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vendredi 18 mars 2011

la dernière chasse (fin)









la dernière chasse (suite)









la dernière chasse


C'est un peu par hasard que je suis tombé sur THE LAST HUNT, le western écrit et réalisé par Richard Brooks en 1956 d'après un roman de Milton Lott.
En effet, j'ai été attiré par la présence de deux de mes comédiens fétiches dans la distribution, Stewart Granger et Debra Paget.
J'ignorais jusque-là que Granger, le flamboyant héros de SCARAMOUCHE, de THE PRISONER OF ZENDA ou de KING SOLOMON'S MINES avait tourné un western. Et en cherchant, j'ai découvert qu'il en avait fait d'autres : THE WILD NORTH (Andrew Marton, 1952), GUN GLORY (Roy Rowland, 1957) et NORTH TO ALASKA (Henry Hattaway, 1960). Pire, lors de son exil européen, il a ensuite participé à trois westerns allemands aux côtés de Pierre Brice dans UNTER GEIERN (Alfred Vohrer, 1964), DER ÖLPRINZ (Harald Philipp, 19-65) et OLD SUREHAND (Alfred Vohrer, 1965) !
Il est opposé ici à Robert Taylor avec qui il avait déjà joué dans ALL THE BROTHERS WERE VALIANT de Richard Thorpe en 1953. Taylor incarne ici un sale type, psychopathe (son goût du meurtre est bel et bien pathologique) qui ne peut que mal finir. A des années lumière de la figure héroïque et positive qu'il avait toujours incarnée. Deux ans plus tard il tournera PARTY GIRL.
Entre les deux, il y a donc Debra Paget qui joue une indienne (Sioux ? Dakota ?) sauvée par Taylor (après qu'il ait tué les Indiens qui étaient avec elle) qui en fait sa femme. Elle va devenir le point de crispation entre les deux hommes, Granger excédé de la voir maltraitée et Taylor jaloux et inapte à ressentir des sentiments. Elle fut l'un de mes premiers émois cinéphiliques en danseuse hindoue dans les deux films de Fritz Lang, DER TIGER VON ESCHNAPUR et DAS INDISCHE GRABMAL.
Mais les personnages périphériques sont essentiels : Lloyd Nolan incarne Woodfoot, l'ami de McKenzie, vieux briscard qui a connu Wild Bill Hicock, et qui finit par mourir en riant. Et puis il y a surtout la redécouverte d'un comédien, Russ Tamblyn. Il avait alors 22 ans et tournait depuis l'âge de 14 ans. Il joue un métis indien pourtant rouquin et en butte au racisme ordinaire et qui est tiraillé entre son envie de faire partie du monde des Blancs et son respect des traditions indiennes dans lesquelles il a été élevé. Il n'avait pas encore tourné WEST SIDE STORY mais il avait déjà une sacrée présence à l'écran.

samedi 10 juillet 2010

moonfleet (fin)





moonfleet (suite)







moonfleet

MOONFLEET [Les contrebandiers du Moonfleet, 1955] est pour moi l'un des plus beaux films du monde et l'un des meilleurs de Fritz Lang. Boudé par la critique à sa sortie, ignoré par les dirigeants de la MGM (qui imposèrent une fin différente à Lang), le film ne gagna ses titres de noblesses qu'une dizaine d'années plus tard. C'est en particulier à Lang lui-même qu'on doit de bien connaître ce qu'il a voulu faire avec MOONFLEET car il fit cadeau à la Cinémathèque française des scénarios du film annotés de sa main. C'est ce que l'on apprend dans LES MESSAGES DE FRITZ LANG, le film de Bernard Eisenschitz qui se trouve en bonus et qui éclaire la genèse du film avec une affection et une minutie essentielles.
Tout me plaît encore dans MOONFLEET, y compris le fait que Stewart Granger, le héros de ma jeunesse, y incarne un type odieux, un salaud mondain, une ordure raffinée qui ne se rachète qu'in extremis, en mentant jusqu'au bout à John Mohune, symbole d'une innocence et d'une probité absolues.
Le travail sur les décors est une tuerie, car hormis les scènes de plage, tout est réalisé dans le plus grand décor de la MGM sous la supervision de l'unique Cedric Gibbons.











lundi 21 juin 2010

les mines du roi salomon

Au commencement, il y a eu le film, KING'S SOLOMON MINES, réalisé en 1950 par Compton Bennett et Andrew Marton, et que je découvris à la téloche (aux bons soins de P. Brion, de Claude Jean-Philippe ou d'Eddy Mitchell, je ne me rappelle plus). J'en gardais un  souvenir intensément vivant, en technicolor, dans lequel le héros aurait à jamais la classe de Stewart Granger et l'héroïne la rousseur de Deborah Kerr
Je ne savais pas alors que le film avait été filmé à une époque où l'Afrique était encore colonisée par les Européens et que cette iconographie mi-hergéenne, mi-Banania véhiculée par la MGM était encore largement admise.
Ensuite, bien des années plus tard, il y eut la découverte du roman original, Les Mines du Roi Salomon écrit en 1885 par Henry Rider Haggard, dans l'ouvrage de la collection Bouquins réunissant toute l'oeuvre mettant en scène Quattermain et Ayesha : Elle-qui-doit-être-obéie (ISBN : 2-221-04659-5).
Depuis il y a eu bien d'autres versions, toutes les plus navrantes les unes que les autres car après tout ce temps, cette deuxième version (après celle de Robert Stevenson en 1937) demeure la meilleure et la plus réussie.










vendredi 18 juin 2010

le prisonnier de zenda

THE PRISONER OF ZENDA (Richard Thorpe, 1952) est probablement mon film de cape et d'épée préféré pour deux raisons et demi.
Primo, le rôle principal est tenu par l'une des idoles de ma jeunesse, Stewart Granger, le héros de SCARAMOUCHE et le seul vrai Alan Quatermain, celui de KING'S SOLOMON MINES ; mais aussi, plus tard, du sublime MOONFLEET de Fritz Lang. Il joue ici deux rôles et son interprétation toute britannique d'un monarque austro-hongrois est un classique du genre.
Secundo, le rôle du méchant est jouissivement interprété par le grand James Mason qui venait de jouer dans le 5 FINGERS [L'affaire Cicéron] de J. Mankiewicz (que je tiens pour son meilleur film, à Mason, j'veux dire). Il est ici d'un machiavélisme réjouissant.
Enfin, le film est splendide, que ce soit dans les décors (Cedric Gibbons étant aux commandes, MGM oblige) ou dans le charme flamboyant de Deborah Kerr.