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samedi 18 août 2012

le dernier rivage...

"Un peu après, par hasard, Aonamé regarda à la télévision le film Le Dernier Rivage, diffusé tard dans la nuit. Un film américain qui datait des années soixante. Une guerre totale avait éclaté entre l'Amérique et l'Union soviétique. Une énorme quantité de missiles atomiques volaient superbement entre les continents comme des des bancs de poissons volants. La planète allait être subitement anéantie, le genre humain allait disparaître presque partout. Seule l'Australie était épargnée par la retombée des cendres radioactives mortelles grâce ç une certaine direction du vent. Toutefois, ce n'était qu'une question de temps avant que les cendres atteignent aussi ce continent. La destruction du genre humain était inévitable. Complètement impuissants, les survivants attendaient sur ces terres la fin imminente. Chacun vivait les derniers jours de sa vie sur un mode différent. Tel était le sujet du film. Un film sombre et désespérant. (Malgré tout, en le visionnant, Aonamé eut de nouveau la certitude que tout un chacun, au fond de soi, attend l'arrivée de la fin du monde.) Ah... voilà donc ce qu'éprouvaient les hommes en recevant un grand coup de pied dans les testicules, songeait-elle, alors qu'elle regardait Le Dernier Rivage seule au milieu de la nuit." 
Haruki Murakami, 1Q84, Livre 1, Belfond, traduction d'Hélène Morita

Décidément, ce roman est étonnant car non seulement semble-t-il prendre un malin plaisir à mêler les genres tout en distillant une délicieuse sensation de malaise à mesure que le récit progresse et que l'on commence à douter de tout comme son héroïne Aonamé. Mais quelle n'a pas été ma surprise de lire ce passage où il était question du film de Stanley Kramer dont j'ai déjà parlé ici (voir , puis , et encore , et enfin ).
Mais ce n'était pas la première fois que je trouvais une référence directe à ce film que j'aime beaucoup car j'en avais déjà trouvé une trace conséquente dans Julian de Robert Charles Wilson paru chez Denoël dans la collection Lunes d'encre. Le héros démiurge retrouvait le dernier film conservé sur pellicules et réussissait à se le projeter même si la copie était muette. Et ce film était donc Le Dernier Rivage, comme une métaphore de cette Amérique d'après la Chute.
Comme quoi, hein, il n'y a pas de coïncidences...

dimanche 12 août 2012

les délices de la vieille école...

"Je n'ai rien oublié... de ce qui ne fut pas."

Maurice Leblanc, "La vengeance de la Cagliostro"
in La vie et les aventures extraordinaires d'Arsène Lupin édité par Librio.

Je l'ai fini ce matin en buvant mon premier thé et ça aura été un régal jusqu'au bout. Plus qu'à tout relire Leblanc maintenant...

jeudi 26 juillet 2012

Spooner

"Quelques instant plus tard Calmer ouvrit le New Yorker à la page qu'il voulait montrer à Spooner, une nouvelle au ton impeccable de John Cheever sur un habitant d'une ville de banlieue qui décide un soir de rentrer chez lui à la nage, en passant par les piscines de ses voisins."

Pete Dexter, Spooner, p. 296, Points, P2802

Je suis en train de me régaler avec ce roman de Pete Dexter dont la verve n'est pas sans me rappeler celle des premiers romans de John Irving. La nouvelle de John Cheever dont il est question était intitulée The Swimmer, et fut effectivement publiée dans le New Yorker du 18 juillet 1964. Elle fut ensuite scénarisée par Eleanor Perry et portée à l'écran par son mari Frank en 1968.

vendredi 20 juillet 2012

l'autre journal, et autres raisons de lire...

