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lundi 21 janvier 2013

rip michael winner



C'est avec tristesse que je découvre le décès de Michael Winner, immense réalisateur des années 70.

dimanche 12 juin 2011

l'homme de la loi (suite)


Un accessoire plutôt incongru qui n'est pas sans rappeler le cornet de Tournesol...


Albert Salmi


Richard Jordan


Lee J. Cobb


l'épée de Gidéon..
.

samedi 11 juin 2011

L'homme de la loi

"There is no 'just once'..."

Quelques années avant de basculer du côté obscur de la vengeance, le grand cinéaste Michael Winner livrait en 1971 un de ses plus beaux films : LAWMAN.
Ecrit par Gerald Wilson avec qui il collaborera ensuite pour CHATO'S LAND et SCORPIO, ce film n'est pas un western anodin mais bien une pièce supplémentaire dans cette ultime partie que joue un genre agonisant entre les mains d'homme comme Sam Pechinpah, Arthur Penn, ou encore Sidney Pollack. Le titre français ne rend d'ailleurs pas justice au caractère immarcescible de son personnage qui incarne la loi dans ce territoire encore sauvage avec une détermination qui n'a d'égale (par anticipation un peu outrée j'en conviens) avec le Judge Dredd ou le Terminator. Et d'ailleurs, le personnage de Maddox dit bien, à un moment, "I'll be back !"...
Dans le rôle de celui qui va mener sa mission avec la rectitude du doigt de Dieu (même s'il se dit non-croyant !), Burt Lancaster, deux ans avant SCORPIO et trois ans après THE SWIMMER, en pleine forme tout en portant bien son âge et son personnage sans état d'âme (ou presque).
Pour l'aider, bien malgré lui, il y a Robert Ryan, en marshal fatigué, comme si son personnage de THE WILD BUNCH s'était posé dans une ville et avait décidé de ne plus s'en faire. Il y a aussi, et surtout, cet énigmatique tenancier de bordel et joueur de cartes, se déplaçant en béquilles, et portant bien, qui est joué par John Wiseman vu dans THE UNFORGIVEN et passé à la postérité pour avoir été le Dr No !
Face à eux, en vieux patriarche terrien respectueux de la terre et des indiens (la patte de Wilson ça !), le grand Lee J. Cobb, son fils, joué par John Beck, sans oublier Robert Duvall, Albert Salmi, et Richard Jordan. Ce dernier, dont c'était le premier film, restera dans les mémoires des fans de SF pour avoir incarné Francis dans LOGAN'S RUN et Duncan Idaho dans le DUNE de Lynch.
Et j'oubliais l'argument à mes yeux, que dis-je, mes oreilles, imparable : c'est l'immense Jerry Fielding qui a composé la musique du film !







vendredi 14 janvier 2011

scorpio

"To dinosaurs !…"

SCORPIO réalisé en 1973 par Michael Winner sur un scénario de David W. Rintels et Gerald Wilson (CHATO'S LAND).
C'est un film indispensable pour tous les amateurs d'espionnage, de Delon et de Lancaster. C'était encore les belles années de Winner, celles d'avant DEATH WISH, et de CHATO'S LAND et de THE MECHANIC.
L'histoire est celle d'une relation trouble et contrariée entre un vieux maître espion (Lancaster) et son jeune apprenti tueur (Delon). Le premier a connu la Seconde Guerre et participé à la libération des camps de la mort ; le second a été lieutenant parachutiste en Algérie et y a appris le goût du sang. Tout se complique quand la CIA demande au Français, Scorpio, de tuer son mentor, Cross. Le reste est à la fois une chasse à l'homme mais surtout un jeu de pistes qui évoque Le Carré.
C'est un véritable régal, en particulier au niveau de l'interprétation.
Lancaster est impeccable et alerte à 60 ans passés, et l'ancien acrobate de cirque en avait encore dans les bras comme on le voit dans la séquence viennoise.
Delon qui, cette même année, tourna DEUX HOMMES DANS LA VILLE de José Giovanni, est totalement crédible lorsqu'il joue en anglais. Son personnage, très loin de ceux de Melville, m'a plutôt rappelé celui d'Alan Ladd dans THIS GUN FOR HIRE (Frank Tuttle, 1941) car il aime les chats.
On retrouve aussi Gayle Hunnicutt (Susan) qui sera en 1984 Irene Adler dans l'épisode "A Scandal in Bohemia" (The Adventures of Sherlock Holmes, 1.01) ; James Sikking (Harris) rendu célèbre par Hill Street Blues ; John Colicos (McLeod) qui sera, cinq ans plus tard, l'infâme Baltar dans Battlestar Galactica ; Vladek Sheybal (Zemetkin) fut trois ans plus tard Zarcardu dans "Cat Amongst the Pigeons" (The New Avengers, 1.05) ; Paul Scofield (Zharkov) avait joué avec Lancaster dans THE TRAIN de John Frankenheimer en 1964.
C'est aussi une formidable musique de Jerry Fielding qui signe là une oeuvre assez éloignée de ses compositions jazz (comme celle de THE GAUNTLET par exemple) mais trouve des sonorités à la Lalo Schifrin tout en gardant une patte inimitable.





