mercredi 7 avril 2010

exactement dessous

Hier, il a fait un temps splendide, réellement splendide, genre l'été mais sans le cagnard ni les cuistres, sans arrière-pensée autre que de se détendre. J'en ai profité pour régler leur compte à deux ou trois points de ma liste-de-choses-à-procrastiner qui, si elle est moins longue qu'il y a un an, continue toujours à exister.
Or donc, j'ai été jusqu'à Auxerre pour faire quelques courses non essentielles et pour avoir une raison de m'arrêter chez Thierry, un collègue et ami,  pour le délester de quelques boutanches de Chablis. Sur la route, j'ai aperçu un combi VW vintage, blanc cassé, portant un sticker proclamant que Jesus était l'airbag de son conducteur. Cela m'a plongé dans une certaine consternation : en cas d'accident, que devient Jésus ? Peut-on le changer ? Et si oui, dans n'importe quel garage ?
Plus tard, alors que je venais de laisser ma millesept aux bons soins d'un escroc patenté pour son premier contrôle technique, j'ai été hêlé par Noémie, une amie dont je n'avais plus de nouvelles depuis des lustres et cela m'a permis de découvrir pêle-mêle qu'elle s'était pacsée, avait emménagé à la campagne et que je pouvais passer prendre l'apéro dès que je le voulais. Si je n'avais pas décidé de me dégourdir les jambes je ne l'aurais sûrement pas vue. Comme quoi, hein, l'exercice physique, ça a parfois du bon.
Encore plus tard, j'ai récupéré mon automobile gonflée à bloc car le gazier qui trouvait mes pneumatiques sous-gonflées et devait s'ennuyer me les avait remis à niveau. En revanche il n'a rien trouvé à redire. Quel soulagement ! c'est un peu comme sortir d'une inspection et se dire qu'on est peinard pour quelques années ! Je suis donc bien désormais en vacances !

mardi 6 avril 2010

the doctor will see you...












Il est enfin de retour ! et avec une nouvelle tête, celle de Matt Smith, une tronche improbable, anguleuse, comme mal montée, définitivement horsdecemondesque.












Elle correspond apparemment à ce que Steven Moffat, le nouveau meneur de jeu de Dr Who a choisi pour le 11e Docteur en titre qui succède au pétillant David Tennant.












Et je dois dire qu'au sortir de la vision de 'The Eleventh Hour' je suis plutôt emballé, ne serait-ce que par la nouvelle compagne du docteur, interprétée par la jeune Karen Gillan qui est très yummie, toute en rousseur et longues jambes.












Vivement le 10  pour le deuxième épisode, ça tombe bien, ce sera aussi mon anniversaire !

lundi 5 avril 2010

le voyage de Chihiro

 







LE VOYAGE DE CHIHIRO est un film unique et merveilleux, l'un des trois meilleurs réalisés à mon sens par Miyazaki Hayao avec MON VOISIN TOTORO et PRINCESSE MONONOKE. Ça n'enlève cependant rien aux qualités de tous ces autres film qui partagent cette si particulière empathie, humanité, fraîcheur, drôlerie et gravité qui font de chacun d'eux des moments rares et chers.
La beauté des images, l'absence d'artifice d'une animation rendue évidente par une narration immédiatement accessible aux enfants quand les adultes en sont encore, pour beaucoup, à considérer ces films comme des plaisirs clandestins, sont aussi amplifiées par les compositions de Hisaishi Joe, immense compositeur et bienfaiteur de l'humanité. Ecouter sa musique est l'une des façons les plus inouïes de revivre, y compris au volant de sa voiture, les sensations du film.
Arte a choisi de lui rendre en hommage en avril en les diffusant, et en commençant dès ce soir par CHIHIRO, puis par TOTORO jeudi soir. Guettez aussi, jeudi prochain,  NAUSICÄA DE LA VALLÉE DU VENT qui est une véritable splendeur.

dimanche 4 avril 2010

enfin...







                                                               'Red Box', The Mentalist 2.17

Jeudi soir, c'était le retour de Patrick Jane, le personnage le plus suave du petit écran étatsunien. Comme quoi le printemps a aussi du bon quand il ne se contente pas de seulement jouer les prolongations de giboulées alors qu'aucun rappel n'était réclamé...












