vendredi 23 septembre 2011

the limits of control (suite)


Le MacGufin du film : une boîte d'allumettes rétro sur laquelle on voit une silhouette noire en short et les mots "LE BOXEUR". Or, Isaach de Bankolé jouait un personnage appelé Le Boxeur dans WHITE MATERIAL...

Jean-Françaois Stévenin est l'interprète qui traduit en anglais ce que son acolyte dit en français voire, il me semble, en créole...

Alex Descas, est le premier maillon d'une chaîne sans qu'on sache s'il en est l'instigateur.


Les mains de Luis Tosar, le violoniste...


Le serveur, au fond, est joué par Oscar Jaenada , vu dans THE LOSERS où il était le silencieux Cougar.


La toujours très belle et sensuelle Tilda Swinton.


Youki Kudoh...


John Hurt...


Gael Garcia Bernal dans le rôle du Mexicain...

Hiam Abbass, la conductrice du 4X4

jeudi 22 septembre 2011

the limits of control


Ecrit et réalisé par Jim Jarmusch, THE LIMITS OF CONTROL est comme un lointain parent du GHOST DOG mâtiné de LISBON STORY sauf qu'il se passe en Espagne. L'intrigue est volontairement énigmatique même si on comprend/devine assez vite que cet intriguant type en costume silencieux et routinier est quand même un tueur à gages. Ce qui est marrant, pour les cinéphiles, c'est qu'il est joué par Isaach de Bankolé, lequel jouait un marchand de glaces dans GHOST DOG dans une scène hilarante de communication contrariée.


Le temps de lire la citation de Rimbaud mise en exergue qu'on l'a déjà oubliée et pourtant, ces haleurs dont elle parle vont rythmer le film et le parcours de notre homme sans nom en le faisant progresser jusqu'à l'achèvement de sa mission.


Un des plans décadrés et néanmoins très beaux du chef-opérateur Christopher Doyle, connu pour son travail minutieux chez Wong Kar Wai et qui, ici, magnifie non seulement les décors et les accessoires, mais aussi le héros, et en particulier ses mains. C'est d'ailleurs un film sur les mains, et les doigts, ceux du violoniste comme ceux du guitariste, de la danseuse de flamenco comme de la conductrice, des peintres comme des serveurs de café...


Pendant la première partie (la période costume bleue), l'homme visite beaucoup le musée Reina Sofia de Madrid dans lequel il prend le temps de ne regarder qu'un seul tableau à la fois. C'est un homme cultivé, même si on le voit pas lire, et qui aime à écouter Schubert.


Il rencontre une mystérieuse et gironde jeune femme jouée par Paz de la Huerta qui va énormément s'efforcer de le séduire (évocation du MÉPRIS de Godard) mais sans y arriver car l'homme est un soldat qui ne baise pas quand il est en mission. C'est un ascète mais on comprendra plus tard qu'il avait eu le temps de laisser des sentiments se construire.


Ce n'est donc que tardivement, dans la dernière partie, qu'on découvre la résidence hyper-protégée et surveillée de sa cible dont on ne sait pas non plus grand' chose hormis qu'elle est états-unienne et interprétée par Bill Murray.

