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dimanche 15 janvier 2012

un frisson dans la nuit


PLAY MISTY FOR ME est la première réalisation de Clint Eastwood d'après un scénario de Jo Heims et de Dean Riesner. C'était aussi la première fois en 1970 qu'un film montrait la folie d'une femme dérangée harcelant un homme avec autant d'acharnement et de malice, ce qui ne fait un classique qui a très bien vieilli et qui fait froid dans le dos.


C'est son ami réalisateur Don Siegel qui lui mit le pied à l'étrier et qui accepta même de faire un brin de figuration en interprétant Murphy, le barman de la Sardine Factory.


Pour interpréter la cinglée qui n'en a pas l'air Eastwood fit appel à Jessica Walter dont la performance est très réussie même si son rôle l'oblige à flirter avec le cabotinage et d'en faire trop, ce qu'elle ne fait pas. La manière qu'elle a de passer du calme à la folie, en quelques secondes, est saisissant.


Pour jouer Tobie, il engagea la jeune Donna Mills et il eut là aussi bien raison !


Un exemple de la folie saccageuse d'Evelyn : la maison de Dave telle que découverte par Birdie.


Un exemple de moment de paix et de sensualité bucolique qui permet au spectateur de respirer tout en se disant que ça va recommencer et qu'il n'en a pas fini avec cette folasse d'Evelyn...


L'extrait d'Annabel Lee, le poème d'Edgar Allan Poe qui met la puce à l'oreille de Dave...

ps : le film, tourné à Carmel en Californie, est aussi un film sur le jazz, la grande passion de Clint Eastwood. D'où, bien sûr, le fait qu'il passe des disques de jazz à la radio, que sa femme de ménage s'appelle Birdie (The Bird était le surnom de Charlie Parker), d'où le passage quasi-documentaire au festival de jazz de Monterey et d'où, last but not least, le choix de Misty d'Errol Garner comme leitmotiv entêtant et hitchcockien au film.

vendredi 30 décembre 2011

les proies












THE BEGUILED est réalisé en 1971 par Don Siegel sur un scénario de John B. Sherry et Grimes Grice. Difficile de le qualifier de western tant les codes en sont absents, ni même de film de guerre. C'est un film à part et qui s'inscrit pourtant dans une dynamique animée par Eastwood puisqu'auparavant Siegel l'avait dirigé dans TWO MULES FOR SISTER SARA et qu'il le redirigera encore, avec le poids que l'on sait, dans DIRTY HARRY. Mais le film vaut avant tout pour ce personnage de caporal nordiste blessé recueilli par une enfant qui ramasse des champignons (la très juste Pamelyn Ferdin) qui le ramène dans le pensionnat de jeunes filles sudistes où elle vit. Là, au fur et à mesure de sa convalescence, le caporal va jouer de son charme et du trouble qu'il inspire à plusieurs des pensionnaires, dont le professeur (Elizabeth Hartman) et la directrice (Geraldine Page) et la jeune émoustillée Carol (Jo Ann Harris) pour se rendre indispensable. Sauf que les choses ne vont pas aller comme prévu. Et au final, c'est le gynécée qui va décider de la mise à mort de l'intrus trop envahissant en s'attaquant à son pêché mignon, les champignons. C'est donc l'un des rares films de l'époque où Eastwood meurt avec la satisfaction du spectateur qui a appris à détester son personnage de vil séducteur, de menteur et de bonimenteur. Une expérience assez étrange mise en musique, évidemment, par Lalo Schifrin. A recommander.

mercredi 28 décembre 2011

la sanction











THE EIGER SANCTION est réalisé en 1975 par Clint Eastwood sur un scénario d'Hal Dresner, Warren Murphy et Rod Whitaker. Eastwood y est Jonathan Hemlock, un professeur d'université qui a longtemps été un assassin pour une mystérieuse organisation dirigée par un albinos (Thayer David). Celui-ci lui demande de reprendre du service pour éliminer les assassins d'un ami, d'abord à Zurich puis au cours d'une ascension de l'Eiger. Cela oblige Hemlock à se remettre en forme dans le somptueux décor de Monument Valley, cornaqué par un ami d'escalade (George Kennedy) et sa fille (Brenda Venus). Entre temps il aura aussi rencontré la séduisante Jemima Brown (Vonetta McGee) et réglé son compte à un ancien ennemi (Jack Cassidy). 
Curieusement, alors que le film fait presque deux heures, on ne découvre l'Eiger qu'au bout d'une bonne heure. Les séquences de Monument Valley sont à couper le souffle, tout comme celle des Alpes par ailleurs. Tout le suspense réside dans le fait que Hemlock ne connaît pas sa cible et doit la découvrir durant l'ascension ! C'est donc à la fois un film d'espionnage, d'action, de montagne, qui ne s'embarrasse pas des faux-semblants qui séviront dans les décennies suivantes. Et puis on y voit Eastwood faire l'amour à une noire et à une amérindienne, ce qui est un chouette plaidoyer interacial. Un bon petit film à redécouvrir. 

