THE BEGUILED est réalisé en 1971 par Don Siegel sur un scénario de John B. Sherry et Grimes Grice. Difficile de le qualifier de western tant les codes en sont absents, ni même de film de guerre. C'est un film à part et qui s'inscrit pourtant dans une dynamique animée par Eastwood puisqu'auparavant Siegel l'avait dirigé dans TWO MULES FOR SISTER SARA et qu'il le redirigera encore, avec le poids que l'on sait, dans DIRTY HARRY. Mais le film vaut avant tout pour ce personnage de caporal nordiste blessé recueilli par une enfant qui ramasse des champignons (la très juste Pamelyn Ferdin) qui le ramène dans le pensionnat de jeunes filles sudistes où elle vit. Là, au fur et à mesure de sa convalescence, le caporal va jouer de son charme et du trouble qu'il inspire à plusieurs des pensionnaires, dont le professeur (Elizabeth Hartman) et la directrice (Geraldine Page) et la jeune émoustillée Carol (Jo Ann Harris) pour se rendre indispensable. Sauf que les choses ne vont pas aller comme prévu. Et au final, c'est le gynécée qui va décider de la mise à mort de l'intrus trop envahissant en s'attaquant à son pêché mignon, les champignons. C'est donc l'un des rares films de l'époque où Eastwood meurt avec la satisfaction du spectateur qui a appris à détester son personnage de vil séducteur, de menteur et de bonimenteur. Une expérience assez étrange mise en musique, évidemment, par Lalo Schifrin. A recommander.
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vendredi 30 décembre 2011
lundi 10 octobre 2011
tuez charley varrick
En bonus de l'édition dvd de CHARLEY VARRICK (Tuez Charley Varrick) de BAC Films, on trouve un intéressant entretien avec Alain Corneau réalisé en 2008, deux ans donc avant sa mort. Il porte sur le film mais aussi, plus largement, pour la passion et le respect qu'il avait pour Don Siegel. C'est un document rare et émouvant d'un cinéphile qui était aussi un cinéaste. Je suis moi aussi fan de Siegel, à la fois pour ses films, mais aussi pour l'influence qu'il a eu sur au moins deux cinéastes majeurs à mes yeux que sont Clint Eastwood et Michael Cimino. Quand on regarde CHARLEY VARRICK réalisé en 1973 par Siege sur un scénario d'Howard Rodman et Dean Riesner, on est frappé par le fait qu'il a réellement, à mon sens, inspiré Cimino pour faire son premier film, THUNDERBOLT AND LIGHTFOOT en 1974. Quant à Eastwood, son premier film fut THE BEGUILED: THE STORYTELLER, un documentaire sur Don Siegel et le tournage de THE BEGUILED (Les Proies), le film qu'il tourna avec lui en 1971.
Tourné un an avant DIRTY HARRY et sans Eastwood (trop jeune pour incarner Charley je suppose) avec le génial Walter Mathau dans le rôle principal, CHARLEY VARRICK est un film assez épatant, dans la veine des polars des années 70 mais d'une manière différente.
En effet, Charley est un homme discret, un passionné d'aviation et des femmes, qui se sert de son cerveau et non des armes, même s'il ne répugne pas à employer les explosifs.
Le stratagème tortueux et complexe qu'il imagine pour se dépétrer de la mafia, du tueur (le prodigieux Joe Don Baker) qu'elle a envoyé contre lui, de la police et même de son jeune fougueux partenaire (Andrew Robinson), est tout simplement phénoménal.
Sheree North est la photographe...
... et Jacqueline Scott est Nadine.
Ce fut aussi le dernier rôle du vétéran Tom Tully qui joue l'armurier trop gourmand.
Que dire encore sinon que la musique, qui contribue pleinement au rythme du film est signée Lalo Schifrin et qu'une réplique du film a été reprise par Tarantino dans PULP FICTION quand Marcellus Wallace parle d'employer "a pair of pliers and a blowtorch."Ah ! si ! la poursuite entre la caisse de Molly et l'avion de Charley est un grand moment, jamais vu depuis ailleurs !
Tourné un an avant DIRTY HARRY et sans Eastwood (trop jeune pour incarner Charley je suppose) avec le génial Walter Mathau dans le rôle principal, CHARLEY VARRICK est un film assez épatant, dans la veine des polars des années 70 mais d'une manière différente.
En effet, Charley est un homme discret, un passionné d'aviation et des femmes, qui se sert de son cerveau et non des armes, même s'il ne répugne pas à employer les explosifs.
Le stratagème tortueux et complexe qu'il imagine pour se dépétrer de la mafia, du tueur (le prodigieux Joe Don Baker) qu'elle a envoyé contre lui, de la police et même de son jeune fougueux partenaire (Andrew Robinson), est tout simplement phénoménal.
La façon qu'il a de le mettre en branle et de nous laisser le deviner en partie seulement est tout aussi extraordinaire. On ne s'ennuie pas car on ne devine pas à l'avance ce qui va se passer. C'est que, à la différence de Will E. Coyote, les plans de Charley marchent.
Le reste de la distribution est à la hauteur de la mise en scène :
Felicia Farr est Sybil, la secrétaire de Boyle (très bon John Vernon)...Sheree North est la photographe...
... et Jacqueline Scott est Nadine.
Ce fut aussi le dernier rôle du vétéran Tom Tully qui joue l'armurier trop gourmand.
Que dire encore sinon que la musique, qui contribue pleinement au rythme du film est signée Lalo Schifrin et qu'une réplique du film a été reprise par Tarantino dans PULP FICTION quand Marcellus Wallace parle d'employer "a pair of pliers and a blowtorch."Ah ! si ! la poursuite entre la caisse de Molly et l'avion de Charley est un grand moment, jamais vu depuis ailleurs !
dimanche 13 mars 2011
l'enfer est pour les héros
Tourné en 1962 alors que les Etats-Unis étaient de plus en plus impliqués au Viêt Nâm, HELL IS FOR HEROES de Don Siegel est une parabole antimilitariste sur l'absurdité de la guerre. Coécrit par Richard Carr et Rober Pirosh d'après le roman de ce dernier, le film raconte l'assaut d'un bunker par un escadron de l'US Army, sur la ligne Siegfried en 1944.
Ni l'importance éventuelle de cette action ni le moment où le lieu importent ici. Ces hommes n'ont qu'une idée fixe, rentrer chez eux, voire quitter l'Europe pour les Etats-Unis pour ce jeune Polonais sans attaches qui représente à lui tout seul tous les immigrants qui ont fait ce pays. Et à part ça, il n'y a que la survie, obéir ou ne pas obéir aux ordres. Et c'est parce qu'il a du mal à obéir aux ordres et à ne pas trouver tout cela absurde que Reese (Steve McQueen, étonnant dans ce rôle) va s'inventer des ordres et finira par entraîner la mort de deux camarades avant de se sacrifier le moment venu.
Don Siegel accepta de faire le film à condition de le rendre dramatique, ce qu'il est, alors qu'il devrait être beaucoup plus léger, ce qui explique la présence de Bobby Darin (Corby) et du comique Bob Newhart. A la place, Siegel a tourné un quasi-documentaire âpre et dérangeant qui est bien loin de l'héroïsme patriotique de THE LONGEST DAY tourné la même année, et qui embarrassa la Paramount au point qu'elle refusa de rallonger le budget, obligeant Siegel à conclure son fil abruptement faute de pellicule supplémentaire pour le terminer autrement !
La musique épique de Leonard Rosenman est du coup forcément cynique, ce qui renforce la tonalité dramatique du film.







