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jeudi 19 janvier 2012
mercredi 18 janvier 2012
l'homme qui en savait trop
THE MAN WHO KNEW TOO MUCH est réalisé en 1955 par Alfred Hitchcock sur un scénario de John Michael Hayes. Il avait déjà filmé cette histoire sous le même titre en 1934. C'est en quelque sorte un retour aux sources puisque la majeure partie du film se déroule à Londres. C'est aussi un récit curieux dans lequel on découvre que ce couple américain banal dissimule des fragilités inattendues du côté (sacré Hitch !) de la femme blonde que son mari doit calmer avec des sédatifs avant de lui annoncer l'enlèvement de son fils. On devine une histoire tournant autour de l'abus de médicaments qui donne une toute autre signification au comportement enjoué et suspicieux de celle-ci. A côté d'elle, son mari, quasi imperturbable (sauf quand il est sur le point d'exploser) est assez angoissant. La scène où la femme, à l'opéra, est tétanisée par l'impuissance et en pleure est bouleversante. Bien plus qu'un grand film de suspense et de course-poursuite avec James Stewart et Doris Day, il s'agit d'un film neurotique mettant en lumière les affres d'un couple d'Américains loin de leurs repères rassurants et se débattant avec leurs névroses. Etonnant.
dimanche 16 octobre 2011
autopsie d'un meurtre
J'ai enfin vu, après des années à entendre parler, à me souvenir que c'était l'un des meilleurs génériques (car conçu par le grand Saul Bass) du cinéma, et je ne l'avais toujours pas vu. C'était un caillou dans ma chaussure de cinéphile ; ça ne l'est plus. Et je le dis donc : ANATOMY OF A MURDER est un petit chef-d'oeuvre.
Petit, mais long, plus de deux heures, parce que le film, anticipant ce qui sera bien plus tard le modus operandi des séries comme Law and Order, nous raconte l'affaire avant le début du procès, et suit le procès jusqu'à son dénouement. Il ne manque juste en fait que deux éléments, effacés elliptiquement soit par Wendell Mayes, le scénariste, ou par Otto Preminger, le réalisateur : on ne voit jamais ni le viol ni le meurtre, même pas en reconstitution et encore moins en retours en arrière ; plus étonnant encore, alors que tant de films et de séries nous y ont habitué, on n'assiste pas aux plaidoiries (ni au débat du jury).
Petit, mais long, plus de deux heures, parce que le film, anticipant ce qui sera bien plus tard le modus operandi des séries comme Law and Order, nous raconte l'affaire avant le début du procès, et suit le procès jusqu'à son dénouement. Il ne manque juste en fait que deux éléments, effacés elliptiquement soit par Wendell Mayes, le scénariste, ou par Otto Preminger, le réalisateur : on ne voit jamais ni le viol ni le meurtre, même pas en reconstitution et encore moins en retours en arrière ; plus étonnant encore, alors que tant de films et de séries nous y ont habitué, on n'assiste pas aux plaidoiries (ni au débat du jury).
Le film ne manque pourtant pas de grands moments de prétoire durant lesquels tant Jimmy Stewart, l'avocat de la défense, que George C. Scott, le procureur ou encore Joseph N. Welch, le juge patelin, s'en donnent à coeur joie. Je pense en particulier à cette scène inouïe d'intensité, mais qui en devient comique quand on en devine l'issue, au cours de laquelle le procureur tisonne Marie Pilant (Kathryn Grant) pour lui faire avouer ce qu'il n'attendait pas.
Petit, disais-je parce que le film n'a rien de spectaculaire et qu'il se déroule même assez tranquillement, avec le rythme d'un feuilleton dont on regarderait un montage bout à bout. Ce qui ne l'empêche pourtant pas d'être particulièrement bien filmé, avec un souci du détail et du rythme que l'on retrouve y compris dans la musique composée par le grand Duke Ellington que l'on voit même jouer avec James Stewart.
Petit, disais-je parce que le film n'a rien de spectaculaire et qu'il se déroule même assez tranquillement, avec le rythme d'un feuilleton dont on regarderait un montage bout à bout. Ce qui ne l'empêche pourtant pas d'être particulièrement bien filmé, avec un souci du détail et du rythme que l'on retrouve y compris dans la musique composée par le grand Duke Ellington que l'on voit même jouer avec James Stewart.
