mardi 19 octobre 2010

ip-man

En 1972, Bruce Lee tourne FIST OF FURY (Jing Wu Men) sous la direction de Lo Wei. Il y incarne une jeune pratiquant d'arts martiaux chinois qui venge son maître en affrontant une école japonaise. Cette même histoire sera rejouée plusieurs fois, mais surtout en 1994 avec Jet Li dans FIST OF LEGEND dirigé par Gordon Chan. Si je me permets ce petit rappel c'est parce qu'il résume à lui seul les liens entre IP-MAN de Wilson Yip et l'histoire des arts martiaux et du cinéma d'action hongkongais. En effet, Bruce Lee appris le wing chun, la boxe chinoise sous la férule de Man Ip (ou Yip selon les orthographes), réfugié à Hong Kong dans les années 40 après avoir dû fuir Foushan en raison des Japonais. Par ailleurs, Jet Li et Donnie Yen, le héros du film, ont eu le même professeur, Wu Bin, bien avant de tourner ensemble. Mais là s'arrêtent les ressemblances car la carrière occidentale de Yen n'a pas été un succès et c'est en Asie qu'il a fait ses meilleurs films et acquis une stature cinématographique dépassant celle de l'artiste martial génial qu'il est.
Ici, il prouve qu'il est aussi un  très bon comédien en interprétant cette figure historique des arts martiaux chinois. Servi par une misen en scène épique, parfois un peu trop emphatique (nationaliste ?), Donnie Yen s'en donne surtout à coeur joie dans les scènes de combat, qu'elles soient courtoises (comme celles du début, chez lui), ou plus âpres comme celles du dojo et l'ultime. Il faut dire que les combats ont été réglés par Sammo Hung et que Yip est le réalisateur de deux des films de combats les plus efficaces de ces dernières années, FLASHPOINT (Dou Fou Sin) et SAAT PO LONG (SPL).
On retrouve avec plaisir Simon Yam et, à la musique, le grand Kenji Kawai (GHOST IN THE SHELL, AVALON).





lundi 18 octobre 2010

black dynamite

"What about the smile ? I am... smilin'..."

Réalisé par Scott Sanders sur un scénario écrit à six mains (Sanders, White et Minns), BLACK DYNAMITE est une véritable merveille. Et je pèse mes mots. En effet, sur une idée simple, en apparence du moins, faire une parodie assumée des films de blaxploitation des années 70, les auteurs (car Michael Jay White et Byron Minns sont aussi de la distribution) ont réussi le tour de force de faire un film irrésistiblement drôle, cohérent (jusqu'au délire final !), consistant (la lumière, la photo, les cadrages, le micro sur la tête, le décor, les costumes, tout est raccord avec l'époque) et, surtout, jamais inutilement grossier ou simpliste. Là où des types comme Eddie Murphy ou Martin Lawrence ont joué en leur temps la carte du travestissement à outrance et de la pochade estudiantine, notre équipe a opté pour un vérisme respectueux mêlé à un vrai sens de l'humour. On est en fait beaucoup plus près de l'approche britannique de types comme Edgar Wright et Simon Pegg.
Je ne connaissais pas Michael Jay White mais il est incroyablement doué, tout comme le sont tous ces acolytes, avec une mention spéciale pour McManus qui incarne le "boss" final. Un dernier mot concernant l'habillage sonore (ah, ces "Dynamite !" scandés par d'invisibles choristes !) et musical : la musique est signée Adrian Younge mais une pause dans le générique permet de discerner des influences, j'y reviens donc, toutes britanniques ! 

ps : Sanders a aussi réalisé un polar formidable, THICK AS THIEVES dans lequel Alec Baldwin incarnait un voleur fan de vinyl de jazz et de bossa nova, à recommander !









samedi 16 octobre 2010

la loi du milieu

Ecrit et réalisé en 1971 par Mike Hodges d'après un roman de Ted Lewis, GET CARTER est un impitoyable film de vengeance au goût de tabac froid et d'iode sale. C'est aussi l'un des meilleurs films de Hodges (que ma génération ne connaît que comme le réalisateur de FLASH GORDON en 1980 !) et probablement aussi de Michael Caine (qui cette année tourna aussi dans THE LAST VALLEY de James Clavell que je n'ai toujours pas vu).
C'est, du début à la fin, une tragédie implacable dans laquelle Caine-Carter déambule avec l'assurance d'un brise-glace au milieu des icebergs et avec autant de sensibilité qu'un chirurgien de guerre. Le contraste qu'apporte l'élégante musique de Roy Budd, l'alternance d'images sombres, sales et poisseuses avec d'autres plus pop et ensoleillée contribue à créer une ambiance qui ne laisse jamais le spectateur tranquille et sur de son affaire.
Ainsi, Carter, personnage a priori sympathique car il a perdu son frère le devient de moins en moins à mesure qu'il retrouve les responsable de son meurtre, révélant sa vraie nature qui ne nous le rend pourtant pas antipathique. On imagine que joué par quelqu'un d'autre le personnage ne serait qu'un salaud avide de vengeance.