                                                                                                                   'Peter', Fringe 2.16

De retour aussi, Walter Bishop, mais un Walter de 1985, l'année de... allez, non, je n'en dirai rien de plus sinon pour dire que cet épisode est extraordinaire d'émotions et de révélations et qu'il relance la série avec une maestria jouissive et pleine de promesses. C'est vraiment la série la plus excitante, ne serait-ce que parce que, à la différence de Lost dont la fin est programmée, elle demeure, a priori, ouverte.

samedi 3 avril 2010

morse

LAT DEN RÄTTE KOMMA IN [en vf, MORSE] de Tomas Alfredson est un film suédois subliment beau et envoûtant. C'est l'adaptation, par son auteur, Johan Ajvide Lindqvist de son roman [littéralement, Laissez moi entrer, disponible chez Télémaque].










Superbement édité par Metropolitan avec, entre autres suppléments, un entretien avec le réalisateur récemment césarié Jacques Audiard qui fait sa déclaration d'amour au film avec une ferveur cinéphilique contagieuse.












"Si je pars, je vis. Si je reste, je meurs."

Les deux jeunes comédiens, Kare Hedebrant (Oskar) et Lina Leandersson (Eli) sont sidérants de justesse et de poésie.











La musique (mais il y aurait tant à dire sur le cadrage, la lumière, le montage...) de Johan Söderqvist est à tomber. C'est de loin le meilleur film que j'ai vu depuis longtemps.


vendredi 2 avril 2010

baltringue

 "baltringue n.m. Individu bon a rien : C'est un baltringue."  
Caradec et Pouy, Dictionnaire du français
argotique et populaire, Larousse, 2009

Je vous avais déjà parlé de ce petit livre drôle, bien fichu et pas cher (11,9 euros) qui fait mes délices en classe et me sert de ligne de défense principale face à l'inculture paresseuse de mes élèves. Et puis surtout, maintenant que des mots aussi savoureux que baltringue ont déserté le Petit Robert alors qu'on les entend dans des films comme NEUILLY SA MÈRE, il me sert aussi d'outil pédagogique, y compris en conseil de classe.
J'y repense surtout à propos d'une de mes classes dans laquelle le nombre de baltringues est ahurissant. L'un d'eux, en particulier, excelle par un mélange d'arrogance, de bêtise et de candeur. Ainsi, et ô comme je regrette que cela ne me soit pas arrivé, un collègue m'a raconté comment, excédé par son babil inutile, il lui avait lancé qu'il allait lui donner une consigne simple à respecter car tenant en deux mots. "Fermez-là !". Ce à quoi l'élève a cru alors bon de rétorquer "Mais M'sieur, y a trois mots !". L'anecdote déjà sublime aurait pu en rester là si mon collègue matois n'avait pas cru bon d'ironiser "Vous voulez dire trois syllabes alors ?" Et l'élève de tomber dans le piège d'abonder crânement jusqu'au moment de devoir expliquer le sens du mot syllabe. Silence radio.


jeudi 1 avril 2010

he's back !






 

J'en profite pour amicalement saluer Raf qui, même si j'ai appris qu'il s'embourgeoisait sur le plan automobile, n'en garde pas moins une place particulière dans  mon esprit : à bientôt camarade !

dimanche 28 mars 2010

frak la pluie !


Je pars cet après-midi pour Châlon-sur-Saône en prélude à une escapade de trois jours dans le Vaucluse. Je serai de retour mercredi soir. Portez-vous bien d'ici là...

samedi 27 mars 2010

magnum force

"What does a girl have to do to go to bed with you ?
– Try knockin' on the door..."




































John Milius avait déjà commis trois films dont un DILLINGER fameux et Michael Cimino avait écrit SILENT RUNNING pour Douglas Trumbull ; un après il écrivait et réalisait THUNDERBOLT AND LIGHTFOOT avec Eastwood...













Deux ans après Siegel, c'est Ted Post qui s'y colle avec talent. Deux ans plus tard il redirigera Robert Urich dans la série Baretta...













ps : David Soul, deux ans avant qu'il ne devienne le sergent Hutchinson...

vendredi 26 mars 2010

pyramid of fear










PYRAMID OF FEAR [aka Young Sherlock Holmes, en vf Le Secret de la Pyramide, 1985] est un film de Barry Levinson écrit par un Chris Columbus qui n'avait pas encore commis de réalisation.









Les anticipations de cette histoire qui se veut un prequel aux aventures imaginées par Conan Doyle sont étonnantes, mais pas là où on les attend.









Si tous les clins d'oeil à ce qui fera la geste holmésienne sont bien là (de la tenue au sens de l'observation), c'est la référence au monde de Harry Potter qui, douze ans avant que J.K. Rowlings n'écrive son premier roman (Columbus adaptera d'ailleurs, seise ans plus tard, deux des romans au cinéma), sont troublantes.









L'histoire se déroule en effet, en grande partie dans une école privée londonienne de garçons où vit pourtant une fille, Elizabeth (que l'histoire nous dépeint comme le seul et unique amour d'Holmes), et dans lequel Watson, lunettes rondes et écharpe autour du cou, a tout du personnage de Rowlings.