jeudi 2 décembre 2010

les collines de la terreur

Film étonnant qui marque le début de la prolifique collaboration entre Michael Winner et Charles Bronson, CHATO'S LAND (bêtement retiré Les collines de la terreur en vf) est un western âpre et sans concession qui se conclut par un fondu au noir, sans générique, à l'image du sentiment qui domine : la brutalité.
Pardon Chato est un métis ("breed" en vo) d'Apache et de Blanc qui, un peu par accident (il voulait boire un coup dans un saloon) tue un shérif. Une bande de Blancs menée par un ancien capitaine sudiste (Jack Palance, formidable) commence à s'agréger dans le but de retrouver et de pendre Chato. Mais cette virée va vite se transformer en débâcle à mesure que les Blancs se retrouvent piégés en terre apache, traqués sans merci par Chato dont ils ont violé la femme. Bien plus qu'un western, le film est aussi une réflexion plutôt franche et brutale sur la sauvagerie, les plus bas instincts (le meurtre, le viol) et comment on les justifie, le racisme (anti-indiens et métis), la notion de propriété (l'un des Blancs dit que la terre serait bien mieux sans les Indiens alors que ce sont les Blancs qui les en ont chassés), mais aussi la lâcheté et les rapports de domination dans un groupe. Film psychologique donc, duquel la société blanche ne ressort pas grandie, et qui faité écho aux débats qui traversaient la société étatsunienne de l'époque, quelques années à peine après la lutte pour les droits civiques. Le film a été écrit par Gerard Wilson qui avait écrit le précédent Winner et en écrira d'autres ensuite (comme le SCORPIO avec Delon).
Chato, c'est bien évidement Bronson, impressionnant de par son physique mais aussi sa manière de se déplacer, féline et aérienne. Il incarne la vengeance avec une évidence qui fait froid dans le dos.
Outre Palance, je retiendrai les trois comédiens qui incarnent les frères Hooker, qui cristallisent à eux trois toutes les tares des Blancs : Simon Oakland est Jubal : il est surtout connu de ma génération pour son rôle titre dans Les têtes brûlées (Baa Baa Black Sheep ) mais les cinéphiles se souviennent qu'il a aussi eu une carrière au cinéma (notamment en jouant dans BULLITT, TONY ROME, et THE SAND PEBBLES). Richard Jordan est Earl : il restera pour les fans l'interprète de Duncan Idaho dans le DUNE de Lynch. Ralph Waite est Elias : c'est l'acteur vu récemment jouer le père de Gibbs dans NCIS.
On retrouve aussi, dans le rôle de Martin Hall, Victor French qui incarna longtemps ce personnage barbu à la grosse voix dans La petite maison dans la prairie (et qui fit ensuite équipe avec Landon dans Les routes du paradis aka Highway to Heaven) .
La musique, enfin, est signée du grand Jerry Fielding.
Deux choses encore. La magie du cinéma est toute entière contenue dans une information simple : le film a été tourné en Espagne, près d'Almeria, mais on est pourtant persuadé d'être en pays apache. Dans une scène Chato tue un serpent à sonnette pour en faire un jouet pour son fils et c'est là toute l'ingéniosité de Wilson qui apparaît puisqu'il nous apprend que Chato est un père et qu'il est suffisamment sûr de lui pour s'attaquer à un tel animal sans y être obligé.





mardi 2 novembre 2010

le flingueur

"See Naples… and die !"

C'est une coïncidence banale : j'ai par hasard trouvé samedi dernier THE MECHANIC de Michael Winner en dvd et j'ai aussi découvert qu'un remake* allait bientôt sortir. Si je la souligne c'est parce qu'il est assez inhabituel, à Hollywood, de ne pas s'emparer d'une recette efficace passée pour se remplir les poches sans trop de risques. Curieux, donc, que personne ne se soit attaqué à cette histoire jusque-là. Il faut dire qu'elle est en fait assez casse-gueûle en réalité et que je crains que le remake ne s'embarrasse pas des ambiguïtés que Winner a laissé dans son film.
Pensez donc que l'on a affaire à un tueur à gage solitaire et bouffé par l'angoisse (un Tony Soprano avant l'heure) qui décide de devenir le mentor (l'Obi-wan Kenobi ?) d'un jeune sociopathe (ah, la scène du suicide de Louise !) qui finira par le tuer à son tour. Entre ces deux-là, le marmoréen Bronson et l'éphèbe californien Vincent se tisse une trouble relation (Bronson a tué son père) teintée d'homo-érotisation indéniable quoique simplement suggérée et dans laquelle la formation au métier de mechanic (tueur à gages) devient une métaphore d'une initiation sexuelle.
Le film est surtout à voir pour trois autres raisons : c'est l'un des derniers Bronson/Winner avant l'infameux DEATH WISH qui va le stigmatiser à jamais (et injustement) ; c'est un des rares films de Jan-Michael Vincent avant qu'il ne devienne Stringfellow Hawke en 1984 ; c'est l'une des plus chouettes compositions de Jerry Fielding.

*Réalisé par Simon West (CON AIR ) avec Jason Statham dans le rôle de Bishop et Ben Foster dans celui de McKenna, et c'est Richard Wenk (le scénariste de 16 BLOCKS ) qui s'est collé à l'écriture.