ps: la nièce de Carter est jouée par Petra Markham, la soeur de Kika Markham qui, la même année, joua une des deux soeurs dans LES DEUX ANGLAISES ET LE CONTINENTS de Truffaut.









vendredi 15 octobre 2010

soleil rouge

Film franco-italo-espagnol réalisé en 1971 par Terence Young sur un scénario collectif (de Laird Koenig, Denne Bart Petitclerc, William Roberts et Lawrence Roman), SOLEIL ROUGE est un de ces films à la frontière du chambara (film de sabre japonais) et du western spaghetti, mais réalisé avec une équipe européenne, mis en lumière par Henri Alekan (LA BELLE ET LA BÊTE), en musique par Maurice Jarre et tournée en Andalousie près d'Alméras !
C'est surtout un film mettant en scène la rencontre entre Charles Bronson et Toshirô Mifune, soit deux des comédiens, respectivement, de SCHICHININ NO SAMURAI (Les sept samourais) et de son remake, THE MAGNIFICENT SEVEN (dont William Roberts avait justement écrit le scénario). A leurs côtés, on retrouve une blonde farouche, Ursula Andress (que Young avait fait tourner pour la première fois dans DR NO) et un Alain Delon en méchant tout en noir.
Le film est crade à souhait et assez réjouissant à revoir en dépit d'un seul bémol : il n'est disponible que dans sa version française.







mercredi 13 octobre 2010

blow-up

Film culte des années 60, BLOW-UP est surtout une curiosité cinématographique. A partir d'une nouvelle (ce qui explique la minceur de l'argument narratif) de Julio Cortazar, Tonino Guerra et Michelangelo Antonioni ont écrit une histoire d'une vraie simplicité élégante. La mise en scène d'Antonioni n'est pas pour rien dans la réussite de ce film météore ! Son talent pour diriger ses acteurs et les placer dans le cadre est époustouflant car il n'a rien de présomptueux. On a d'ailleurs davantage l'impression d'être un passant dans la rue, ou un passager inopinié dans la voiture, ou de regarder un documentaire. Plongés sans précaution ni explication (sans "préliminaires") dans l'univers de cet odieux photographe de mode incarné par David Hemmings, nous le suivons sans trop nous poser de questions tout au long de cette journée et demie de sa vie si rapide. Seule la séquence de séduction entre la magnifique Vanessa Redgrave et Hemmings dans son studio viennent tempérer cette course contre le temps.







mardi 12 octobre 2010

fringe

Fringe est la meilleure série de science-fiction de ses dernières années* dans son genre (* oui, d'accord, il y a Battlestar Galactica, mais je ne parle pas de space opera...): la SF au quotidien qui dérape sans prévenir. Chaque épisode se laisse voir comme une nouvelle qui aurait pu être écrite dans les années 40-50 en plein âge d'or. L'ensemble tient non seulement le coup depuis deux saisons en raison de plusieurs arcs narratifs, mais cette troisième saison est particulièrement réussie et ambitieuse. Cette progression est réjouissante et fait désormais de chaque épisode une surprise supplémentaire en désarçonnant d'autant le spectateur pourtant déjà fan. 

Ci-dessous, quelques images du générique, plus deux tirées de sa version alternative !










lundi 11 octobre 2010

monsieur st-ives

"No, i like beds that are already slept in : they're warmer."

Film singulier à plus d'un titre, ST-IVES est l'adaptation d'un roman de Ross Thomas par Barry Beckerman et réalisé par Jack Lee Thompson. C'est l'un des derniers films de la période bénie de Thompson et de Bronson, celle des années 70. Ensuite ce furent les années 80 et les films de justiciers solitaires : oublions-les.
En 1971, sur fond de photo lumineuse (Lucien Ballard, le chef-op de Peckinpah) et de basses de Lalo Schifrin, Charles Bronson interprète Ray St-Ives, un auteur de polar semi-fauché (il vit dans un hôtel miteux, mange des sandwiches mais joue et roule en Jaguar) engagé pour un taf de détective privé par un cinéphile mystérieux (John Houseman), entouré d'une femme vénéneuse (Jacqueline Bisset) et d'un psychiatre agaçant (Maximilian Schell). Le film déploie son intrigue en alternant les morts, les rebondissements jusqu'au point où, comme chez Chandler dans THE MALTESE FALCON, on ne sait plus qui fait quoi sinon que tout le monde trempe dedans sauf St-Ives. L'avant-dernière séquence a lieu au bord d'une piscine de laquelle on tire une Jacqueline Bisset trempée. Ironie du sort, elle atteindra l'année suvante une notoriété planétaire en plongeant avec un t-shirt blanc dans THE DEEP de Peter Yates !

ps : guettez, en voyous, les jeunes Robert Englund et Jeff Goldblum !
pps : les deux films dont Procane regarde la fin sont, respectivement, THE BIG PARADE (1925) de King Vidor et BIRTH OF A NATION (1915) de D.W. Griffith.





dimanche 10 octobre 2010

haven

En attendant la saison 2 d'ores et déjà annoncée, je continue à me régaler avec Haven.