Le fait d'avoir fait de Stewart un fondu de jazz et de pêche, un célibataire endurci fait de lui un personnage qui n'est pas sans rappeler celui de Sherlock Holmes...
... avec Parnell (l'excellent Arthur O'Connell) dans celui du Dr Watson et la très encore séduisante Eva Arden (Maida) dans celui de Mrs Hudson.
Et puis, il y a le couple qui focalise toute l'attention de l'intrigue : Ben Gazzara, jeune, fougeux, dans son deuxième film, joue le lieutenant Manion, celui qui a tué froidement le supposé violeur de sa jeune et affriolante femme incarnée par l'ahurissante Lee Remick qui n'avait alors que 21 ans.
Et puis, il y a le couple qui focalise toute l'attention de l'intrigue : Ben Gazzara, jeune, fougeux, dans son deuxième film, joue le lieutenant Manion, celui qui a tué froidement le supposé violeur de sa jeune et affriolante femme incarnée par l'ahurissante Lee Remick qui n'avait alors que 21 ans.
Pour la petite histoire, c'était Lana Turner qui devait jouer son rôle mais ses exigences vestimentaires étaient telles que Preminger lui préféra la jeune Remick. Ils sont tous les deux renversants de fraîcheur et de cynisme et incarnent ici les archétypes de ce genre de personnages dont on est abreuvé par les séries policières.
ps : Kathryn Grant, je le rappelle pour les cinéphiles, avait joué, l'année précédente, la Princesse Parisa dans THE 7th VOYAGE OF SINBAD de Nathan Juran, celui avec les animations de Ray Harryhausen.
pps : quand Stewart se rend à l'hôtel pour rencontrer Marie Pilant, le veilleur de nuit est en train de lire Exodus, le roman de Leon Uris que Preminger porta à l'écran l'année suivante !
lundi 21 mars 2011
the shop around the corner (resuite)
Tous les films de Lubitsch, même ceux faits rapidement, sont des petits chefs-d'oeuvre de détails qui, sans être lourdement appuyés, sont indispensables à la narration et donne toute sa dimension cinématographique à une histoire très théâtrale. Ainsi, pour ouvrir le film, Lubitsch nous plonge directement dans une rue de Budapest reconstituée en studio grâceau talent du grand Cedric Gibbons, et l'on y découvre Pepi sur son triporteur. Ce détail est important car quand il deviendra vendeur, son successeur, le jeune Rudi, enfourchera à son tour l'engin qui porte le nom du magasin. Il en va de même du carnet de commandes, des crayons et des clés que rend Kraulik avant de quitter le magasin : le gros plan sur ces objets anodins leur donne une dimension religieuse. Plus tard, un autre gros plan sur l'édition d'Anna Karenina avec la rose en marque-page de Klara, deviendra l'illustration de cette relation amoureuse (et culturelle) anonyme qu'elle entretient, sans le savoir, avec Kraulik. Deux numéros ont leur importance dans le film : 304 est celui de la chambre où est hospitalisé Matuscheck après sa tentative de suicide et 237 est le casier à la Poste où Klara va chercher ses lettres. Même si le film se déroule essentiellement dans trois ou quatre décors (le magasin, l'hôpital, le café et la chambre de Klara), le hors-champ est évoqué (l'appartement de Pirovitch, celui de Matuscheck) mais la rue est aussi importante car c'est de là que viennent les clients, les spectateurs. Un ultime gros plan sur le bijou que Kraulik va offrir à Klara, et qui n'est déjà plus une bague de fiançailles. Le plan sur les jambes des deux amoureux.







dimanche 20 mars 2011
the shop around the corner (suite)
Dans la grande famille Matuschek, on a d'abord Joseph Schildkraut qui joue l'obséquieux Ferencz Vadas ; puis, le veule mais sympathique Felix Bressart qui interprète Pirovitch (après avoir été Bulianoff dans NINOTCHKA et Greenberg dans TO BE OR NOT TO BE) et, bien sûr, James Stewart, l'intègre Alfred Kralik ; on a ensuite Frank Morgan qui joue le paternaliste Hugo Matuschek (qui rejouera avec Stewart et Sullavan dans THE MORTAL STORM de Borzage) ; Margaret Sullavan est Klara Novak ; William Tracy est Pepi Katona (et il incarne le mythe de l'employé qui, commençant au bas de l'échelle, s'élève progressivement, et naturellement, dans l'entreprise).







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