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vendredi 23 décembre 2011

les cheyennes (4)





L'épisode de Dodge City intervient comme une respiration, pour soulager la tension des spectateurs. On y retrouve Elizabeth Allen en entraîneuse susceptible, Judson Pratt en maire expansif, James Stewart en Wyatt Earp et Arthur Kennedy en Doc Holliday.





Caroll Baker avait joué avec Widmark, Malden et Stewart dans HOW THE WEST WAS WON en 1962. Elle joue ici l'indestructible institutrice quaker qui va connaître les souffrances des Cheyennes en les accompagnant dans leur marche. J'aime beaucoup ce geste tendre sur l'épaule.

jeudi 22 décembre 2011

les cheyennes (3)






Le film montre toute une gamme de militaires, tous appartenant à l'US Cavalry, qui va du sergent poivrot polonais joué par Mike Mazurki, en passant par le major Braden interprété par George O'Brien, sans oublier l'intrépide lieutenant Scott qui veut tant tuer des indiens, joué par Patrick Wayne, le fils de son père, et qui changera d'avis au cours de la longue traque. Mais mes préférés sont deux modèles antinomiques, celui de l'humanité raisonnable incarné par Richard Widmark qui joue le capitaine Archer, et celui de l'obéissance aveugle du prussien capitaine Wessels interprété par Karl Malden. Le regard halluciné qu'il a en découvrant les victimes dues à la fuite des Cheyennes est un moment terrible. 







Derniers mots : le journal parle de 29 soldats tués alors que ce n'était que 9, et la voix-off raconte que le chiffre grimpa jusqu'à 59. Lorsque le tavernier voit arriver la troupe menée par Archer il change son prix en le doulant !

mardi 20 décembre 2011

les cheyennes


Ce film est selon moi un des monuments de Ford, même si c'est difficile de distinguer un film parmi tant d'autres. Mais il me tient à coeur car c'est celui dans lequel le vieux borgne a un peu remis les pendules à l'heure, sur le tard, et montré qu'elle avait aussi été l'attitude du peuple, des politiciens voire d'une partie de l'Armée à l'égard des nations indiennes humiliées par leurs défaites et par les promesses non tenues.


CHEYENNE AUTUMN fut réalisé en 1964 sur un scénario de Mari Sandoz et de James R. Wenn d'après le roman d'Howard Fast. La musique est d'Alex North et l'image est de William H. Clothier.


 Le tournage eut lieu dans l'Utah, dans l'Arches National Park et dans la réserve tribale navajo.


C'est un des ultimes films d'Edward G. Robinson (qui tournera encore huit ans et mourra peu après avoir fini SOYLENT GREEN), mais c'est important car son personnage incarne la moralité, l'éthique et l'intégrité d'un homme qui a su oublier sa carrière et avoir un geste envers les derniers Cheyennes. Il est la voix de Ford, et ce n'est pas pour rien qu'on le voit parler à ce portrait de Lincoln, l'un des présidents favoris de Ford.

mardi 3 mai 2011

la loi du silence


J'ai grandi dans la foi catholique et même si, depuis, j'ai totalement abandonné la religion pour l'athéisme le plus complet, j'en ai gardé certains restes. Je me souviens combien en particulier, j'avais été marqué par la vision du I CONFESS d'Alfred Hitchcock car il mettait en scène un prêtre catholique accusé de meurtre et ne pouvant prouver son innocence car le meurtrier lui avait confessé sa culpabilité. Cette puissance des voeux, la force du secret de la confession étaient une évidence pour l'enfant que j'étais, comme elles l'étaient pour Hitchcock, élevé par des Jésuites et pour qui les affres du Père Logan étaient très compréhensibles.
Le revoir, en adulte cinéphile (et donc athée) est une autre chose, mais le film n'en est pas moins formidable. La mécanique de la culpabilité, la volonté obstinée du policier (Karl Malden, excellent) à coincer le prêtre (on soupçonne une vieille rancoeur contre l'Egise même si elle n'est jamais évoquée), le chantâge à la lâcheté employé par le meurtrier lui-même (Otto E. Hasse), le jeu tout en retenue de Montgomery Clift, sans parler de l'utilisation du décor de la ville de Québec et du souci accordé aux cadrages, tout concorde à en faire un des meilleurs films d'Hitchcock.

Hitch faisant son apparition traditionnelle au début du film...






mardi 5 octobre 2010

billion dollar brain (suite)

Dans l'ordre : Karl Malden, Michael Caine, des soldats russes, le pied gauche de Françoise Dorléac, Ed Begley et à nouveau Ed Begley, de dos (dans un plan qui n'est pas sans rappeler, par une anticipation merveilleuse, Darth Vader face aux troupes impériales !)...






lundi 4 octobre 2010

billion dollar brain

Il y a une séquence géniale dans BILLION DOLLAR BRAIN qui démontre pourquoi Harry Palmer n'est pas James Bond (même si c'est Harry Saltzman qui l'a produit et Maurice Binder qui en a conçu le générique) : Palmer est réveillé par un employé de l'hôtel de Riga qui pousse une desserte avec des plats alors qu'il n'a rien commandé. C'est en fait le colonel Stock (voir FUNERAL IN BERLIN) qui vient ("incognito") le prévenir qu'il court un danger. Ils conversent toute en buvant tandis que le colonel quitte son déguisement pour enfiler son uniforme caché dans les plats. Pendant ce temps Palmer est en dessous longs comme seul en portait selon moi Charles Ingalls. Sauf qu'il les porte avec une classe toute britannique !
Troisième aventure du héros de Len Deighton, BILLION DOLLAR BRAIN est la plus barrée et ça doit être pour cela qu'elle a été réalisée par Ken Russell et produite par Andre De Toth, le réalisateur borgne célèbre pour son HOUSE OF WAX avec Vincent Price !
Le film est excessivement jouissif car il se paye le luxe de confronter dans une joyeuse désinvolture les univers de LeCarré (la Finlande, la Lettonie, les Soviétiques...), de James Bond (le milliardaire fou avec un plan diabolique et une armée cachée !) et d'offrir l'ultime occasion de se délecter de la beauté de Françoise Dorléac qui ne survit pas à cette année puisqu'elle mourut dans un accident d'autombile. A ce sujet, le plan de la voiture de Palmer sombrant dans les eaux gelées est assez glaçante pour le coup.
Deux mots encore : si vous êtes attentifs, vous repèrerez Donald Sutherland devant un ordinateur. Enfin, et là aucun besoin d'être attentif, attardez-vous cependant sur l'excellente musique qui accompagne le film avec un thème qui colle ensuite au palais ; elle est signée Richard Rodney Bennett et elle est juste splendide.