Je suis un consommateur compulsif de chose écrite. J'achète des journaux, quotidiens, hebdomadaires, mensuels. Parfois je me lasse de certains et les abandonne, soit pour mieux les retrouver, soit comme des amis qui n'en sont plus et deviennent des fantômes. J'achète aussi des livres, pour moi, pour avant de dormir, pour si je suis coincé quelque part et ne pas me retrouver sans lire. Je lis aussi pour mon travail, pour faire lire. Il m'arrive de penser que, comme d'autres avant moi, je lis, et donc achète des livres, pour qu'ils continuent à exister, pour qu'on n'arrête pas d'en faire. Et c'est le même raisonnement pour les journaux. Je crois que, profondément, cela a à voir avec cette idée, piochée naguère dans le Malpertuis de Jean Ray, et qui voudrait que les Dieux aient disparu parce que les gens avaient cessé de croire en eux. SI l'on n'achète plus de livres, si on ne lit plus, les livres disparaîtrons j'en suis sûr. Hélas. 
J'ai toujours lu, autant que je m'en souvienne, surtout à compter de ce jour où ma mère m'a inscrit à la bibliothèque municipale qui se trouvait à proximité de mon collège. Elle me laissait libre de choisir ce que je voulais lire mais interdisait, dans ce choix-là (trois livres pour quinze jours), toute bande-dessinée. Il fallait que je lise, je venais d'entrer en sixième. J'ai donc attrapé le virus ainsi, et la maladie est devenue endémique parce que ma mère lisait elle aussi tout le temps, de tout et de rien, laissant traîner des livres partout dans l'appartement, y compris dans les toilettes. Et puis, après la municipale où j'allais à chaque fois avec une allégresse qui n'était pas sans rappeler les veilles de Noël, il y eut le Bibliobus et ce fut encore mieux. Certes il fallait encore aller jusqu'à l'endroit où il se garait mais la balade était brève et, là aussi, joyeuse. Je n'y allais pas seul non plus, mais avec mes soeurs et mon frère qui, eux aussi, à des degrés divers et différents, avaient aussi été très tôt affectés par la maladie. Après tout ils vivaient eux aussi dans un appartement jonché de livres. 
Plus tard, j'ai commencé à acheter des livres. D'abord d'occasion, des secondes mains dénichées aux puces, sur les marchés, chez des bouquinistes et j'adorais cela. Cela ne me gênait pas de savoir que le livre qui était désormais le mien, avait connu un autre propriétaire qui, sans que je puisse commencer à imaginer pourquoi, s'en était débarrassé. Seul comptait le fait que je le possédais à mon tour. Je n'ai jamais eu non plus de révérence excessive à leur endroit, les écornant, écrivant dans les marges, maltraitant les couvertures, les prêtant, les perdant et, surtout, les offrant à l'occasion. C'est resté une constante, peut-être pas complètement innocente de calcul économique, mais j'ai toujours aimé offrir en cadeau des livres que j'avais achetés pour moi. Cela continue de temps à autre mais je dois avouer aussi que ces dernières années j'ai eu tendance à griffer mes livres, pour me souvenir qu'ils étaient à moi, et seulement à moi. J'achète plus de livres que je n'en lis et j'en lis bien plus que je n'en achète car on m'en prête encore, on m'en offre et il y a même des éditeurs qui m'en proposent gracieusement en pensant que je leur en commanderai le moment venu. 
Mais à côté de ces livres qui s'empilent sur ma table de nuit, et que je lis au gré de mes humeurs, envies, hospitalisations et autres vacances, il y a encore et toujours les journaux. Et dans ce mot j'inclus aussi cette variété particulière, aujourd'hui qualifiée de mot-valise assez laid et signe des temps, anglo-saxon, qui est celui de mook pour magazine book. C'est une espèce étrange, toujours très soignée et agréable en main, et qui, du moins pour une des librairies où je m'approvisionne, rentre dans la catégorie des livres et donc de ma carte de fidélité. 
