d'Américains effarés par la nouvelle et de unes lyriques ; le film est aussi une réflexion sur l'importance des médias et leur impact sur le public.

Mais pourquoi vivait-il ainsi à l'abri de si hauts et si gros murs ? Et qu'avait-il à cacher que sa veuve essaie de détruire par le feu avant que le journaliste ne le découvre ?


La phrase d'O'Malley expliquant que les Américains ne sont pas des enfants et peuvent encaisser la vérité est importante car le pays était pourtant en guerre, période pas nécessairement propice à l'objectivité.

samedi 15 janvier 2011

un homme est passé

Formidable western psychologique qui cache bien son jeu, BAD DAY AT BLACK ROCK (Un homme est passé) a été réalisé (en Cinémascope, une première pour l'époque) par John Sturges en 1955 sur un scénario de Millard Kaufman (qui signa celui de DEADLY IS THE FEMALE de J. H. Lewis à la place de Dalton Trumbo ostracisé).
Ainsi, avant THE SEVEN MAGNIFICENT et THE GREAT ESCAPE il y avait donc eu ce film âpre et sec sur l'honneur, le courage, la lâcheté et la rédemption, thèmes qui nourriront tous ses films et qui sont ici magnifiés.
Petit grand film qui ne paye pas de mine, avec une histoire qui n'est pas sans rappeler HIGH NOON avec une dose de volontarisme qui évoque des cinéastes comme Capra et Preston Sturges, son auguste homonyme. Parce que, en 1955, mettre la question japonaise au centre d'un récit grand public, c'était quand même gonflé.
Choisir Spencer Tracy, le "héros" du FURY de Lang (dans lequel jouait aussi Walter Brennan, l'interprète de Doc !), comédien populaire et respecté était aussi une trouvaille audacieuse.
Et puis il y a aussi Smith, incarné avec arrogance par le grand Robert Ryan, médiéval en diable dans son fief californien, avec sa troupe de veules sbires (Lee Marvin et Ernest Borgnine). La scène où Tracy règle son compte à Borgnine alors qu'il n'a qu'un bras valide est digne des grands films hongkongais de Chang Cheh !
Je n'oublie pas non plus la regrettée Anne Francis, morte le 2 janvier dernier, et qui demeurera à jamais l'Altaira de FORBIDDEN PLANET.
Son frère, joué par John Ericson, refera équipe avec Dean Jagger (le shérif) dans FORTY GUNS de Samuel Fuller.
Je m'en voudrais d'oublier la composition lyrique d'André Prévin, d'habitude cantonné aux comédies légères, et qui trouve des accents à la Elmer Bernstein.