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dimanche 13 mars 2011

l'enfer est pour les héros (suite)










l'enfer est pour les héros

Tourné en 1962 alors que les Etats-Unis étaient de plus en plus impliqués au Viêt Nâm, HELL IS FOR HEROES de Don Siegel est une parabole antimilitariste sur l'absurdité de la guerre. Coécrit par Richard Carr et Rober Pirosh d'après le roman de ce dernier, le film raconte l'assaut d'un bunker par un escadron de l'US Army, sur la ligne Siegfried en 1944.
Ni l'importance éventuelle de cette action ni le moment où le lieu importent ici. Ces hommes n'ont qu'une idée fixe, rentrer chez eux, voire quitter l'Europe pour les Etats-Unis pour ce jeune Polonais sans attaches qui représente à lui tout seul tous les immigrants qui ont fait ce pays. Et à part ça, il n'y a que la survie, obéir ou ne pas obéir aux ordres. Et c'est parce qu'il a du mal à obéir aux ordres et à ne pas trouver tout cela absurde que Reese (Steve McQueen, étonnant dans ce rôle) va s'inventer des ordres et finira par entraîner la mort de deux camarades avant de se sacrifier le moment venu.
Don Siegel accepta de faire le film à condition de le rendre dramatique, ce qu'il est, alors qu'il devrait être beaucoup plus léger, ce qui explique la présence de Bobby Darin (Corby) et du comique Bob Newhart. A la place, Siegel a tourné un quasi-documentaire âpre et dérangeant qui est bien loin de l'héroïsme patriotique de THE LONGEST DAY tourné la même année, et qui embarrassa la Paramount au point qu'elle refusa de rallonger le budget, obligeant Siegel à conclure son fil abruptement faute de pellicule supplémentaire pour le terminer autrement !
La musique épique de Leonard Rosenman est du coup forcément cynique, ce qui renforce la tonalité dramatique du film.








dimanche 30 janvier 2011

making of the thomas crown affair

C'était une époque où il n'y avait non seulement pas de bonus de blu-ray ou de dvd, ni même de vhs, mais seulement du film sur pellicule. On tournait alors parfois sur les tournages pour pouvoir faire de la promotion à la télévision. Ça a donc un côté désuet et redonne l'impression de voyager dans le temps tout en montrant ces icônes passées d'une manière moins convenue.




Merci à Forgotten Silver pour l'info !

lundi 8 novembre 2010

tom horn

Le film commence par une inscription blanche sur fond noir annonçant une histoire vraie ("Based on a true story"). Cette histoire , c'est 'Life of Tom Horne, Govenment Scout and Interpreter, Written by Himself' adapté pour le cinéma par Thomas McGuane (MISSOURI BREAKS) et Bud Shake, et finalement* réalisé par William Wiard. Elle n'est d'ailleurs toujours pas éteinte car la toile regorge de supporters qui veulent que Tom Horn soit réhabilité et disculpé du meurtre pour lequel il fut pendu.
Avant-dernier film de McQuueen, TOM HORNE est totalement désabusé. Il y a d'ailleurs quelque chose de Peckinpah dans ce personnage attaché à sa liberté, à l'espace et à ses règles simples qui renvoie à ce que fut l'Ouest de la conquête, celui qui fut beaucoup moins reluisant que les westerns des années d'or ne le montrèrent. Ce que le film montre, comme Cimino le fit à sa manière dans HEAVEN'S GATE, c'est comment les Etats-Unis ont été établis par des propriétaires fonciers et des capitaines d'industrie sans scrupules et dont l'argent achetait tout. Dans un dialogue savoureux, un marshall répond à Horn que le chèque qui arrive à temps est la seule différence entre un assassin et un marshall.
S'il donne le (presque) beau rôle à McQueen (aussi producteur), la réalité du personnage fut plutôt celle d'un tueur efficace et sans états d'âme (un peu comme le Muny de UNFORGIVEN). Reste que la composition de McQueen est impressionnante, surtout de retenue. Autour de lui, quelques visages connus émergent : celui de Richard Farnsworth, qui joue John Coble (c'est lui qui jouera pour Lynch dans THE STRAIGHT STORY). Le palefrenier du début est joué par Elisha Cook Jr., un vétéran qui avait commencé à travailler au cinéma en 1930 ! Il y a bien sûr Linda Evans, assez séduisante en institutrice, et à des années-lumière du glamour télévisé qu'on lui associe. Enfin, même s'il n'a droit qu'à quelques minutes, il y a la prestation de Geoffrey Lewis en procureur.

* McQueen voulait Don Siegel mais cela ne put se faire et comme les syndicats refusaient qu'il filme lui-même, il fit appel à Wiard, un réalisateur de la télévision.






vendredi 22 octobre 2010

le chasseur

"Are you hungry ? Hmmm, horny..."

