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mercredi 9 février 2011

shangai joe (suite)

La galerie des patibulaires : Claudio Undari, Gordon Mitchell, Giacomo Rossi-Stuart, Klaus Kinski et Katsutoshi Mikuriya.





mardi 8 février 2011

shangai joe

"Il faut frapper l'ennemi à l'endroit sensible…"

IL MIO NOME È SHANGAI JOE est réalisé en 1974 par Mario Calano sur un scénario qu'il a coécrit avec Carl Alberto Alfieri.
Un chinois (Chen Lee) fraîchement arrivé aux Etats-Unis se retrouvent au beau milieu du Texas. Là, après un certain nombre de péripéties, il humilie un propriétaire terrien, Piero Lulli (qui était le shérif dans IL MIO NOME È NESSUNO de Tonino Valerii) qui fait entrer des peones clandestinement. Celui-ci met alors sa tête à prix. Chin Hao, que tous appellent, au mieux, Shangai Joe (quand ils ne l'insultent pas avec une pauvreté langagière du niveau de leur racisme ordinaire), va devoir affronter tour à tour un joueur de cartes, Giacomo Rossi-Stuart (joua dans le ZORRO de Tessari en 1975 et avant cela dans THE LAST MAN ON EARTH de Ragona en 1964 ; c'est le père de Kim Rossi-Stuart), un tueur ingénieux, Gordon Mitchell (improvisa la chanson en tournant la scène où il affronte Chin Hao. Ce comédien américain fut d'abord, après la Seconde Guerre mondiale, professeur de lycée puis bodybuilder. Lors de ses funérailles, un parterre d'anciens hommes forts tels que Lou Ferrigno et Arnold Schwarzeneger étaient présents.), un psychopathe qui scalpe ses victimes, (Klaus Kinski) ; et, pour finir, un condisciple chinois (Katsutoshi Mikuriya).
Il sera aidé par une jeune Mexicaine (Carla Romanelli) dont il a sauvé le père, et par son habileté aux arts martiaux. Mais il la laisse derrière lui pour aller suivre son destin comme un crétin de héros.
Film curieux, poussiéreux même, dyu fait du nombre de plans en caméra subjective (ça sent la caméra à l'épaule) ne laissant apparaître au premier plan qu'une arme ou qu'un poing ; mais aussi de sa bande-son, mélange de bruitages et de musique typiques des westerns spaghettis et de celles des films d'arts martiaux de ces années-là. Le cadrage, plutôt le décadrage systématique, associé à une série de gros plans, entretiennent une mise en scène très inventive qui ne se laisse enfermer ni dans les codes du western, ni dans ceux des films d'arts martiaux. Au contraire, le film semble être une variation gore des deux genres, ce qui donne des scènes qui furent censurées lors de sa sortie en France comme l'énucléation de Tricky.

Je conseille aux amateurs la lecture de la critique du film sur le site de Sueurs froides et la vision du EL KARATE, EL COLT Y EL IMPOSTOR de Antonio Margheriti.

ps : j'avais oublié l'argument essentiel de ma démonstration qui est que j'ai regardé le film jusqu'au bout en dépit du fait qu'il était dans une vf accablante...





samedi 4 septembre 2010

sentence de mort

Deux hommes, épuisés, titubent dans un désert, sous un soleil de plomb. L'un poursuit en fait l'autre ; il a de l'eau, l'autre n'a que ses revolvers. C'est le premier des quatre hommes que Cash (Robin Clarke, très eastwoodien) a décidé de tuer pour venger son frère qu'ils ont assassiné. Il y aura ensuite Montéro, un joueur professionnel, le frère Baldwin (Adolfo Celi, hilarant) un pseudo-prédicateur et O'Hara (Tomas Milian), un chef de bande albinos obsédé par l'or et les blondes.
SENTENZA DI MORTE pensé, écrit et réalisé par Mario Lanfranchi en 1968 est un exercice de style réussi sur le mode de la vengeance, avec cette âpreté et cette absence de glamour caractéristique des films italiens de genre.
Le choix des décors, en particulier des paysages (sûrement des carrières pour la plupart), renvoie à une idée de désolation, de sécheresse, de décrépitude nihilistique qui va bien avec le sujet.
La distribution est aussi épatante : Richard Conte, qui interprète Diaz, était un natif du New Jersey venu à la comédie grâce à Elia Kazan ; en 1972, il joua Don Barzini dans THE GODFATHER. Quant à Tomas Milian un Cubain, il passa par l'Actor Studio et Broadway mais c'est en Italie qu'il fit carrière jusque dans les années 80 avant de revenir aux Etats-Unis.

nb : je repense à une scène où Cash extrait de sa jambe une balle, à l'aide d'un silex, car il ne lui reste qu'une douille trouvée pour pouvoir tuer son ennemi : irréel et d'autant plus savoureux que durant tout le film il tire sans jamais recharger son arme !








jeudi 11 février 2010

la burte, le colt et le karaté

"Dakota ! son of a lady who passes favors for profit...
– Say son of a bitch, it's quicker !"

