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mercredi 19 janvier 2011

destination zebra

"Do you mind son we're trying to think…"

ICE STATION ZEBRA est un film réalisé en 1968 par John Sturges sur un scénario de Douglas Heyes d'après le roman à succès d'Alistair MacLean (auteur de WHERE EAGLES DARE et de BREAKHEART PASS).
C'est un pur film de guerre froide, au sens propre (au pôle Nord !) et figuré (course entre Américains et Soviétiques) et un grand film de sous-marin. J'adore les films de sous-marins même si, comme le personnage de Vaslov, je suis claustrophobe et que cette passion ne va pas jusqu'à apprécier les mauvais films..
C'est aussi film très masculin (on n'y voit aucune femme), tout en testostérone, rigueur militaire et cynisme d'espions.
On y retrouve Rock Hudson (Commandant Ferraday) le spécialiste des comédies sentimentales telles que MAN'S FAVORITE SPORT? de Hawks en 1964, avait aussi joué dans GIANT et dans deux des plus beaux mélos de Sirk, ALL THAT HEAVEN ALLOWS et WRITTEN ON THE WIND. Le rôle avait été refusé par Charlton Heston et Gregory Peck avant lui. Il est très efficace et très américain.
Il s'oppose dans le film à l'espion britannique de service incarné par Patrick MacGoohan (Jones) était alors en train de tourner Le Prisonnier alors du coup deux épisodes furent modifiés pour lui dégager du temps, "Do Not Forsake Me Oh My Darling" et "The Girl Who Was Death" (The Prisoner 1.13 et 1.15). Et même si MacGoohan a toujours refusé d'admettre que le Number 6 était John Drake on ne peut qu'être amusé lorsque son personnage, ironiquement, traduit le "dazvidanié" du colonel russe par "until we met again" qui n'est pas loin du "be seeing you" de la série. Il est sinon extra et détestable à souhait.
Deux "Russes", l'un joué par Ernest Borgnine (Vaslov) qui retrouvait Sturges, treize ans après BAD DAY AT BLACK ROCK ; et Alf Kjellin (Colonell Ostrovsky) était un comédien suédois qui fit ses débuts à Hollywood en 1949 sous le pseudo de Christopher Kent. Il travailla surtout à la télévision, comme acteur et réalisateur. Il joua dans SOMMARLEK (Jeux d'été) de Bergman.
Sinon il y a aussi Jim Brown (Capitaine Anders) l'ancien joueur de foot qui venait de faire THE DIRTY DOZEN, et Tony Bill (Lieutenant Walker) comédien devenu depuis réalisateur (notamment de FLYBOYS en 2006).
Le sous-marin est l'USS Ronquill(SS-396) rebaptisé 509.
La musique, curieusement lyrique, est signée Michel Legrand.

ps : comme le film dure 2h25, il y a une coupure autour d'1h17, avec une entr'acte de deux minutes.
pps : en bonus, le documentaire, THE MAN WHO MAKES THE DIFFERENCE consacré à John M. Stephens, le responsable des prises de vue sous-marine est épatant quoique très très hagiographique.
ppps : le premier sous-marin nucléaire états-unien fut l'USS Nautilus (SSN-571), commandé en 1951 et inauguré en 1954. Il fut le premier à naviguer sous la calotte glaciaire du pôle Nord le 3 août 1958. Il resta en activité jusqu'en 1980. C'est depuis un musée.








samedi 15 janvier 2011

un homme est passé

Formidable western psychologique qui cache bien son jeu, BAD DAY AT BLACK ROCK (Un homme est passé) a été réalisé (en Cinémascope, une première pour l'époque) par John Sturges en 1955 sur un scénario de Millard Kaufman (qui signa celui de DEADLY IS THE FEMALE de J. H. Lewis à la place de Dalton Trumbo ostracisé).
Ainsi, avant THE SEVEN MAGNIFICENT et THE GREAT ESCAPE il y avait donc eu ce film âpre et sec sur l'honneur, le courage, la lâcheté et la rédemption, thèmes qui nourriront tous ses films et qui sont ici magnifiés.
Petit grand film qui ne paye pas de mine, avec une histoire qui n'est pas sans rappeler HIGH NOON avec une dose de volontarisme qui évoque des cinéastes comme Capra et Preston Sturges, son auguste homonyme. Parce que, en 1955, mettre la question japonaise au centre d'un récit grand public, c'était quand même gonflé.
Choisir Spencer Tracy, le "héros" du FURY de Lang (dans lequel jouait aussi Walter Brennan, l'interprète de Doc !), comédien populaire et respecté était aussi une trouvaille audacieuse.
Et puis il y a aussi Smith, incarné avec arrogance par le grand Robert Ryan, médiéval en diable dans son fief californien, avec sa troupe de veules sbires (Lee Marvin et Ernest Borgnine). La scène où Tracy règle son compte à Borgnine alors qu'il n'a qu'un bras valide est digne des grands films hongkongais de Chang Cheh !
Je n'oublie pas non plus la regrettée Anne Francis, morte le 2 janvier dernier, et qui demeurera à jamais l'Altaira de FORBIDDEN PLANET.
Son frère, joué par John Ericson, refera équipe avec Dean Jagger (le shérif) dans FORTY GUNS de Samuel Fuller.
Je m'en voudrais d'oublier la composition lyrique d'André Prévin, d'habitude cantonné aux comédies légères, et qui trouve des accents à la Elmer Bernstein.