Steve McQueen ne pouvait pas rêver mieux que THE HUNTER comme ultime film. Réalisé par Buzz Kulik en 1980, le film est un vide-greniers cinématographique de la carrière de McQueen : si son personnage traverse le pays en tous sens, il revient toujours à San Francisco, ville qui lui porta chance en 1968 avec BULLITT. Grand pilote devant l'éternel ("Racing is life. Anything before or after us just waiting."), il conduit atrocement mal durant tout le film, ne réussissant jamais à se garer correctement, martyrisant les boîtes de vitesse et ruinant une Transam ! Vingt ans après l'avoir rencontré dans THE SEVEN MAGNIFICENT, il retrouve aussi Eli Walach. Il a même une courte scène avec Ben Johnson, figure incontournable des westerns, présents dans tous les Peckinpah, y compris THE GETAWAY.
D'ailleurs, vous pouvez aussi reconnaître Kevin Hagen en joueur de poker : c'était le docteur Baker dans Little House in the prairie ; ou Levar Burton qui venait juste d'être découvert dans Racines et qui deviendra ensuite mondialement connu en tant que Lieutenant LaForge dans Star Trek: The Next Generation.
En revanche je doute que, comme moi, vous n'ayez jamais eu vent de Kathryn Harrold (sauf pour les fans de RAW DEAL aka Le Contrat) alors qu'elle est y délicieusement enceinte.
Je m'en voudrais d'oublier la partition de Michel Legrand (qui avait, souvenez-vous, composé celle de THE THOMAS CROWN AFFAIR) qui cède pourtant la place à Charles Bersntein pour la poursuite de Chicago.
Le film est enfin l'adaptation, par Ted Leighton et Peter Hyams du livre de Christopher Keane et du roman éponyme de Ralph 'Papa' Thorson (qui joue le barman habillé en noir et rouge !), c'est-à-dire l'histoire d'un homme du passé perdu dans une modernité déboussolante.
Steve McQueen est mort, peu de temps après, à 50 ans, d'un arrêt cardiaque dans un hôpital de Ciudad Juarez : une mort à la Sam Peckinpah...





samedi 25 septembre 2010

guet-apens

"You're full of 'ifs'... So are you, baby."

Réalisé en 1972 sur un scénario de Walter Hill adaptant un roman de Jim Thompson par un Sam Peckinpah qui avait visiblement encore du ressort THE GETAWAY (1972) est l'un de mes films favoris pour une pléthore de raisons (dont cette introduction n'est pas la moindre) que je vous livre dans le désordre où elles me reviennent.
Primo, donc, la distribution est une merveille : Steve McQueen y trouve l'un de ses meilleurs rôles en incarnant un type assez désagréable avec une classe qui nous empêche cependant de le trouver antipathique. McQueen sortait du flop de LE MANS et n'avait pas encore connu le succès grâce à PAPILLON ; le film de Peckinpah est d'autant plus une parenthèse inédite. Au passage il initie, dans la scène du train, une méthode d'endormissement que, fallacieusement, comme tant d'autres, je croyais avoir été inventée par Schwarzeneger dans COMMANDO.
Secundo, ensuite, la distribution : Ali MacGraw, beauté diaphane brune (car le vrai méchant n'aime que les blondes), est une vraie garce, prête à tout pour son homme. La preuve, elle épousera ensuite Steve McQueen et retournera avec Peckinpah dans CONVOY. On  retrouve aussi Ben Johnson, un habitué qui était déjà de MAJOR DUNDEE, WILL PENNY et THE WILD BUNCH.
Tertio, l'histoire n'est pas celle que l'on croit. Loin d'être la cavale (sans issue ?) de nouveaux Bonnie & Clyde au Texas, le film raconte plutôt comment un couple essaye de se reconstruire en dépit des outrages du temps (l'incarcération de Doc), les mauvaises surprises et les avanies de l'existence. Il a du coup une amertume inattendue et une mélancolie amère qui ne sont pas sans rappeler celles de TWO FOR THE ROAD de Stanley Donen réalisé en 1967.
Quarto, la musique composée par Quincy Jones est assez discrète quoique totalement dans son époque ; les parties jouées à l'harmonica sont assurées par le grand Toots Thielemans !
Quinto, le film a été tourné au Texas mais se termine au Mexique et peut, comme tous les autres films de Peckinpah (hormis CROSS OF IRON ?) comme un western suivant le même sillon entamé dans MAJOR DUNDEE. Il tournera ensuite quelques films dont BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA !
Sexto, Walter Hill commencera sa carrière de cinéaste trois ans plus tard en réalisant HARSH TIMES avec Charles Bronson !

jeudi 8 juillet 2010

le mans

En juin 1970 Steve McQueen profite de l'édition des 24 heures du Mans pour réaliser son rêve : piloter une voiture dans un film ayant pour cadre la course : ce sera LE MANS.
Mais comme les assurances refusent le risque il doit se contenter de figuration et de plan de coupe. Il reviendra, à ses frais, au cours de l'été, louera le circuit, des pilotes, des voitures et des mécaniciens et retournera des scènes de course. C'est ainsi que son nom apparaît aussi au générique dans la liste des pilotes.
Le film qui devait être réalisé par John Sturges et écrit par Harry Kleiner qui avait écrit BULLITT, fut un calvaire en raison des caprices de McQueen ; Sturges quitta le tournage et il fut remplacé par un vétéran de la téloche, Lee H. Katzin. De fait, à le revoir, en particulier toute la séquence précédant le départ de la course, le film s'apparente davantage à un reportage sur le phénomène de la course avec McQueen dedans et la musique de Michel Legrand. Une curiosité.






jeudi 20 mai 2010

La canonnière du Yang Tse Kiang (suite)








Candice Bergen






Richard Crenna






Richard Attenborough, Emmanuelle Arsan







Mako






McQueen
Le casting de THE SAND PEBBLES est extra car outre McQueen, on y retrouve, pêle-mêle, Richard Attenborough, pas encore Sir mais déjà cinéaste, Emmanuelle Arsan, l'auteure des romans érotiques éponymes, Richard Crenna en capitaine pas encore colonel Trautman, Gavin McLeod en marin et pas encore capitaine du Pacific Princess, Simon Oakland, Mako , de son vrai nom Makoto Iwamatsu et, dans le rôle de Bronson, Joe Turkel qui, quelques années plus tard sera le Dr Tyrell dans BLADE RUNNER !
La musique de Jerry Goldsmith est splendide, à la fois très picturale et lyrique.