la science-fiction est remboursée par la sécu

Cela fait des années que je ne dors pas bien, en tout cas pas d'un sommeil réparateur. Je ronfle aussi, énormément, on me l'a dit. Cela fait aussi des années que des médecins me tannaient pour que j'aille consulter un spécialiste pour voir si je ne faisais pas éventuellement des apnées du sommeil, lesquelles se soignent me disaient-ils. A la fin de l'été, il y a un mois de ça (l'été est aussi terminé depuis hier, je suis donc allé consulter un pneumologue. 
Ça ne m'a pas pris comme une envie de pisser mais parce que le chirurgien qui, je l'espère, va m'opérer à la fin du mois prochain, voulait en avoir le coeur net au préalable. On en reparlera à l'occasion.
Je me suis donc tapé une batterie d'analyses assez marrantes, un peu comme dans la scène où les astronautes du programme Mercury testent leur capacité pulmonaire dans THE RIGHT STUFF ; ainsi qu'une foultitude de questions auxquelles je n'ai pas toujours su répondre. C'est en fait assez dingue de savoir qu'on en sait si peu au sujet de son propre sommeil... Et puis j'ai vu le médecin qui m'a clairement fait comprendre que selon lui, c'était clair comme le nez au milieu de la figure (ah ! ah !), j'étais un apnéiste profond mais que pour des questions techniques, on devait quand même s'en assurer. 
Et voilà pourquoi, deux jours avant la prérentrée, j'ai passé une nuit dans le service de pneumologie de l‘hôpital d'Auxerre où j'ai été bien accueilli et traité, indépendamment du fait que, avant que je puisse dormir, on m'avait harnaché de capteurs, de micro et d'une sonde dans les narines. J'ai donc passé la nuit relié à un pc hors d'âge qui a enregistré ma tension, ma respiration, mes ronflements. 
Ce n'est que la semaine dernière que j'ai reçu par la poste a) la confirmation de mes apnées nocturnes et b ma convocation pour revoir mon bon docteur. Et donc, hier matin, au lieu d'aller au marché, je suis allé à l'hosto, ce qui m'a aussi permis de découvrir son parking et donc de marcher un peu trop au goût de mon palpitant mais passons. La consultation a été assez rapide. En début d'après-midi, un jeune homme qui aurait pu être un de mes élèves tant il m'a semblé jeune, est venu me présenter et m'expliquer le fonctionnement de l'appareil qui va devenir mon meilleur ami (après ma 1007 et mon iMac) pour les mois à venir. PPC. Pression Positive Continue. C'est un engin qui capte l'air ambiant de ma chambre puis me le rebalance dans le nez (je porte donc un masque sur le nez) à une pression régulière. Le truc, c'est qu'il faut du coup respirer par le nez et garder la bouche fermée !
Et voilà comment, alors qu'il faisait hier après-midi un beau soleil, je me suis retrouvé à corriger des copies puis à écrire ce post, en portant ce masque et donc en ne respirant que par le nez. L'impression d'être dans une situation de science-fiction était inouïe et je pense que ça ne fait que commencer. Parce que à ce stade, je n'ai pas encore dormi avec le bazar. A suivre donc !

mercredi 21 septembre 2011

le crépuscule des aigles (suite)


Ses exploits lui permettent même de rencontrer son idole, le baron von Richtoffen (Car Schell) qu'il sauve en se faisant blesser au passage.


Il est rapatrié sur Berlin pour la propagande et on le fait poser dans une chambre d'hôpital immaculée alors que les malades remplissent même le couloir. Mais Stachel, cynique, n'en a cure et se prête au jeu.


Avant de rejoindre son amante, Kaeti, la femme du général jouée par Ursula Andress, après un dîner chez elle, Stachel partage une bouteille de vin avec le majordome en qui, on s'en doute, il retrouve un peu son père.


Vu la longueur du film il était coupé par un entracte le temps de changer la bobine.


J'aime beaucoup ce plan dans lequel c'est Stachel qui domine Kaeti qui, elle, est aussi alanguie, voire davantage, que le chat qui squatte le lit sans vergogne. Je me suis demandé ce qu'un Visconti ou un Kubrick, surtout Kubrick, aurait fait d'un tel scénario...


Le nouveau monoplace développé alors que la guerre se termine, pour complaire aux industriels...


Stachel accepte de l'essayer sans savoir que Heidemann l'a déjà fait et l'a qualifié de piège mortel...


Mais il ne savait pas qu'il était condamné à mourir en héros pour éviter la cour martiale en raison des deux victoires de Willi qu'il s'était attribuées et que Kaeti, par vengeance d'avoir été rejettée, avait révélées à sa hiérarchie.