Découvert par hasard et pour à peine cinq euros une édition bien fichue de EL KARATE, EL COLT Y EL IMPOSTOR d'Antonio Margheriti (qui tourna presque toute sa carrière sous le pseudo de Anthony M. Dawson), alias LA BRUTE, LE COLT ET LE KARATÉ (1974) avec dans les rôles principaux Lee Van Cleef et Lo Lieh!
C'est donc sur le papier l'improbable croisement du western spaghetti et du film de kung fu. ce qu'on appellera western chop suey ou western soja. Mais ce n'est pas en fait la première incursion de la Chine dans un western puisque, trois ans plus tôt, Terence Young faisait jouer Alain Delon, Charles Bronson et Toshiro Mifune dans SOLEIL ROUGE. Et n'oublions pas que la série Kung Fu, commencée en 1972 se prolongea jusqu'en 1975... Mais il faudra ensuite attendre 1997 pour voir Jet Li débarquer dans l'Amérique du far-west (ONCE UPON A TIME IN CHINA AND AMERICA de Sammo Hung !) et 2000 pour que Jackie Chan s'associe à Owen Wilson (SHANGAI NOON de Tom Dey).



Cette longue digression avait pour but de vous montrer la place et l'importance du film de Margheriti car en 1974 Van Cleef était une star du western, ayant joué en 1966 dans IL BUONO, IL BRUTTO, IL CATTIVO de Leone (d'où le titre qui joue sur la ressemblance) tandis que Lo Lieh était une star à Hong Kong depuis LA MAIN DE FER (Tian Xia Di Yi Quan) de Chung Chang-hwa en 1972.
Les deux auront pourtant des carrières bien différentes : Van Cleef ne fera ensuite qu'un vrai bon film, le ESCAPE FROM NEW YORK de Carpenter alors Lieh tournera jusqu'à la fin en enchaînant des films comme un bon stakhanoviste chinois (près de cinq films par an en moyenne en trente sept ans de carrière !).



Au début du film (voir la vidéo ci-dessus), on voit Lee Van Cleef disparaître dans un nuage de vapeur, ce qui étrangement est une anticipation de son personnage de ninja dans The Master (L'homme au katana), la pathétique et calamiteuse série dans laquelle il jouera dix ans plus tard.
Dans la séquence suivante on le suit entrer dans une banque et en fracturer le coffre. Enfin plutôt les coffres car après avoir ouvert la première porte, il en trouve une autre sur laquelle est apposée une photographie en noir et blanc. La caméra fait un fondu sur l'image qui prend des couleurs et révèle que les fesses que l'on voyait appartiennent à une jeune femme rousse et qu'un dénommé Wang lui a tatoué quelque chose sur, justement, les fesses. Van Cleef ouvre la seconde porte et trouve une autre porte et une autre photo. Re-fondu et re-flashback et une autre paire de fesses en couleurs, aussi tatouées par Wang. Et ainsi de suite pour que, deux autres paires de fesses tatouées plus tard Wang ne meure. Quid de sa fortune qui n'était pas dans l'ultime coffre.
La séquence suivante (après j'arrête, promis) nous transporte dans une Chine made in Shaw Brothers (où des comédiens chinois parlent un anglais de Palestiniens, ce qui est moins choquant que le fait qu'ils parlent anglais entre eux, ce qui est très très curieux).
On y découvre le neveu de Wang, joué par Lo Lieh qui, pour sauver sa famille de l'ire du seigneur local qui avait confié des fonds à Wang, va devoir aller aux Etats-Unis les retrouver. Et, évidemment, c'est un maître en arts martiaux. C'est tout simplement impeccable, jusqu'à la musique. Rien à jeter, une pépite vous disais-je !
Et puis, dernier clin d'oeil mais plus contemporain : Antonio Margheriti est le pseudo italien choisi par Tarantino pour la couverture de son Lt Aldo Raines dans INGLORIOUS BASTERDS ; les deux autres sont moins évidents : si Enzo Gorlomi peut faire penser à Enzo Girolami, un des pseudo de Enzo G. Castellari (l'immortel rélisateur de I GUERRIERI DEL BRONX), en revanche je n'ai pas d'idée pour Dominick Decocco.