C'est aussi, comme dans ses livres, un trio d'adolescents qui se lance dans une aventure d'adultes. Notons au passage que le personnage de l'oncle (et mentor d'Holmes) n'est pas sans évoquer le directeur de Poudlar.









Enfin, le méchant, et aussi professeur d'Holmes (joué par Anthony Higgins qui reprendra le rôle de Holmes en 1993 dans Sherlock Holmes returns !) renvoie aussi au fameux méchant de la saga Potter.









Ma traduction libre du prégénérique de fin : Bien que Sir Arthur Conan Doyle n'ait pas écrit à propos des années de jeunesse de Sherlock Holmes et n'a établit la rencontrer initiale qu'entre un Holmes et un Dr Watson adultes, cette spéculation affectueuse sur ce qui aurait pu se dérouler a été faite avec une admiration respectueuse et en hommage à l'auteur et à son oeuvre toujours vivante.

glory to the filmmaker

GLORY TO THE FILMMAKER est un film écrit, interprété et réalisé par Takeshi Kitano en 2007.










L'IRM où on peut lire les noms de Yasujiro Ozu...


C'est un film en forme d'autofiction foutraque dans lequel Kitano joue son rôle et apparaît aussi sous la forme d'un mannequin rigide.










d' Akira Kurosawa...

Il commence dans un hôpital où Kitano, enfin disons son mannequin, subit des examens. Il se terminera aussi là, avec le docteur expliquant à Kitano que son cerveau est cassé.










et de Shohei Imamura... mais aussi Shinichiro Ikebe pour la musique (et non Joe Hisaishi qui est pourtant le compositeur auquel on l'associe en Occident), qui composa pour Imamura, Kurosawa...

Entretemps Kitano essaye un peu tous les genres cinématographiques pour renouer avec le succès. Il s'essaye donc aux genres qui ont déjà fonctionné par le passé du cinéma japonais (Ozu, Kurosawa...), mais aussi de son enfance dans les années 50, sans oublier ceux censés être rentables comme l'horreur et la SF à base d'effets numériques.










Le problème c'est que Kitano ne semble exceller que dans les films de gangsters et échouer magistralement dans tous les autres. Tous sauf un, qui l'a rendu célébre au Japon mais que le public étranger ignore : le burlesque nonsensique qu'il pratique à la télévision sous le nom de Beat Kitano.










Et c'est ainsi qu'après avoir enchaîné "La retraite", "La porte des souvenirs", "Le goudron et les catcheurs", "Théâtre Nô" et "Le corbeau bleu, part 2", Kitano consacre la moitié de son film à "le jour de la promesse" censément film d'action à base d'astéroïde tueur mais qui lui permet surtout de se défouler en égratignant au passage son image, Zidane, MATRIX, le karaté, Paris et son folklore...










La morale semble être que l'auteur s'est perdu en essayant de plaire au plus grand nombre, c'est-à-dire aux cinéphiles étrangers alors que quand il fait ce qu'il sait faire le mieux au Japon et qui lui a donné sa notoriété il retrouve un plaisir enfantin à filmer. Ou alors c'est du grand nimportnawaque et je n'y ai rien pigé !









Kitano face à son docteur : on reconnaît le logo de Office Kitano, sa maison de production !

jeudi 25 mars 2010

fur...


"It scares me..."









Vu FUR: AN IMAGINARY PORTRAIT OF DIANE ARBUS de Steven Shainberg dont j'avais bien aimé le film précédent (le dérangeant SECRETARY avec James Spader et Maggie Gyllenhaal) même c'est uniquement parce que j'ai vu que Robert Downey Jr. y jouait dedans que j'ai tenté l'affaire.












Je ne connaissais pas, sauf peut-être vaguement de nom, la photographe étatsunienne Diane Arbus mais le fait de choisir d'en faire un "portrait imaginaire" et non un biopic m'a séduit.











Le film raconte la "rupture" entre Diane Arbus et son mari Allan, rupture qui déboucha sur sa découverte personnelle de la photographie en tant qu'art, en imaginant, je suppose, une cause hors norme et poétiquement romantique à celle-ci.












