Affichage des articles dont le libellé est alan ladd. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est alan ladd. Afficher tous les articles

lundi 25 avril 2011

l'or du hollandais

THE BADLANDERS est réalisé en 1958 par Delmer Daves sur un scénario de Richard Collins adaptant le roman de W. R. Burnett. Daves réunissait Alan Ladd et Ernest Borgnine avec qui il avait déjà tourné : Ladd dans DRUM BEAT (1954) et Borgnine dans TREASURE OF THE GOLDEN CONDOR (1953) et JUBAL (1956).



C'est un des derniers films d'Alan Ladd qui, sept films et six ans plus tard meurt. Son personnage n'a rien perdu de sa superbe assurance et il incarne à lui seul une force tellurique irrésistible. A ses côtés, touchant, humain et maladroit, Ernest Borgnine démontre qu'il est capable d'être autre chose qu'une brute caricaturale. Tous les deux se retrouvent réunis par le destin et le fait qu'ils sont tous les deux d'anciens détenus, marqués à vie et réprouvés par la société.
Ils se retrouvent au même rang que ces Mexicains méprisés par les Blancs, qu'ils soient nervis comme Comanche (Anthony Caruso), shériff ...



ou propriétaire cynique comme Kent Smith. Dans ce monde brutal, les femmes n'ont pas le beau rôle et en sont réduites à vendre leur corps avec plus ou moins de bonheur, selon qu'elles sont rousse et blanche comme Claire Kelly...


... ou mexicaine comme Katy Jurado que l'on retrouvera chez Peckinpah...



Ladd y joue un géologue injustement accusé de vol et qui, après avoir purgé sa peine, revient dans la ville minière où il travaillait pour s'y venger sur le dos du responsable de son incarcération en se faisant aider par un mineur mexicain, Vicente, joué par Nehemiah Persoff qui l'année suivante jouera Little Bonaparte dans SOME LIKE IT HOT de Wilder.

A noter que le film fut tourné en Metrocolor ce qui donne au film un ton assez monochrome dans lequel les couleurs chaudes sont très contrastées ce qui le fait ressembler à un film en noir et blanc colorisé. Mais cela reste un très bon film.

samedi 12 mars 2011

l'homme des vallées perdues (suite)

Dans l'ordre, Jean Arthur, Alan Ladd, Emile Meyer, Van Heflin, Ben Johnson, Jack Palance...











l'homme des vallées perdues


Allons directement à l'essentiel : à l'instar du personnage de Roman dans THE NEGOTIATOR, je suis persuadé que Shane ne meurt pas à la fin de SHANE de George Stevens. Et ce pour une raison qui a dû sauter aux yeux de plus d'un cinéphile avant moi : il n'y a pas de "The End" pour clore le film.

"You're speaking to me ?
– I don't see anybod
y else standing there..."*



Cela dit, qu'en est-il du film et en quoi est-ce un classique essentiel du cinéma et du western en particulier ? 
Et d'un, c'est le maillon qui permet de relier entre eux Sam Peckinpah,
Michael Cimino et Martin Scorcese car il évoque, avant eux, la problématique des grands ranchers voulant écarter les immigrants (HEAVEN'S GATE) ; il anticipe la disparition d'un mode de vie (l'open range) et de mort (les gunfighters) et fait entrer de plain pied le western dans une modernité qu'elle n'assumera que dans les années 70 (PAT GARRETT AND BILLY THE KID) ; il assène, dès le début, lors d'un échange fameux* entre Alan Ladd (Shane) et Ben Johnson (Chris Calloway), les racines du plus célèbre monologue du cinéma (TAXI DRIVER).
Et de deux, c'est une pièce d'histoire américaine qui enterre la guerre de Sécession avec le personnage de Torrey (joué par Elisha Cook Jr.) par qui tout commence et par Shane (quand il traite Wilson de "Yankee liar") pour finir. Alors que l'ascendance sudiste de Stonewall est, au début, sujet de moquerie (Dixieland joué à l'harmonica comme leitmotiv), elle devient ensuite un symbole de l'unité des Homesteaders, ces fermiers qui travaillent dur sur leur lopin de 160 acress (64,74 hectares) qu'ils peuvent exploiter en vertu du Homestead Act de 1862. Aux yeux des ranchers comme le vieux Ryker, ces éleveurs de cochons sont tous identiques, qu'ils soient du Nord ou du Sud, et leur union est d'autant plus magnifiée lors de la séquence du 4 juillet qu'ils commémorent religieusement.
Et de trois, c'est un film de comédiens formidables dans leur justesse et leur économie : Alan Ladd, impeccable dans les films noirs (THIS GUN FOR HIRE, THE BLUE DAHLIA), se révèle un cow-boy très convaincant et il incarne ici un stéréotype sur lequel tous ses successeurs devront se caler ou s'éloigner. Jean Arthur, pour son dernier rôle, joue une femme de caractère, attachée à sa famille et à sa terre, mais aussi, on le sent, bouleversée par Shane, sa rudesse et son passé. Elle qui s'était fait une carrière dans les comédies de Capra trouve là un de ses plus beaux rôles. Van Heflin, l'éternel second rôle qui avait obtenu pour cela, en 1942, un oscar pour JOHNNY EAGER de Melvin LeRoy, incarne dans le film un personnage essentiel d'Américain moyen (ici un Homesteader) en butte au système (ici celui des ranchers de l'open range) et qui est prêt à se battre quoi qu'il lui en coûte.

