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dimanche 1 août 2010

un homme est mort

Réalisé en 1971 par Jacques Deray sur un scénario de Jean-Claude Carrière, Ian McLellan Hunter et Deray, UN HOMME EST MORT est le pendant étatsunien de RIFIFI A TOKYO. Cet exotisme (que rend bien le titre américain, The Outside Man) n'est pourtant pas assumé par la version française (la seule disponible sur le dvd) qui fait parler tout le monde en français. J'ai regretté cette absence de décalage linguistique qui donne la fausse impression que le "Français" parle l'anglo-américain courramment. L'autre petit bémol que je ferais c'est le fait qu'on ne voit pas assez Angie Dickinson, et que ça c'est quand même du gâchis !
En revanche, fidèle à sa réputation de filmeur de villes, Deray s'en paye une bonne tranche avec Los Angeles et ce n'est pas pour rien que le film commence par une série de plans aériens montrant la ville et ses autoroutes écrasées par la chaleur.
Côté acteurs c'est parfait car le "duo" Trintignant-Scheider (qui se retrouveront aussi dans L'ATTENTAT de Boisset) fonctionne très bien. Scheider n'avait pas encore la stature internationale que lui donneront JAWS et MARATHON MAN mais il a déjà cette détermination qui en fait un archétype westernien.
Et puis il y a Ann-Margret, qui cherche la rédemption auprès de ce drôle de Français, et qui est du coup assez émouvante.
Trois anecdotes pour finir : primo, dans le centre commercial, l'employé qui accueille Angie Dickinson est joué par John Hillerman qui sera plus tard Higgins dans Magnum, PI. Secundo, le jeune garçon qui se prend deux claques est joué par Jackie Earle Haley qui sera, bien des années plus tard, Rorschach dans THE WATCHMEN ! Tertio, la série que regarde Trintignant avec son otage est Star Trek qui ne sera diffusé en France qu'une dizaine d'années plus tard !







samedi 31 juillet 2010

rififi à tokyo

Edité par Cité Films (dans un packaging comprenant aussi UN HOMME EST MORT, à lire prochainement !) RIFIFI A TOKYO est un polar étonnant réalisé en 1961 par Jacques Deray au Japon, sur un scénario de José Giovanni adaptant une intrigue d'Auguste Le Breton.
L'histoire est basique : le casse d'une banque (organisé par Charles Vanel) pour dérober une énorme pierre précieuse requiert les compétences techniques d'un ingénieur (Vitold) accompagné de sa femme (Barbara Lass) à qui un vétéran de Corée parlant nippon (Carl Böhm) va servir de guide. On sait dès le début que ça ne va pas bien finir, car il y a ce parfum d'inéluctabilité dramatique, comme chez Verneuil et Melville, mais on suit jusqu'au bout, tenus en haleine par les bons mots de Giovanni, parfois absurdes. Deray avait voulu filmer Tokyo et il s'en est donné à coeur joie, à tel point qu'on se demande pourquoi il n'y a pas eu davantage de films français tournés là-bas.
Carl Böhm, qui fut le François-Joseph de la série des SISSI, venait de jouer dans le PEEPING TOM de Powell et il incarne ici un truand très convaincant et très sportif. Il se lia avec Barbara Lass qu'il épousa peu de temps après la sortie du film et le divorce de celle-ci d'avec Roman Polanski !
La majorité de l'équipe technique était japonaise (très belle photo de Tadashi Aramaki) et, d'ailleurs, tous les dialogues japonais ne sont même pas sous-titrés ce qui donne une agréable étrangeté au film, un véritable exotisme, comme dans cette scène où cet acteur autrichien vient tailler la bavette avec un chef yakuza dans une salle de jeu et à laquelle, du coup, on ne comprend rien, sinon l'intention !
A noter, enfin, que deux des comédiens japonais, Keiko Kishi (la soeur) et Eiji Okada (Riquet) seront du casting de THE YAKUZA de Pollack en 1974.