Petite parenthèse à ce sujet tiens, avant d'oublier. Je me souviens aussi comment, longtemps, étudiant à Toulouse, j'ai toujours eu deux ou trois cartes fétiches qui ne me quittaient pas et qui n'étaient ni celle d'identité officielle ou celle d'étudiant. Il y avait ma carte de donneur de sang, celle me permettant d'aller au cinoche sans payer pendant ces deux années où animateur de radio libre, je parlais de cinéma à l'antenne avec une impudence juvénile, et celle de la librairie Ombres blanches. Cette carte, à la différence des deux autres, avait cela de magique qu'une fois achevée, c'est-à-dire remplie, elle donnait droit à une ristourne sur l'achat suivant, celui qui ouvrait une nouvelle carte. J'attendais ce moment avec une délectation inouïe car j'adorais cette idée naïve et pour ainsi dire crédule, que la librairie me faisait là un cadeau alors que, et le système est le même dans les grandes surfaces, c'était un moyen de fidéliser leur clientèle et de pousser à la consommation. 
Or donc, les mooks. Aujourd'hui encore, à côté de la presse que je persiste à acheter alors que j'écoute la radio et visite régulièrement des sites d'informations, il y a plusieurs que j'achète et que j'aime à lire et à entasser en une pile précaire et mal assurée au pied de mon lit. Je pense ainsi au Tigre, à XXI et plus récemment au Feuilleton. Mais tous me renvoient à celui qui m'a fait aimer lire et ouvert des horizons qui n'ont jamais cessé de s'étendre même après sa disparition, L'Autre Journal. C'est pour lui que j'ai acheté et achète L'Impossible, le nouveau pari pascalien de Michel Butel. C'est pour lui qu'en avril, pour mes quarante cinq ans, je me suis offert le magnifique livre publié par les arènes et qui rend hommage à l'aventure de L'Autre Journal. C'est ce journal qui, entre autres personnages qui habitent toujours ma mémoire,  m'ont fait découvrir Hervé Guibert, Thomas Sankara, Francis Marmande et Ania Francos. Je me souviens qu'à l'époque je l'achetais avec avidité chaque semaine, le dévorais et, le samedi venu, en faisait une chronique absolument partiale et militante dans la première émission de radio libre à laquelle je participais et que dirigeais avec gourmandise un ami qui depuis a fait son chemin et officie encore sur France Culture. Ainsi, semaine après semaine, je disais à mes partenaires de tablée, aux rares (?) auditeurs, à ma mère qui était une auditrice fidèle, tout le bien que je pensais de tel article, de telle chronique, de tel entretien. Il y avait là une urgence, une évidence, une nécessité vitales que je ne discutais pas. Par la suite je me suis abonné mais c'était peu avant qu'il ne cesse de paraître et j'en ai d'autant plus porté le deuil que je venais  ainsi de m'engager, pas tant financièrement, que sensiblement. C'était comme de me faire larguer alors que j'étais, moi, amoureux. Mais c'était le contexte de l'époque qui voulait ça. 
Tout ça pour vous dire que je me suis mis à dévorer le livre-hommage en quelques jours, dans le jardin ensoleillé d'un couple d'amis en vadrouille dans le Sud, et pour qui je garde un oeil sur la palanquée féline qu'ils ne pouvaient pas emporter avec eux. Et là, dans le calme relatif de leur jardin à peine troublé par les moustique, les avions dans le ciel, les petits Parisiens de la maison d'en face et les tracteurs traversant le village, j'ai retrouvé cette vigueur, cette humanité et cette exigence esthétique et sensuelle qui animait L'Autre Journal, et ça m'a fait du bien. Pardon si j'ai été un peu long.