Je n'oublie cependant pas, parmi les seconds couteaux, Ben Johnson, parce qu'on le retrouvera ensuite chez Peckinpah, comme un rappel entêtant d'une autre époque du western. Ni non plus Jack Palance dont la froideur mécanique annonce à la fois toutes les créatures passées et à venir qui ne sont
là que pour tuer, les hommes et leurs rêves. Je suis plus sceptique au sujet du gamin (Brandon deWilde) car malheureusement, et c'est peut-être le seul défaut du film), il ouvre (avec le chien, n'oublions pas le chien) la voie à toute une floppée de personnages d'enfants horripilants dont Hollywood usera ensuite sans vergogne.
Et de quatre, et pour arrêter là, c'est le film d'un vieux cinéaste qui n'a pas encore tout donné (il réalisera encore quatre films dont GIANT et THE DIARY OF ANNE FRANK) mais qui sent bien qu'un monde est en train de disparaître. La séquence où Shane se bat, d'abord contre
Calloway, puis contre toute la bande de Ryker aidé de Starrett est fantastique, tout comme l'est la scène où Shane et Starrett en viennent aux poings car Shane veut l'empêcher d'aller se faire tuer par fierté. Ce genre de scènes, bien plus que la fusillade finale, donnent tout son relief au film, et son humanité aussi.

nb : ça m'est revenu mais pour moi la scène où Shane arrive chez les Starrett, avec ce plan de Van Heflin de dos avec sa hâche, a été reprise, en hommage je pense, par Tarantino au début de INGLORIOUS BASTERDS...

vendredi 24 décembre 2010

le dahlia bleu

Dix raisons de voir ou revoir THE BLUE DAHLIA.

le film est réalisé en 1946 par George Marshall, par ailleurs acteur et scénariste, qui mit en scène 165 films durant sa carrière. Chandler le jugeait incompétent et la rumeur voudrait qu'il soit lui-même allé sur le plateau tourner certaines scènes.

2 peu après la sortie du film on retrouva le corps d'Elisabeth Short que la presse surnomma Le Dahlia noir en référence au film ; son meurtre ne fut jamais élucidé.

3 le scénario fut écrit par Raymond Chandler qui avait obtenu des studios de travailler chez lui en picolant pour gagner du temps. En effet, Alan Ladd était appelé sous les drapeaux en 1943 (il fut rapidement démobilisé pour des raisons de santé) et le temps pressait.

4 depuis THIS GUN FOR HIRE, Alan Ladd et Veronica Lake avaient rejoué ensemble dans THE GLASS KEY de Stuart Heisler, film dans lequel jouait aussi William Bendix.

5 C'est Doris Dowling qui joue l'insupportable garce de femme de Morrison a joué dans deux classiques (avant d'échouer à la télévision) : RISO AMARO de De Santis et THE TRAGEDY OF OTHELLO: THE MOOR OF VENICE de Welles.

6 C'est Howard Da Silva, qui joue Harwood, rejoua avec elle dans THE LOST WEEKEND de Wilder. Sa carrière fut stoppée pendant dix ans en raison du témoignage accablant de Robert Taylor qui le fit blacklister par les studios.

7 C'est Will Wright qui joue le détective de l'hôtel avait effectivement 57 ans comme il le répond à la police. C'était son premier rôle reconnu. Il rejouea avec Howard da Silva dans THEY LIVE BY NIGHT de Ray en 1949. On le reverra aussi dans ADAM'S RIB, NIAGARA et CAPE FEAR, son dernier film en 1962.

8 la voiture de Joyce Harwood porte un autocollant avec un B car il y avait encore un rationnement de l'essence en raison de la guerre. Cela limitait le propriétaire à huit gallons par semaine soit un peu plus de 35 litres.

