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dimanche 1 mai 2011

breezy

"Frank, would you mind very much if I loved you ?"

BREEZY est le troisième film réalisé en 1973 par Clint Eastwood, d'après un scénario de Jo Heims qui écrira aussi celui de PLAY MISTY FOR ME pour lui.
Eatswood n'y joue aucun rôle mais il apparaît pourtant deux fois : en figurant accoudé à la balustrade, lors de la scène où Frank et Breezy sont sur la promenade, et sur l'affiche du film qu'ils vont voir ensemble et qui est HIGH PLAINS DRIFTER, sa précédente réalisation.
Bercé par la musique de Michel Legrand (la chanson du film étant interprétée par Shelby Flint), le film raconte l'improbable rencontre amoureuse entre un agent immobilier quinquagénaire vivant seul et une jeune hippie heureuse de vivre mais qui veut désespérément aimer et être aimée. Lui, c'est William Holden, un an après THE WILD BUNCH, livrant pacifiquement son dernier combat amoureux, et il faut voir son cynisme voler en éclat sous les assauts de Breezy. Elle, c'est Kay Lenz, ingénue, à l'image de cette jeunesse de ces années-là. Leur couple ne nous choque pas plus ni moins qu'à cette époque. Je me souviens comment moi il m'avait étonné au sens où je m'étais alors dit que c'était une bonne chose de savoir que l'amour pouvait encore frapper aussi tard. J'étais moi aussi ingénu alors.

mardi 19 avril 2011

les cavaliers

THE HORSE SOLDIERS est réalisé en 1959 par John Ford sur un scénario de John Lee Mahin et Martin Rackin d'après le roman de Harold Sinclair.
Inspiré d'un épisode de la Guerre de Sécession il est à la fois un western (sans cow-boys) sur la fin de la coexistence de deux mondes et les liens qui les unissaient et servirent de passerelles pour les réunir. Ici, c'est le coeur qui parle, celui du médecin joué par William Holden, qui le pousse à venir en aide à tous les blessés, même ennemis ; mais aussi celui de la jeune Sudiste interprétée par Constance Towers qui va lentement passer de l'hostilité viscérale aux Yankees à la reconnaissance de la valeur de certains et à tomber amoureuse du colonel (et vice-versa !) joué par John Wayne. C'est aussi, en 1959, un film sur la question noire vue à travers deux cas de figure : la famille en détresse demandant l'aide du médecin pour un accouchement (qui sent bon les clichés, mais passons) et, surtout, par le personnage de Lukey, la domestique (esclave ou pas, on l'ignore) interprétée par Althea Gibson. Elle fut, auparavant, la première noire à entrer dans le monde du tennis, gagna Rolland Garros en 1956, Wimbledon en 1956 et 1957, et Forest Hills en 1957 et 1958. Elle finit sa vie seule, dans la misère et mourut à 76 ans.
Rien que le choix de cette actrice pour ce rôle en dit long sur Ford et la façon dont, vers la fin de sa carrière, il infléchit la tonalité de ses films en les rendant moins manichéens.
Beaucoup d'autres comédiens étaient et seront encore des membres de l'équipe de Ford, tels que O. Z. Whitehead qui avait joué dans THE GRAPES OF WRATH et jouera encore dans TWO RODE TOGETHER et THE MAN WHO KILLED LIBERTY VALANCE.







samedi 5 mars 2011

la horde sauvage (suite)












la horde sauvage


Réalisé en 1969 sur un scénario coécrit avec Walon Green, THE WILD BUNCH est le meilleur film de Sam Peckinpah. Ça n'enlève rien aux autres, n'en diminue pas moins les qualités ou l'importance, mais il a fait là ce que Kurosawa avait fait avec SHICHININ NO SAMURAI en 1954.


"I'd like to make one good score and back off...
– Back off to what ?"






Ce film est l'aboutissement logique de RIDE THE HIGH COUNTRY et de MAJOR DUNDEE dans la mesure où les valeurs partagées par la bande de Pike Bishop, leur expérience du combat et un certain fatalisme nihiliste et épicurien à la fois, ne peut que les conduire à la conclusion finale.

Le personnage incarné par Robert Ryan est beaucoup plus étonnant car il est le traître de fait de cette histoire, tenu par sa parole et sa détermination à ne pas retourner en prison, mais qui rêve lui aussi de chevaucher avec ses anciens amis. La scène où il récupère le revolver de Pike est très émouvante. Ryan mourut quelques années plus tard.
Encore une fois, la photographie et le sens des cadrages de Lucien Ballard sont extraordinaires, comme l'est aussi la composition martiale du grand Jerry Fielding.

Une petite anecdote : Joss Whedon, le créateur de Buffy the Vampire Slayer est un fan du film car, dans le film, le personnage de Luke Perry s'appelle Pike, puis, dans la série dérivée, trois personnages de vampires portent des noms du Wild Bunch : Angel, Lyle et Tector Gorch !