dimanche 29 mai 2011

de la propagande

Un des intérêts de KEEPER OF THE FLAME de Cukor est de poser clairement les limites de la fascination des foules et de leur manipulation. Quand le film est sorti les Etats-Unis étaient en guerre depuis un an seulement mais il y est beaucoup question de l'Allemagne, ainsi que de la France et de la Pologne. Lorsque Kerndon, le secrétaire, laisse entendre qu'il cherche du travail O'Malley lui conseille de s'adresser à une agence de publicité. Ce qui est en jeu ici, mais qui n'est pas dit tel quel, c'est l'importance prise depuis la Grande Guerre par l'utilisation de techniques et de méthodes pour influencer l'opinion publique. Le chantre de cette approche scientifique s'appelait Edward Bernays et son ouvrage, Propaganda, paru en 1928, et les autres, influencèrent durablement publicistes, politiciens et dictateurs. On sait que Goebbels était un fervent admirateur de son oeuvre.



Pour bien comprendre, son importance, quelques extraits de CHOMSKY & CIE, le film d'Olivier Hazan et Daniel Mermet dans lequel on voit Normand Baillargeon, l'auteur du Petit Manuel d'autodéfense intellectuelle explique de quoi il en retournait.



jeudi 21 octobre 2010

chagall en russie

Le dernier album de Joan Sfar est tout simplement magnifiquement débridé et joyeusement coloré.


vendredi 24 septembre 2010

fais pêter les basses bruno

Alors que la polémique sur HORS-LA-LOI de Bouchareb commence à faire frêmir d'un plaisir coupable les médias nationaux, la lecture de Fais péter les basses, Bruno ! se révèle aussi nécessaire que sans aucun rapport avec cette évocation liminaire d'une énième tempête médiatique dans un verre d'eau nauséabonde. Ecrite et mise en images par Baru* qui a pour cela reçu le Grand Prix d'Angoulême en 2010, l'histoire raconte, pour aller vite, un casse perpétré par des racailles de banlieue alliées, pour la circonstances, à de vieux briscards qui se sont connus lors de la Guerre d'Algérie. Cela donne un polar épatant qu'on lit d'une traite et que je conseille sans modération aucune.

ps : n'oubliez pas d'offrir à vos amis Vie de merde au boulot...

* à ne pas confondre avec le crocodile préhistorique australien du même nom...

mardi 14 septembre 2010

vie de merde au boulot !



Un peu de copinage : Mr Choubi est un ami dijonnais grand esthète musical et aussi illustrateur (comme celle qui le supporte et partage sa vie). Sa dernière bande-dessinée est disponible dans le commerce et étant fan des estrades dans les salles de cours pour les mêmes raisons je ne peux qu'en encourager et l'achat et la lecture !

jeudi 22 juillet 2010

è dolce far niente

Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas tombé de mon lit ce matin, preuve que, après trois semaines, le sevrage de cours commence à faire effet et que j'ai peut-être cassé le rythme.
Je suis allé au café, via ma librairie favorite, et j'y ai bu mon premier café en lisant Libération où je me suis régalé d'un article sur les gars du CERN qui cherchent toujours le boson de Higgs, mais aussi sur un projet, qui ne verra jamais le jour, de réserve naturelle en Equateur, dans un endroit qui recèle à la fois d'énormes réserves de pétrole et la plus grande biodiversité de la planète.
Puis j'ai été dans une autre librairie où j'ai acheté un carnet et Skin de Mo Hayder (Pocket n°14257), parce que c'est encore une aventure de Jack Caffery et alors que Rituel (Pocket n°11886) attend encore sur ma table de nuit... Je suis retourné au café dont la terrasse était toujours aussi calme en raison de la météo. J'y suis resté encore une bonne heure à écrire et commencer le Hayder qui, comme d'hab', a l'air banalement terrifiant, ce qui pomet.
Je suis enfin rentré pour préparer une salade composée pour le déjeuner en espérant que le soleil se décide à pointer son blaze.

mardi 13 juillet 2010

lire, lire et lire encore...

Alors que le numéro juillet-août de Causette vient tout juste de sortir pour vous empêcher de bronzer idiot quel que soit votre sexe, c'est à la lecture de Libération que je me suis attaqué ce matin quand bien même la maigreur anoréxique de son contenu, y compris en été, me désole à chaque fois davantage.
Comme chaque année (ou presque ?) le quotidien publie en feuilleton une bande-dessinée. Cette année c'est La position du tireur couché de Manchette mis en images par Tardi. C'est non seulement extra mais ça confirme une de mes théories perso selon laquelle la presse quotidienne aurait énormément à gagner à s'inspirer de ce que la même faisait au XIXe siècle lorsqu'elle publiait des auteurs comme Dumas en feuilleton. Je ne dis pas nécessairement une bande-dessinée (quoique...), mais un roman, ou de courtes nouvelles, y aurait de quoi faire pour fidéliser un lectorat rendu volatil par la faute d'internet.