Film enthousiasmant du point de vue technique et historique, THE BLUE MAX demeure aussi un repère dans la carrière éclectique et erratique de Guillermin, qui tourna encore avec Peppard dans HOUSE OF CARDS (dans lequel joue aussi Orson Welles), signa aussi un film de guerre, un western, deux films catastrophes (dont THE TOWERING INFERNO) et un SHAFT IN AFRICA. 

ps : j'allais oublier la très belle partition de Jerry Goldsmith...

le crépuscule des aigles


Réalisé en 1966 par John Guillermin sur un scénario écrit par David Pursall, Jack Seddon et Gerald Hanley, THE BLUE MAX est un très grand film de guerre et d'aviation, filmé, c'est assez rare pour le souligner, du côté allemand de la Grande Guerre.


Le titre original a le mérite (pardon, c'était plus fort que moi !) d'annoncer la couleur (et de deux !) : la décoration dite "Pour le Mérite" (dite Blauer Max) fut créée en 1740 par l'empereur Frédéric II a une époque où le français était la langue à la cour du royaume de Prusse. C'était, jsuqu'à la fin de la Grande Guerre, la récompense ultime pour les faits de guerre. Les pilotes l'obtenaient après 20 avions ennemis abattus confirmés. 

C'est cette babiole et le respect qui lui est attaché que cherche à obtenir le lieutenant Bruno Stachel (George Peppard, glaçant de cynisme), un nouveau pilote qui après deux ans dans la boue des tranchées en tant que fantassin, a décidé de voler car c'est le seul moyen pour un individu n'appartenant pas à l'élite d'atteindre les sommets.


Son commandant est un Prussien pur souche, le colonel Heidemann (Karl Michael Vogler) qui croit encore que la guerre est une entreprise chevaleresque, ignorant ce qui se passe au niveau du sol.


L'escadrille est composée de pilotes chevronnés, tous Prussiens, qui le voient arriver d'un oeil goguenard, en particulier Willi von Klugerman (Jeremy Kemp) au centre, qui va devenir son rival, dans les airs et ailleurs aussi...


La première preuve d'avion abattu que Stachel découpe comme le scalp d'un Indien ou la peau d'un bison, en chasseur bien plus qu'en militaire, au grand dam des Prussiens qui se croient encore chevaleresques...


Mais le général von Klugerman (James Mason) voit surtout dans Stachel un outil de propagande à destination du peuple qu'il faut affûter pour plus tard...

Rapidement, les victoires s'enchaînent car non seulement Stachel est un pilote hors pair mais il a une farouche détermination de surpasser les autres pilotes et leur prouver qu'il peut-être leur égal.

mardi 20 septembre 2011

lexique

     "Notre jeunesse est mal élevée, elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont touts simplement mauvais."