ps : j'allais oublier que c'est aussi le seul Eastwood mis en musique par John Williams.

jeudi 10 novembre 2011

l'homme des hautes plaines (suite)









Clint Eastwood réalise HIGH PLAINS DRIFTER après JOE KIDD et juste avant BREEZY. On verra d'ailleurs dans une scène de ce dernier l'affiche d'HIGH PLAINS DRIFTER...
Il obtint des studios qu'on construise ex nihilo la ville de Lago près du Mono Lake en Californie, dans ce cadre si atypique pour un western qui du coup sent l'iode.
Il y a cette réplique que je trouve magnifique : "You're gonna look awfully silly with that knife sticking up your ass." 
Pour la petite histoire, il paraît qu'après le film il avait écrit à John Wayne pour lui proposer de faire un film avec lui. Le Duke lui aurait répondu par une lettre ulcérée dans laquelle il l'accusait d'avoir un film obscène car trop violent et dépeignant un Ouest qui ne ressemblait pas au sien. Eastwood ne lui répondit pas et ils ne travaillèrent donc pas ensemble.

mercredi 9 novembre 2011

l'homme des hautes plaines


HIGH PLAINS DRIFTER est réalisé en1973 par Clint Eastwood sur un scénario d'Ernest Tidyman et Dean Riesner.

Ernest Tidyman est aussi le scénariste de FRENCH CONNECTION. Quant à la musique, flippante à souhait, elle a été composée par Dee Barton, celui qui oeuvra sur PLAY MISTY FOR ME.



Le très bon Billy Curtis dans le rôle de Mordecai qui va pour un temps devenir shériff/maire.


La Jézabel de Lago, Callie Travers est jouée toute en hystérie par Marianna Hill qui jouera ensuite Deanna Corleone dans la seconde partie de THE GODFATHER.


Une partie des notables de Lago, dont Walter Barnes en shériff pleutre...


Eastwood a fait appel à son ami Buddy Van Horn pour jouer le rôle du marshall ; celui-ci le dirigera à son tour dans ANY WICH WAY TOU CAN, THE DEAD POOL et PINK CADILLAC



Geoffrey Lewis


Dan Vadis


Anthony James



Et lui, l'aviez-vous reconnu ? Non ? C'est Richard Bull dans le rôle d'Asa Goodwin, le croque-mort. Il passera à la postérité en incarnant l'épicier Nels Olson dans Little House on the Prairie.

dimanche 1 mai 2011

breezy

"Frank, would you mind very much if I loved you ?"

BREEZY est le troisième film réalisé en 1973 par Clint Eastwood, d'après un scénario de Jo Heims qui écrira aussi celui de PLAY MISTY FOR ME pour lui.
Eatswood n'y joue aucun rôle mais il apparaît pourtant deux fois : en figurant accoudé à la balustrade, lors de la scène où Frank et Breezy sont sur la promenade, et sur l'affiche du film qu'ils vont voir ensemble et qui est HIGH PLAINS DRIFTER, sa précédente réalisation.
Bercé par la musique de Michel Legrand (la chanson du film étant interprétée par Shelby Flint), le film raconte l'improbable rencontre amoureuse entre un agent immobilier quinquagénaire vivant seul et une jeune hippie heureuse de vivre mais qui veut désespérément aimer et être aimée. Lui, c'est William Holden, un an après THE WILD BUNCH, livrant pacifiquement son dernier combat amoureux, et il faut voir son cynisme voler en éclat sous les assauts de Breezy. Elle, c'est Kay Lenz, ingénue, à l'image de cette jeunesse de ces années-là. Leur couple ne nous choque pas plus ni moins qu'à cette époque. Je me souviens comment moi il m'avait étonné au sens où je m'étais alors dit que c'était une bonne chose de savoir que l'amour pouvait encore frapper aussi tard. J'étais moi aussi ingénu alors.