"Quand Nora entra avec sa clef, il avait fini depuis longtemps ses rangements et lisait un roman de science-fiction."

Petite transition pour annoncer la nouvelle de l'été : un de mes livres préférés, La voie du couteau, le premier tome de La Théorie du chaos en marche de Patrick Ness vient enfin de sortir en poche. Alors même si je trouve l'édition brochée plus belle, ruez-vous y dessus, offrez-le autour de vous, allez-y vite !
Enfin, ça n'a rien à voir mais je trouve l'information étonnante, ce soir aura lieu, à Montpellier, la représentation de Les hauts de Hurlevent, opéra composé en 1951 par Bernard Herrmann, le grand faiseur de musique de films.

mercredi 16 juin 2010

comme un air de vacances

Ce matin j'ai pris le temps de me réveiller sans aucune assistance sonore autre que les oiseaux pépiant en veux-tu en voilà que le soleil était revenu, et que c'était pas dommage, et que les Brésiliens avaient été déçevants hier soir, et je vous en passe et des meilleures.

Du coup, je me suis préparé en vitesse et ai filé au marché sans allumer mon mac, événement rarissime qui m'a vraiment fait sentir que ça sentait les vacances. Faut aussi dire qu'il m'a fallut le temps de la douche pour réaliser qu'on était que mercredi et non samedi, alors...

Avant d'aller me réapprovisionner, j'ai fait une halte au café via le buraliste où j'ai enfin trouvé, outre Libé et L'Yonne républicaine, le n°1 de la version papier de Rue89. Je l'ai parcouru distraitement car vu la densité des articles je vais bien passer quelques heures en terrasse pour le lire en entier. C'est, avec Causette, la meilleure nouvelle journalistique sur papier de l'année.

dimanche 16 mai 2010

au marché...

Hier matin, c'était marché, sous un ciel laiteux, et tiède, incertain. Premier arrêt chez ma libraire favorite d'où je suis reparti avec la presse (Libé et L'Yonne républicaine) et de le dernier n° de Causette.

Puis deuxième arrêt au café pour en boire un en lisant ladite presse.

J'ai ensuite été remplir mes sacs de légumes, de fruits et autres produits aussi essentiels que des pignons de pin et du soja frais. J'y ai appris avec un pincement au coeur que la traiteur vietnamienne serait absente pendant quelques semaines en raison du décès imminent de sa mère. 


Enfin, je me suis rendu chez mon dealer favori découvert depuis peu et où je me fournis en dévédés bon marché. C'est aussi et surtout l'occase,  de parler de cinéma avec quelqu'un qui sait de quoi il parle. J'en suis reparti avec INNER SPACE de Dante que je n'avais pas et un Ringo Lam que je ne connaissais pas.

dimanche 2 mai 2010

presqu'été

Même si je lis l'anglais sans trop de difficultés, j'ai choisi d'attendre sa sortie française pour lire la suite de La voix du couteau [ The Knife Of Never Letting Go] de Patrick Ness au lieu de me dégotter l'original.  En même temps, j'avais d'autres livres à lire, beaucoup même qui n'en peuvent plus de s'entasser sur ma table de nuit au point que j'ai dû établir trois strates, la dernière étant programmée pour l'année 2011 ! Et puis aussi, j'aime avoir quelque chose de précis à chercher, même vainement, quand je vais dans des librairies parce que lorsque je trouve finalement l'objet en question c'est une joie à nulle autre pareille. La dernière raison c'est aussi que lorsqu'un auteur me plaît c'est aussi le plus souvent le travail du traducteur qui me plaît. Dans le cas de Ness il s'agit de Bruno Krebs qui est par ailleurs un auteur lui-même, en particulier de poèmes, ce qui est à mes yeux loin d'être anodin puisque lui-même dit de lui que "Si j'écris, c'est comme le dormeur respire."
J'ai donc enfin trouvé Le Cercle et la Flèche [The Ask and The Answer], le tome 2 de la trilogie du Chaos en marche. C'était mercredi dernier, jour du presqu'été, et j'étais ressorti pour aller corriger des copies en terrasse. Machinalement, je me suis d'abord arrêté dans la librairie qui jouxte le café où j'allais et, encore plus hasardeusement, j'ai été fouiner jusque dans des rayonnages où je ne vais jamais. Et c'est là que je les ai trouvés, comme cachés, pas du tout rangés à leur place ("Vous êtes sûr que c'est à classer en jeunesse ?") : trois exemplaires flambants neufs qui dormaient là depuis je ne sais combien de temps ! J'ai donc lu d'une traite, en terrasse, le prologue, curieusement intitulé "La fin" en ce qu'il marque la conclusion du précédent. Et puis je l'ai refermé et depuis j'attends. J'ai le temps.
J'avais aussi acheté le Siné Hebdo de la semaine car je savais que c'était le dernier, le numéro d'adieu. De fait je ne regrette pas mon achat car l'aventure aura été belle, insolente et agacée.