Ces mots qu'on attribue à Socrate dateraient du  quatrième siècle avant JC et tendraient à asseoir l'idée que la situation n'est pas nouvelle et qu'au contraire, elle fait partie de notre patrimoine culturel – que dis-je, génétique. Alors il y a des jours, voire des moments dans une journée, ou encore certaines heures ou parties d'heure, où cette citation devient savoureuse et où l'enseignant que je suis en lêche le sel sur ses babines en considérant plus ou moins gravement le public qui lui fait alors face. Bon, je n'oublie jamais que j'ai choisi d'enseigner en lycée professionnel et que ce ne sont pas les plus fûtés qui viennent jusqu'à nous ; il y a d'ailleurs bien plus de jeunes en déshérence ne demandant qu'à mieux faire et apprendre que de couleuvres plus ou moins socialisées qui ne sont là que pour en découdre et se rêvent vipères ou pire encore. Je n'oublie pas mais parfois ça pèse, comme cet après-mid d'hier où j'ai senti l'attention m'échapper et où je n'ai pu que laisser s'envoler leurs mots en attendant une parade qui n'est pas venue.
Comment cela avait-il commencé ? Ah ! oui, enflûre. L'un d'eux traitant l'autre d'enflûre. Et ce alors qu'aucun n'est capable de définir, j'en suis sûr, le sens du mot. J'étais en train de corriger le texte d'un élève avec lui et de lui expliquer comment mieux faire et, sans lever la tête, reconnaissant la voix, j'ai lancé : "Enflûre toi-même !" adressé à l'élève responsable. Celui-ci s'est aussitôt empressé de souligner que ce n'était pas moi qui était visé (heureusement encore !) et c'est là que ça a dérapé.
– Bah ! de toute façon, enflûre c'est pas une insulte... c'est pas comme enfoiré.
– N'importe quoi, enfoiré c'est même pas un gros mot !
– Ah ouais, alors pourquoi t'aimes pas qu'on te le dise ?
– C'est comme bâtard non ?
– Bâtard ce n'est pas dans le dictionnaire alors !
– Si, ça y est... n'ai-je pu m'empêcher de dire.
–  Ouais ça veut dire qui n'a pas de père...
–  Non, ce n'est pas le sens, regarde dans le dictionnaire...
Et là ça a sonné, me coupant dans un grand élan de promotion de l'outil imaginé par un fils du pays (Pierre Larousse est né à trente bornes d'ici, à Toucy, dans l'Yonne). Je ne vous raconte pas ça pour enfoncer un énième clou ni à titre d'exemples édifiants comme ces collègues qui se vantent des perles de leurs élèves. Je me suis simplement rendu à nouveau compte, et peut-être aussi certains élèves (certains plus que d'autres et certains sans vouloir le reconnaître) de leurs limites dès lors qu'ils emploient des mots. Leur vocabulaire est si pauvre qu'ils ne connaissent même pas avec certitude le sens de ceux qu'ils emploient. Je n'oublie pas que c'es mon boulot mais il devient fatiguant quand ils ne font même pas l'effort de le comprendre, persuadés qu'ils sont que je ne leur suis d'aucun secours.

dimanche 18 septembre 2011

la charge héroïque (resuite)


La ravissante grimaçeuse est Joanne Dru. C'était son troisième film et le second avec John Wayne après RED RIVER. Elle tournera encore avec Ford l'année suivante dans WAGON MASTER où elle retrouvera Ben Johnson mais aussi Harry Carey Jr. qui est ici à sa gauche.


Disons-le, c'est un scandale que John Wayne n'ait été ni nominé ni récompensé par un oscar pour son rôle dans le film alors qu'il y fait preuve d'un réel talent d'acteur sans en avoir l'air. Sa rencontre avec Ford commencée en 1939 sur STAGECOACH dura jusqu'en 1963 et DONOVAN'S REEF. Entre temps il y aura eu, entre autres, THE SEARCHERS et THE MAN WHO KILLED LIBERTY VALANCE.

Mildred Natwick incarne Abby Allshard, surnommée Old Iron Pants par Brittles. Elle n'est pas seulement une femme d'officier de cavalerie, mais aussi une personne sensible et attentionnée. Elle est aussi la seule que Quincannon respecte sans broncher !

George O'Brien est le major Mac Allshard, c'est lui qui commande le fort Starke et le capitaine Brittles.

Victor McLaglen, vétéran du cinéma depuis le muet, est le sergent Quincannon qui est attaché au service du capitaine Brittles avec qui il partage une longue expérience de la chose militaire.

On le voit ici mégotter sur l'origine d'une flêche cheyenne avec le sergent Tyree...


Ce dernier est mon personnage préféré après Brittles. Incarné par le grand Ben Johnson, il est la figure du sous-officier fiable et expérimenté sur lequel le capitaine sait s'appuyer, qui ne conteste jamais les ordres et qui, comme il le dit, n'est pas payé pour penser. Sa maîtrise de la culture indienne fait de lui un atout essentiel du régiment.