Affichage des articles dont le libellé est Joel McCrea. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Joel McCrea. Afficher tous les articles

vendredi 4 mars 2011

coups de feu dans la sierra (fin)

Randolph Scott et Joel McCrea...









coups de feu dans la sierra (suite)

R. G. Armstrong, Ron Starr embrassant Mariette Hartley, la même épousant James Drury, puis avec Warren Oates...








coups de feu dans la sierra


"All I want is enter my house justified."








RIDE THE HIGH COUNTRY est réalisé en 1962 par Sam Peckinpah sur un scénario qu'il a coécrit avec N. B. Stone Jr. et Robert Creighton Williams.
Sept ans avant le TRUE GRIT d'Hattaway, il met en scène deux vieux gardiens de l'ordre, Randolph Scott (Gil Westrum) qui avait 64 ans et dont ce fut l'ultime film, et Joel McCrea (Steve Judd), 57 ans qui, en compagnie d'un jeune plein de sève joué par Ron Starr* (Heck Longtree) acceptent de convoyer l'or de mineurs jusqu'à la banque.
En chemin ils passent la nuit chez un fermier rigoriste (R. G. Armstrong) qui élève seul sa fille Elsa (Mariette Hartley) dans la crainte de Dieu et des hommes. Un proverbe biblique est encadré sur un des murs qui peut se traduire par "Quand vient l'orgueil, la honte vient aussi ; mais la sagesse est avec les hommes modestes." et la tombe de sa femme est aussi pourvue d'une citation de l'Ancien Testament qui fait froid dans le dos : "Je te jugerai comme on juge les femmes adultères et celles qui répandent le sang, et je ferai de toi une victime dansante de la fureur et de la jalousie." (Ezéchiel,16:38)
La jeune Elsa rejoint les trois hommes le lendemain, pour la plus grande joie de Heck qui est vite rafraîchie en apprenant qu'elle veut lier retrouver Billy Hammond (James Drury), un mineur, pour l'épouser.
La famille Hammond se compose de quatre autres frères (John Anderson, L.Q. Jones, Warren Oates et John Davis Chandler), tous bien décidés à profiter des atours d'Elsa quand Billy sera ivre. Le mariage a lieu dans le bordel du campement, sous les auspices alcoolisés d'un juge de paix (Edgar Buchanan).
Ce film, le deuxième de Peckinpah, est essentiel pour comprendre le reste de son oeuvre car tous ses thèmes s'y retrouvent, de la difficulté à vivre la transformation du pays (McCrea évitant une automobile de justesse au début), la perte des repères et des valeurs incarnés par les deux vieux marshals, la nostalgie d'un pays ouvert, colonisé par des croyants (le fermier Knudsen) et des brigands (la famille Hammond).
La scène où Billy, puis ses frères essaient de violer Elsa est même une anticipation de STRAW DOGS. Revoir, vieillis, mais encore dignes et intègres, Scott et McCrea est à seule l'une des raisons essentielles de voir ce film. En les filmant Peckinpah rend hommage à tous ses prédécesseurs, payant ainsi son tribut au genre de façon à pouvoir, ensuite, s'en libérer et le filmer à sa manière.
C'est aussi l'occasion de découvrir des têtes qui deviendront ensuite familières chez Peckinpah, qu'il s'agisse de R.G. Armstrong que l'on retrouvera dans MAJOR DUNDEE (en compagnie de L.Q. Jones, Warren Oates et John Davis Chandler), CABLE HOGUE et PAT GARRETT & BILLY THE KID (avec aussi L.Q. Jones) ; Oates et Jones se retrouveront aussi dans THE WILD BUNCH et Oates sera finalement le héros de BRING ME THE HEAD OF ALFREDO GARCIA.
Le chef-opérateur est déjà le grand Lucien Ballard et il s'est manifestement régalé avec le Cinémascope.
C'est après avoir vu ce film que Charlton Heston décida de jouer dans MAJOR DUNDEE.

* Il eut une liaison avec l'actrice Meg Foster de laquelle ils eurent un fils, Christopher, que l'on peut voir jouer l'enfant des Tanner dans OSTERMAN WEEKEND, film de Sam Peckinpah !

mardi 28 septembre 2010

les voyages de sullivan

Il y a finalement quelque chose d'absolument chaplinesque dans le SULLIVAN'S TRAVELS de Preston Sturges même si la filiation initiale semble être à rechercher du côté de Capra. Ecrit et réalisé par Sturges (homme à femmes éclectique qui fut inventeur et écrivain avant de devenir scénariste puis metteur en scène), le film est à la fois une parabole humaniste généreuse, une comédie pétaradante et un hymne au cinéma en tant que vecteur de bonne humeur dans un monde qui part à vaut-l'eau.
On pourrait, cyniquement, reprocher à Sturges de valider, à sa manière (mais Capra ne faisait-il pas de même ?) le modèle américain de société dans lequel la pauvreté est considéré comme une fatalité biblique ou une maladie contagieuse, mais ça serait faire bien peu de cas de son succès. Il faut en effet voir ce film, comme il faut voir Capra et Chaplin pour comprendre que, oui, comme le dit Sullivan, le cinéma peut aider à faire comprendre le monde et à le changer, même si, pour commencer, il peut faire rire et, ce faisant, donner du plaisir aux gens.
La séquence de la projection dans cette église perdue dans les marais, avec ces bagnards rentrant lentement au son de 'Let My People Go' entonné par les paroissiens noirs avant que tous, unis dans la même communion, rient de bon coeur aux malheurs de Pluto est une merveille du genre.
Sinon, bien sûr, il y a le duo Joel McCrea-Veronica Lake qui ne participe pas qu'un peu au charme du film et à son efficacité. Joel McCrea, star du western qui en tourna jusqu'à sa mort, est ici aussi à l'aise qu'un Cary Grant. Mais la palme revient à la jeune (elle n'avait que 18 ans au moment du tournage) et petite Veronica Lake qui interprète cette mystérieuse apprentie comédienne (qui rêve de rencontrer Lubitsch !) qui va sauver Sullivan de lui-même. Elle est tout simplement merveilleuse.