dimanche 25 avril 2010

lectures toulousaines (mais pas que)

Jeudi après-midi, en préambule aux conseils de discipline qui m'attendaient, je suis descendu dans le centre-ville de Joigny. Je me suis installé en terrasse et, là, pendant une bonne heure, j'ai siroté des cafés et des perriertranche en lisant Mindstar de Peter F. Hamilton. C'est le premier tome d'une saga d'anticipation, antérieure à celle de l'Aube de la nuit, et qui se déroule en Angleterre. C'est toujours aussi excitant de découvrir un nouveau Hamilton et puis ça me permet de me disraire de mon idée fixe du moment (enfin, ça fait des mois, mais bon là ça urge) : trouver le tome 2  de la Théorie du Chaos de Patrick Ness. Je me revois encore à Toulouse (où j'ai pas mal lu en terrasse aussi), pestant et rageant intérieurement, maudissant et vouant aux gémonies les librairies qui, non contentes de ne pas pouvoir me renseigner sur la date de sortie de Le Cercle et la Flêche, n'avaient même pas en rayon La voix du couteau alors que je voulais l'offrir à un ami...
Je continue toujours à lire le Trône de fer (j'en suis au tome 5 dans la version poche) et j'ai même offert le premier tome à un ami pour qu'il s'en régale vite fait bien fait, mais je me le réserve pour le coucher, pour accompagner mon endormissement.
Sinon, à Toulouse, on m'a aussi offert des livres !
Ainsi, mon hôte inhabituel m'a fait le présent du volume 5 de Les Cahiers d'Adèle, une revue littéraire toulousaine dans laquelle une nouvelle qu'il avait écrite pour l'occasion était publiée ! Son texte était épatant, très perturbant aussi car il y réussit à déstabiliser le lecteur plusieurs fois d'affilée, sans vraiment crier gare, dans un même mouvement qui file le vertige. Auguri Poky ! 
Et puis vu que c'était  mon anniversaire, ma soeurette m'a offert deux livres auxquels je n'aurais pas pensé et qui pourtant m'ont fait beaucoup plaisir : Mainstream est une réflexion sur la nature et l'importance de cette culture qui transcende les genres et plaît au plus grand nombre et qui, en grande partie, se trouve aussi être la mienne. Je suis curieux d'en apprendre plus, mais sa lecture devra attendre. Et tant mieux car c'est à ça qu'on reconnaît les meilleurs présents : leur persistance temporelle...
L'autre est sobrement intitulé L'art des séries télé et se propose de décrypter la réussite de celles-ci mais vues par le prisme d'une grille de lecture littéraire pas si banale et très enrichissante. Je l'ai bien attaqué, un peu par hasard, et aux toilettes. Et j'en suis très satisfait, d'autant plus que de prime abord, sans aucune modestie je ne pensais pas apprendre grand chose sur cette question et la vérité m'oblige à dire que je fais profil bas à chaque page que je tourne en en profitant d'autant mieux !

vendredi 16 avril 2010

lectures d'avril

Durant la petite semaine d'échappée belle toulousaine que je me suis octroyé, j'ai pas mal lu. Il faut dire que j'ai eu le temps et l'opportunité, ne serait-ce que le matin, en déjeunant, alors que les amis qui m'hébergeaient dormaient encore ; ou dans la journée, sur leur terrasse ensoleillée d'où j'ai ramené un hâle du plus bel effet. 