L'origine doit en être le roman de Patricia Bosworth dont Erin Cresssida Wilson (qui était aussi la scénariste de SECRETARY) a fait l'adaptation. C'est un très beau film, peut-être un tantinet esthétisant, mais ça ne joue pas contre la narration qui est bien portée par les comédiens, Downey Jr, mais aussi Nicole Kidman et Ty Burrell, sans oublier tous les seconds rôles qui sont impeccables.



mercredi 24 mars 2010

time to bed

Enfant, je n'avais pas le droit de regarder les films du soir, et 20h30 sonnait l'heure d'aller au lit. Ce n'est qu'à l'adolescence que ma mère a assoupli cette règle d'airain, trop heureuse par là même de pouvoir nous faire partager, enfin aux couche-tard, sa passion du cinéma.
Mais pendant longtemps donc, deux génériques de TF1 m'ont hanté : celui des années 70, par Vladimir Cosma...


... et celui des années 80, par Earth, Wind & Fire ('In the Stone')


Ce n'est d'ailleurs que bien plus tard que j'appris qui l'avait composé, et cela n'est pas pour rien dans mon appétit pour ce genre musical. Une petite anecdote me revient : un soir, bizarrement, ma mère accepta de transgresser l'interdit dominical et me laissa m'asseoir dans le canapé pour regarder le film avec elle. J'étais extatique et je n'ai jamais oublié ce film : c'était LE GENDARME A SAINT-TROPEZ !

mardi 23 mars 2010

monsters vs aliens

"This place is an X-file wrapped in a cover-up and deep-fried in a paranoid conspiracy."

MONSTERS VS ALIENS de Rob Letterman et Conrad Vernon a été écrit par deux sacripants comme je les aime, Maya Forbes (la soeur de China Forbes, la chanteuse de Pink Martini) et Wallace Wolodarsky (qui a aussi écrit pour les Simpsons et joué dans trois autres films de Wes Anderson, dont RUSHMORE !).











La référence à E.T, ponctuée par la musique du film de Spielberg !

C'est, à ma connaissance, la première fois que l'esprit de déconnade que l'on trouve dans des émissions comiques telles que Saturday Night Live (SNL) ou The Stephen Colbert Report s'incarne dans un dessin animé tout public. C'est, du coup, l'esprit même du film qui s'en ressent pour le plus grand bonheur et hilarité des spectateurs qui en ont, en terme de références, pour leur argent et bien plus encore. On y retroouve donc Stephen Colbert pour doubler le président très bushien, mais aussi Amy Poehler de SNL pour la voix de l'ordinateur du méchant alien qui est aussi dans la vie l'épouse de Will Arnett qui double The Missing Link, sans oublier des habitués de la pantalonnade que sont Seth Rogen (B.O.B) ou Paul Rudd (le fiancé). Plus étonnant et très réjouissant, la performance de Hugh Laurie en savant fou puisqu'il double de Dr Cockroach











"By Hawkin's chair !"

Ça en est à un point qu'au fur et à mesure que je découvrais le film j'étais obligé de prendre des notes tout en capturant certaines images pour ne rien perdre, tout en sachant que j'allais en rater. Mais ça, c'est aussi bien, parce que je veux aussi avoir des surprises lorsque je le reverrai avec le commentaire de l'équipe. La séquence dans laquelle le président débarque pour rentrer en communication avec la sonde est un condensé du film et de son humour. On le voit grimper un escalier interminable qu'on croirait sorti d'une comédie musicale des années 40 puis se planter devant un pupitre sur lequel est installé un clavier, un vénérable DX7 de Yamaha. Il fait craquer ses doigts puis nous livre la plus pathétique version jamais jouée du thème de CLOSE ENCOUNTERS OF THE THIRD KIND avant de conclure en faisant le salut vulcain immortalisé par Mr Spock. Comme la sonde ne réagit pas, le personnage se met alors à jouer (et à danser !) celui de THE BEVERLLY HILLS' COP.













C'est aussi un hommage de geek aux films de SF (et au MARS ATTACKS ! de Burton en particulier). Ainsi, dès le début, les types qui repèrent la sonde robot sont l'équipe Red Dwarf (série de SF britannique qui dure depuis 1988) et ils lancent une alerte code Nimoy, du nom de l'acteur incarnant Mr Spock dans Star Trek. Le personnage de B.O.B est un clin d'oeil à THE BLOB, le film de 1958. A un moment donné on le voit même jouer avec une balle dans sa cellule comme le personnage de McQueen dans THE GREAT ESCAPE (le même McQueen qui, justement, était le héros de THE BLOB !). Enfin, dans un autre registre, le personnage de Insectosaurus, brâme comme le TOTORO de Miyazaki...











Le clin d'oeil à ATTACK OF THE 50 FT WOMAN de 1953

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les références nombreuses à Kubrick (et à son DR. STRANGELOVE OR: HOW I LEARNED TO STOP WORRYING AND LOVE THE BOMB), surtout avec le personnage du général W.R. Monger (warmonger en anglais signifie va-t-en-guerre).