9 on entend deux chansons devenues des standards depuis : Ac-Cent-Tchu-Ate the Positive, chanson écrite en 1944 par Harold Arlen et Johnny Mercer; et aussi It's Easy to Remember (And So hard to Forget), chanson de Rodgers et Hart écrite en 1935 pour le film MISSISSIPPI.

10 et pas la moindre, le film est un whodunit impeccable. En effet, Chandler s'est amusé à ne pas nous montrer le meurtre et à laisser autant d'indices que de pistes qui sont autant de faux-semblants. Du coup, on reste en haleine jusqu'à la fin. Le fait qu'on ne voit pas Ladd et Lake s'embrasser hors champ est une trouvaille audacieuse.








samedi 11 décembre 2010

tueur à gages (suite)

Cinq autres raisons pour lesquelles THIS GUN FOR HIRE (Tueur à gages) est un chef-d'oeuvre de film noir méconnu (et injustement).
6) Robert Preston qui joue le policier était un artiste complet. Musicien et comédien, il commença sa carrière au cinéma avant d'opter pour Broadway et d'y devenir célébre tout en continuant à faire des films. Blake Edwards lui donna un de ses derniers rôles dans VICTOR/VICTORIA.
7) Laird Cregar qui joue Gates m'a enfin de compte rappelé Stephen Fry ! C'est lui joua le Diable dans HEAVEN CAN WAIT de Lubitsch. En 1942 il joua aussi dans THE BLACK SWAN de Henry King, film de pirates avec Tyrone Power, Maureen O'Hara, George Sanders et Anthony Quinn. Il a aussi joué dans le seul bon film sur la tauromachie, BLOOD AND SAND (Arênes sanglantes) de Rouben Mamoulian avec aussi Tyrone Power.
8) Alan Ladd, je ne l'oublie pas, est prodigieux d'intensité. La scène où il parle de son enfance à Ellen, et raconte l'origine de son poignet difforme est digne de Lang. Celle de l'hôtel, où il gifle la femme de ménage est une merveille du genre. C'est son premier vrai rôle.
9) Frank Tuttle s'essaya au journalisme avant de devenir scénariste et, de fil en aiguille, cinéaste. Il redirigera Ladd dans LUCKY JORDAN et, deux ans plus tard, Lake dans THE HOUR BEFORE DAWN.
10) C'est Martha Mears qui chante en fait à la place de Veronica Lake. deux ans plus tard elle doublera aussi Rita Hayworth dans le COVER GIRL de Charles Vidor.






vendredi 10 décembre 2010

tueur à gages

"How do you feel when you do… this ? I feel fine."

Cinq raisons pour lesquelles THIS GUN FOR HIRE (Tueur à gages) est un chef-d'oeuvre de film noir méconnu (et injustement).
1) Il réunit à l'écran, quatre ans avant THE BLUE DAHLIA (dont on parle surtout, enfin, les cinéphiles et les polardeux), Alan Ladd et Veronica Lake, en un couple aussi improbable que chaste. Elle l'embrasse sur la joue et, au final, elle reste avec son boyfriend policier.
2) Veronica Lake, absolument craquante et désarmante, qu'elle chante (ou fasse semblant) en faisant de la prestidigitation, qu'elle joue les espionnes pour l'oncle Sam ou qu'elle aide un tueur en cavale. Elle n'avait que vingt ans et la façon qu'elle avait de chuchoter ses répliques me donne la chair de poule.
3) Le personnage de Raven interprété avec une efficacité glaciale par Alan Ladd a servi de matrice pour tous ceux qui ont suivi, jusqu'à nos jours. L'imperméable et le chapeau me font penser avec véhémence que Melville (puis Woo à sa suite) s'en est inspiré pour son SAMOURAÏ. La scène où il découvre l'enfant dans les escaliers a été pompée par Besson dans LEON.
4) Raven n'aime pas les gens (sauf peut-être les enfants cassés qui le renvoient à son enfance) mais il aime les chats. On le voit dans deux scènes, dont une qui ne laissera aucun amoureux des chats indifférent.
5) Excusez du peu mais le film est l'adaptation d'un roman de Graham Greene, A Gun for Sale (Tueurs à gages) de 1936. Albert Matz est l'auteur de deux scénars adaptés par Don Siegel, THE BEGUILED et TWO MULES FOR SISTER SARA, tandis que W. R. Burnett est celui de THE GREAT ESCAPE. L'histoire mélangeant film noir, espionnage et mélo est extra.