J'ai ainsi pu terminer, avec une délectation consommée, Le cantique de l'apocalypse joyeuse du finlandais Arto Paasilinna qui s'est révélé être une utopie picaresque bien plus passionnante  que l'apparente pochade qui m'avait attiré en premier lieu. C'est vraiment un petit bouquin que je conseille à tout le monde ; moi, ça m'a carrément donné envie d'aller en Finlande !













J'ai aussi lu, en quelques matins, entre deux cafés et deux carresses à la gente féline qui ne comprenait rien à mes éclats de rire, le Petit cours d'autodéfense intellectuelle du canadien Norman Baillargeon que j'ai découvert dans Là-bas si j'y suis et qui a tenu toutes ses promesses, et d'autres encore ; c'est un vademecum indispensable, une boussole morale que tout honnête personne se doit d'avoir. J'dis ça, j'dis rien, vous êtes grands...













J'ai lu les 4 premiers tomes de La Brigade Chimérique, publiée par l'Atalante, un de mes éditeurs favoris, écrite par deux auteurs de SF français respectables qui ont accouché d'une série steampunk truffée de références et réellement exictante et mise en images dans un style qui rend hommage à Mignolia. C'est un must du genre.












J'ai aussi trouvé le premier volume du Kick-Ass de Millar et Romita Jr que je voulais lire avant d'aller voir la version cinématographique. C'est trash comme du Millar, c'est-à-dire déconseillé aux enfants et à ceux qui n'aiment pas Tarantino, et c'est un bonheur de comic book. Je pèse mes mots car je suis un grand fan du travail de Romita Jr, surtout depuis son boulot sur Daredevil. 
Enfin, j'ai découvert Les cahiers d'Adèle, une revue littéraire toulousaine qui en est à son n° cinq et qui publie une nouvelle de Patrick Portet. C'était mon hôte pendant mon séjour toulousain et c'est un vieil ami, au sens que nous nous connaissons depuis des lustres. Sa nouvelle est un modèle de texte autobiographique pervers.


dimanche 7 mars 2010

à cheval

Hier matin, pour la première fois depuis, oh dison un an et des brouettes, je n'ai pas été au marché à pieds alors que j'étais à Joigny. Il faut dire que je devais ensuite me rendre au lycée pour, une fois n'est pas coutume, participer à une journée portes ouvertes. J'avais déjà testé l'idée générale la veille où un seul parent accompagné de sa progéniture préacnéique était venu déranger cette impression de flou artistique nimbant l'ennui profond dans lequel, mes collègues et les élèves volontaires présents étions plongés. Ce matin, entre neuf et onze heures, où j'ai plié les gaulles, je n'ai vu aucun parent.
En revanche, au marché où je m'étais arrêté auparavant, j'ai vu (sans pouvoir le photographier, zut !) un truc épatant : c'était un sac à dos noir, translucide, et dans lequel une femme trimballait son matou qui devait avoir un an, pas plus. A l'abri, en sécurité, et visiblement habitué, ledit félin n'avait pas l'air inquiet. Extra !


Sinon j'ai terminé L'écuyer mirobolant de Jérôme Garcin que j'avais fait durer autant que possible, me limitant à quelques pages chaque soir. Je n'avais jamais lu la prose de celui que je ne connais que par la radio mais j'étais tombé il y a peu sur un netretien qu'il avait donné à Eric Naulleau sur TPS Star et leur échange autour de cet Etienne Beudant, personnage réel romancé par Garcin, avait attiré ma curiosité. Je ne suis pourtant pas un afficionado de l'équitation, préférant mon cheval tartare ou grillé, ni même de la chose militaro-coloniale, mais ce roman m'a tout bonnement emballé par son discours comme par son style épuré et tempéré, à l'image de celui de Beudant avec ses chevaux. C'est un livre que je vous recommande donc très très chaudement.