mercredi 2 mars 2011
sierra torride
Affublé en français d'un titre inutilement ambigu, TWO MULES FOR SISTER SARA est un film réalisé en 1970 par Don Siegel sur un scénario de Albert Maltz d'après une histoire de Budd Boetticher.
"Who the hell wants to see you dressed ?"
C'est l'un des derniers films du mentor de Sam Peckinpah et de Clint Eastwood (qui lui dédia UNFORGIVEN), le réalisateur de 33 films de cinéma entre 1946 et 1982, parmi lesquels je range l'un des meilleurs polars (DIRTY HARRY), l'un des meilleurs films de SF (INVASION OF THE BODY SNATCHERS), l'un des meilleurs films de prison (ESCAPE FROM ALCATRAZ) et l'un des meilleurs films d'espionnage (TELEFON). Mais Siegel a aussi fait des westerns (y compris THE BIG STEAL que je range dans la catégorie car tourné au Mexique !) dont ce très bon petit film sans prétention écrit par le scénariste d'un autre très bon Siegel, THE BEGUILED, réalisé l'année suivante avec à nouveau Clint Eastwood.
Sur une musique agérablement entêtante d'Ennio Morricone (l'instrument imitant la mule !) Siegel réunit un mercenaire yankee (venu apporter ses services aux Juaristes en lutte contre ces ordures de Français impérialistes) et une nonne (en fait non, mais on ne l'apprend que dans la dernière demi-heure !) sauvée par le premier de Yankees libidineux. L'alchimie entre les deux est parfaite, et Eastwood s'est manifestement régalé dans sa composition de Hogan. Quand à Maclaine, sept après après avoir été IRMA LA DOUCE pour Billy Wilder, elle confirme son talent à incarner des femmes de caractère. Un classique, indémodable.




dimanche 13 juin 2010
un shériff à new york
Je ne me souvenais plus vraiment de COOGAN'S BLUFF [Un shériff à New-York, 1968] que je n'avais vu qu'une seule fois, à la téloche, il y a longtemps de ça. J'en avais gardé une image diffuse, totalement exotique. Le revoir aujourd'hui est une expérience épatante pour plusieurs raisons.
Et d'un, le film date de 1968 mais la seule évocation indirecte du conflit vietnamien est le mot "peace" peint sur la fesse d'une des danseuses de la boîte dans laquelle Coogan cherche son prisonnier.
Et de deux, comme c'est 1968, tout le monde fume, y compris Eastwood. Beaucoup. Et tout le monde porte un chapeau.


Et de trois, Don Siegel tournera avec lui, trois ans DIRTY HARRY, mais ce film présente pourtant Eastwood en policier disons caricatural, macho et violent, beaucoup plus que Callahan en fait.
Et de six, le propriétaire du billard aux falzards verts est joué par David F. Doyle qui sera Bosley dans Charlie's Angels, et le peloteur du commissariat est interprété par un Seymour Cassel jeune méconnaissable !
Et de quatre, la même année Eastwood tourna dans HANG'EM HIGH et WHERE EAGLES DARE, deux films où il trimballe la même nonchalance de cow-boy. Aujourd'hui elle évoque forcément celle de Timothy Oliphant dans Justified.
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