ps : et d'ailleurs, des chevaux il y en aura ce soir sur Arte qui diffuse le chef-d'oeuvre de John Ford CHEYENNE AUTUMN [ Les Cheyennes, 1964] à 20h35 : Richard Widmark, Karl Malden, James Stewart, Edward G. Robinson, Ricardo Montalban...

vendredi 5 mars 2010

chez francisque + grandville

Je n'ai pas regardé le match de foot mercredi (j'en ignore même le résultat qui m'indiffère) alors j'en ai profité pour lire le premier tome de Chez Francisque de Lindingre (aux "brèves de comptoir" nauséabondes) et Larcenet (au crayon). Le résultat est terrifiant d'une justesse qui fait peur, surtout à quelques semaines d'un scrutin qui sent bon le terroir, celui dans lequel on regrette toujours d'avoir marché. Je l'avais trouvé le même jour que Blast, écrit et dessiné par Larcenet qui, en revanche, est une monumentale claque graphique et narrative dont j'ai grand hâte de lire la suite. Je lance d'ailleurs solennellement un avertissement à Manu Larcenet : monsieur, étant un de vos grands fans depuis Bill Baroud, je vous enjoins instamment de surveiller tant votre hygiène de vie que vos déplacements de façon à ne pas mettre en péril l'achèvement de votre oeuvre. Merci d'avance !

Le cas de Grandville de Bryan Talbot est tout différent mais pas moins intéressant pour tous les bédéphiles. Il m'a rappelé, toutes proportions – et genres différents – gardées, Le dernier des Templiers (dont j'ai déjà parlé ici) en ce sens que des animaux y incarnent des personnages qu'on attendraient humains et qu'on se contente de deviner dans l'un, alors qu'ils existent chez Talbot mais sont une sous-espèe mineure guère digne d'intérêt, ce qui est assez savoureux. Sinon, en plus d'être animalier, le récit est uchronique et steampunk, mêlant l'univers de Conan Doyle avec la violence graphique de Quentin Tarantino tout en évoquant Benjamin Rabier. La fin du livre est édifiante car elle détaille, images à l'appui, les sources d'influences de l'auteur, comme dans les bonus d'un dvd.

dimanche 28 février 2010

dimanche éolien

J'ai été réveillé par le vent qui semble s'échauffer ce qui m'inquièterait un peu mais on verra bien.
Je vais en profiter pour corriger mon dernier tas de copies et finir l'excellent L'écuyer mirobolant de Jérôme Garcin.

ps : en me connectant à Facebook je découvre que Cécilia et Nicolas ont eu un samedi bien rempli puisque leur premier, Gaël, est né à 23h48 : auguri à tous les trois, et surtout à Céci ! ! !

samedi 27 février 2010

rip jean-claude maréchal




































J'ai acheté ces trois excellentes bd pendant les vacances de février. Il me semble même que c'était le jeudi 18, dans l'après-midi. J'étais allé à Auxerre pour y faire une razzia culturelle, c'est-à-dire me dégotter des bd fraîches et des dvd d'occasion. Sur le retour, en redescendant vers le boulevard où était garée ma tire via les petites rues, je suis passé par la rue du Pont. du coup, j'ai fait un ultime crochet par la Librairie de la Pieuvre où j'ai enfin pu mettre la main sur le Blast de Larcenet ainsi que sur les deux autres, dont j'ignorais la sortie et pour lesquels la surprise fut totale et joyeuse. Je connaissais cette librairie, petite, presque sombre, tenue par un vieux barbu hirsutement sympathique qui fumait tout en rangeant ses livres avec un plaisir évident. J'avais parlé de Larcenet avec lui. J'ai découvert, hier matin, qu'il était mort jeudi, d'une crise cardiaque. Il s'appelait Jean-Claude Maréchal.

vendredi 26 février 2010

wallander !



Diffusion ce soir sur Arte de Wallander, La muraille invivisble, le deuxième téléfilm germano-britannique adaptant l'oeuvre de Henning Mankell avec Kenneth Branagh magistral dans le rôle titre.